Les vertus de la vertu

Mise à jour : 08/08/2005

Ce texte résume et commente l'article "The Virtues of Virtue" paru dans The New York Times du 07/08/2005 http://www.nytimes.com/2005/08/07/opinion/07brooks.html?th&emc=th

 

On reproche souvent aux journalistes de diffuser surtout les mauvaises nouvelles, sous prétexte que « les trains qui arrivent à l'heure n'intéressent personne ». L'article du New York Times ci-dessus fait exception : les statistiques qu'il cite sur l'évolution de la société américaine sont un message d'espoir qui fait du bien, particulièrement à des Français atteints de sinistrose. Ces statistiques tout-à-fait officielles proviennent de services publics américains aussi respectables que le "Bureau of Justice Statistics". Elles concernent les Etats-Unis. En voici quelques-unes :

§           Les violences familiales (femmes battues, etc.) ont baissé de plus de moitié depuis 1993.

§           Les crimes et délits avec violence ont baisse de 55 % depuis 1993, et les actes violents commis par des adolescents ont baissé de 71 %.

§           Les accidents mortels dus à la conduite en état d'ivresse ont baissé de 38 % depuis 1982, bien que le nombre de véhicules x kilomètres ait augmenté de 81 %; la consommation d'alcools forts a baissé de plus de 30 % depuis cette date.

§           Le nombre d'adolescentes enceintes a baissé de 28 % depuis 1990, et le nombre d'avortements baisse régulièrement depuis le début des années 1990.

§           Les adolescents perdent leur virginité plus tard et ont moins de partenaires.

§           Les suicides d'adolescents diminuent.

§           Il y a moins d'enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté, même si l'on prend en compte une petite remontée pendant la dernière récession.

§           Le nombre annuel total de divorces baisse graduellement. Le nombre de divorces concernant des diplômés de l'enseignement supérieur baisse fortement, particulièrement chez les gens nés après 1955.

§           Les résultats des tests scolaires des enfants des petites classes s'améliorent, ce qui prouve que davantage d'enfants vivent dans des familles qui accordent de la valeur aux connaissances.

 

En résumé, beaucoup d'indicateurs de dégradation de la société qui avaient monté dans les années 1960-70 et s'étaient stabilisés à un niveau élevé dans les années 1980, baissent depuis le début des années 1990.

[Et l'article ne rappelle pas l'accroissement considérable de la population américaine, qui est passée de 250.5 millions d'habitants fin 1990 à 276 millions fin 2000 et 296.8 millions mi-2005, c'est-à-dire 18.4 % depuis 1990 d'après le Bureau de recensement américain. En tenant compte de cet accroissement, l'amélioration est encore plus spectaculaire.]

 

L'article analyse les raisons de cette évolution vertueuse de la société américaine comme suit :

§           Les gens ont cessé de croire à des sottises soixante-huitardes comme le fait que la notion de famille traditionnelle est obsolète, que la drogue libère et que chaque adolescent a le devoir d'être rebelle.

§           Beaucoup d'Américains sont devenus de meilleurs parents. Les études sociologiques montrent que les parents passent plus de temps à s'occuper de leurs enfants, bien que les deux parents d'un couple travaillent plus souvent qu'auparavant.

§           Chez les moins de 30 ans il y a une réaction contre la culture du divorce. Ces jeunes essaient de vivre de manière plus stable que leurs parents.

§           Depuis quelques décennies, les associations de quartier et organisations de bienfaisance se sont multipliées pour aider les gens à mieux organiser leurs vies, même lorsque les familles sont éclatées.

Conclusions

§           Il n'y a pas de fatalité qui pousse les sociétés occidentales vers la décadence.

§           Les résultats spectaculaires des Américains n'ont pas été obtenus grâce à un renforcement de l'action de l'Etat. Il n'a pas fallu plus de policiers, plus de budgets publics d'aide aux quartiers défavorisés ou plus de reconstructions d'HLM. L'habitude bien française de compter sur l'Etat, ses lois et ses subventions pour résoudre les problèmes est une marque de faiblesse et de manque d'initiative, et ses conséquences sur nos choix politiques sont déplorables.

§           Les Français de gauche qui dénigrent sans cesse la société américaine, avec son prétendu ultralibéralisme générateur d'injustices et de malheurs et sa paupérisation, sont tout simplement des désinformateurs.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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