Commentaires sur la stratégie
de sécurité des Etats-Unis

par Daniel Martin

 

Mise à jour le 07/08/2003

 

Notes aux lecteurs

§            Si vous imprimez cette page, pensez à imprimer aussi la page du rapport ONU "Les armes cachées de l'Irak"
et la page "Pacifistes contre va-t-en guerre: analyse du différend franco-américain sur l'Irak"

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Table des matières

1            L'unilatéralisme. 2

1.1          La position condamnable de M. Schröder. 2

1.2          L'unilatéralisme: un défaut bien partagé, une accusation injuste. 3

2            Conseil de sécurité: un risque réel de perte de crédibilité. 4

2.1          L'ONU ne peut pas fonctionner sans les Etats-Unis. 6

3            Les Etats-Unis ont livré des agents biologiques et chimiques à l'Irak  7

4            Chasser le régime de Saddam Hussein. 7

4.1          Les buts de Saddam Hussein.. 8

4.2          Quelques détails sur Saddam Hussein.. 8

4.3          Crimes et violations des droits de l'homme en Irak. 11

4.4          Les risques d'une guerre contre l'Irak. 12

5            Lutte antiterroriste: une nouvelle guerre mondiale. 12

5.1          La religion musulmane. 12

5.1.1      L'émergence et les dangers de l'islamisme. 12

5.1.1.1     La communauté des fidèles et ses dignitaires. 12

5.1.1.2     Inconvénients de l'absence d'hiérarchie religieuse. 12

5.1.1.3     Méfaits économiques des lois coraniques. 13

5.1.1.4     De l'apogée à la décadence du monde musulman. 14

5.1.1.5     Du wahhabisme aux Talibans. 14

5.1.1.6     Conclusions sur les islamistes. 15

5.1.1.7     Religion musulmane et tyrannie. 15

5.1.1.8     Propositions politiques pour contrer la propagation de l'islamisme. 16

5.1.1.9     La situation politique en Arabie saoudite: des exemples. 16

5.1.2      Les musulmans modernes et modérés. 17

5.1.2.1     Citations extraites du livre [3] "Les défis de l'Islam" 17

5.1.2.2     Citations extraites du livre [4] "Non! l'Islam n'est pas une politique" 20

5.1.3      Exemple de jugement n'utilisant qu'un extrait d'un texte sacré. 21

5.2          Les terroristes islamistes. 21

5.2.1      Terrorisme international et terrorisme local 24

5.2.2      Al Qaida: une réprobation universelle. 25

5.3          Les musulmans non terroristes. 25

5.4          Les terroristes palestiniens. 26

5.4.1      Human Rights Watch en quelques mots. 26

5.4.2      Terrorisme palestinien: des faits accablants. 27

5.4.3      Israël-Palestine : les piliers de la paix. 29

5.4.4      Ce que les Etats-Unis et l'Union européenne peuvent faire. 30

6            Le refus de la réalité parfois jusqu'au suicide. 30

6.1          Saddam Hussein.. 30

6.2          Les terroristes et les adolescents Palestiniens. 31

6.3          La majorité musulmane: opposée à la guerre contre l'Irak, favorable au terrorisme ou à la Charia. 32

6.4          Le gouvernement des religieux. 33

6.5          Conclusion.. 34

7            Les mauvaises raisons de ne rien faire en Irak. 34

8            Les Etats-Unis font-ils le contraire de ce qu'ils disent?. 36

8.1          La liberté et les droits de l'homme. 36

8.1.1      Les prisonniers talibans de Guantanamo. 36

8.1.2      Le refus du Tribunal Pénal International (aussi appelé CPI: Cour Pénale Internationale) 37

8.1.3      Le viol des principes que l'on défend. 39

8.1.4      Le soutien des dictatures et des organisations terroristes. 39

8.2          La démocratie des Etats-Unis est exemplaire : des preuves. 40

8.2.1      La transparence et le courage politique. 40

8.3          L'ouverture des marchés. 41

8.3.1      Intérêt de l'ouverture des marchés. 41

8.3.2      La politique des Etats-Unis en matière de marchés ouverts. 42

8.3.3      Tout le monde subventionne des secteurs en difficulté. 42

8.3.4      Le scandale des médicaments génériques. 43

8.4          Les Américains se moquent-ils du protocole de Kyoto?.. 44

8.4.1      Qu'est-ce que le protocole de Kyoto?. 44

8.4.2      L'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis. 44

 

1                        L'unilatéralisme

1.1         La position condamnable de M. Schröder

Si je déplore la position de M. Bush, prêt à ignorer l'avis des Nations unies si celui-ci ne lui convient pas, je déplore aussi celle de M. Schröder et pour les mêmes raisons. M Schröder a déclaré, sur un ton définitif et n'admettant pas la réplique, que l'Allemagne ne participera à aucune action militaire contre l'Irak, même si l'ONU en décide une. Or, lorsque le Conseil de sécurité de l'ONU décide d'une action, les états membres doivent y contribuer car ils s'y sont engagés en signant la charte des Nations unies. M. Schröder se donne donc le même droit que M. Bush, celui d'ignorer l'ONU. Au mépris du droit international et de la Charte de l'ONU, signée par son pays.

 

Pire même: M. Schröder ignore les informations que ses propres services de renseignement lui ont données. August Hanning, le chef du B.N.D. (le service allemand de renseignements) a déclaré au journal "The New Yorker", à l'automne 2001 (9): "It is our estimate that Iraq will have an atomic bomb in three years." L'attitude de laisser-faire de M. Schröder face à un dictateur terroriste comme Saddam Hussein ressemble étrangement à celle qui a conduit la France et l'Angleterre à ne rien faire face à Hitler à Munich, en 1938; et on sait comment Hitler en a profité.

 

Mais contrairement à M. Bush, M. Schröder n'a rien compris à la menace terroriste, à leur nouvelle guerre contre les grands pays et contre notre civilisation. Il est prêt à laisser impunis les terroristes assassins des nombreux Allemands tués récemment en Tunisie par al Qaida, à laisser des terroristes continuer leur œuvre de mort. Il est prêt à fermer les yeux sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein, dangereuses pour les voisins de l'Irak avant de l'être pour l'Allemagne. Il se moque du ressentiment américain, dont la presse des Etats-Unis est pleine. Il espère ne pas avoir besoin de l'aide américaine pour son pays, qui est aujourd'hui et par sa faute le malade économique de l'Union européenne. En cas de menace sur l'approvisionnement en pétrole arabe, il espère pouvoir se passer de la puissance américaine pour maintenir ouvertes les routes du pétrole. L'Allemagne est un grand pays; ses citoyens méritent mieux qu'un leader démagogue comme M. Schröder.

 

Quelle différence entre MM. Schröder et Blair! Ce dernier est un homme de convictions. Il est partisan de l'adoption de l'Euro par son pays et de la guerre à l'Irak malgré la majorité de ses concitoyens, donc de ses futurs électeurs. Il n'hésite pas à défendre son point de vue dans l'intérêt de la Grande Bretagne, même si ce point de vue lui fait perdre des voix. Il n'hésita pas à visiter plusieurs dizaines de pays pour les convaincre de participer à la campagne d'Afghanistan, pendant que M. Schröder se contentait d'un rôle de suiveur, indigne de la première puissance économique et démographique d'Europe.

1.2         L'unilatéralisme: un défaut bien partagé, une accusation injuste

Nous Européens, qui accusons si souvent les Etats-Unis d'unilatéralisme, devrions commencer par balayer devant notre porte. Lorsque M. Schröder dit qu'il refuse tout engagement militaire en Irak, même si cet engagement est recommandé par les Nations unies, c'est de l'unilatéralisme, c'est-à-dire une position d'un pays affectant d'autres pays prise sans s'occuper de leur avis. Avant d'accuser les Etats-Unis, nous devrions réfléchir à notre propre attitude.

 

Et lorsque les Etats-Unis nous proposent de nous associer avec eux dans la lutte d'intérêt commun contre le régime terroriste de Saddam Hussein et que nous refusons, nous les encourageons à décider et agir sans nous, c'est-à-dire à se comporter de manière unilatérale. Nous sommes donc en partie responsables de l'unilatéralisme dont nous accusons les Etats-Unis.

 

Il n'y a pas si longtemps, le 24 mars 1999, les pays de l'OTAN (dont la France) ont attaqué la Serbie à propos du Kosovo malgré la désapprobation du Conseil de sécurité de l'ONU, due il est vrai au veto des Russes. Notre attaque constitue un précédent qui nous oblige à répondre à la question: "Pouvons-nous aujourd'hui invoquer le droit international (ONU, avec sa Charte et son Conseil de sécurité) pour refuser aux USA le droit d'attaquer l'Irak auteur de génocides, nous Européens qui attaquions hier la Serbie criminelle malgré l'ONU?"

 

Selon Le Figaro du 04/11/2002 (25) (article "La France dos au mur à l'ONU") "l'Arabie Saoudite a fait connaître le 03/11/2002 son refus de mettre ses bases à la disposition des Américains pour une guerre contre l'Irak, même si l'ONU approuvait cette intervention." Les dirigeants féodaux de ce pays aimeraient bien être débarrassés de Saddam Hussein et de la menace qu'il fait peser sur ses voisins… à condition qu'on ne puisse pas les considérer comme complices des infidèles Américains dans la lutte contre des musulmans irakiens. Et puisque tant d'autres pays se moquent de leurs engagements de respecter les décisions des Nations unies, pourquoi pas l'Arabie Saoudite?

 

Mais le plus beau démenti à l'accusation d'unilatéralisme est venu du Conseil de sécurité des Nations-Unies, dont les 15 membres – la Syrie incluse – ont voté la résolution américaine exigeant de l'Irak une pleine coopération avec les inspecteurs des armes de destruction massive. Cet épisode montre que les Etats-Unis, loin d'attaquer l'Irak en négligeant l'avis de la communauté internationale, ont demandé cet avis, ont tenu compte des objections de pays comme la France et la Russie en mettant au point avec eux le texte final, puis ont réussi à convaincre tous les membres du Conseil de sécurité qu'il fallait agir contre l'Irak.

 

L'histoire reconnaîtra en Colin Powell, le responsable de la politique étrangère des Etats-Unis, l'étoffe d'un grand diplomate. Le plus grand mérite de cet ancien général n'est pas d'avoir convaincu la France, la Russie, la Syrie, etc. d'approuver la résolution contre l'Irak, c'est d'avoir réussi à convaincre les faucons entourant le président Bush de faire confiance à ses talents de négociateur et de patienter pendant deux mois. C'est lui, l'ancien militaire, qui a donné une chance à la paix. C'est encore lui qui a obtenu de la France la promesse, si l'Irak trompe encore l'ONU, de joindre ses forces à une coalition qui attaquera l'Irak. Mais la France, par la suite, a refusé de reconnaître les tromperies de l'Irak et a pu ainsi revenir sur son engagement de participer à l'action contre lui.

2                        Conseil de sécurité: un risque réel de perte de crédibilité

Depuis 1990, Saddam Hussein a violé les résolutions suivantes du Conseil de sécurité des Nations unies (33):

 

Date

Résolution

29/11/90

678

02/03/91

686

03/04/91

687

05/04/91

688

15/08/91

707

11/10/91

715

15/10/94

949

27/03/96

1051

12/06/96

1060

21/06/97

1115

23/10/97

1134

12/11/97

1137

02/03/98

1154

09/09/98

1194

05/11/98

1205

17/12/99

1284

08/11/02

1441

 

Début 2003, cela fait 17 résolutions que l'Irak ignore. Il est clair que, pour Saddam Hussein, le Conseil de sécurité n'a aucun pouvoir, qu'on peut impunément mépriser ses injonctions et faire fi de ses menaces!

 

Nous avons vu aussi, au paragraphe précédent, que la France, l'Allemagne et les autres pays de l'OTAN, tous membres des Nations unies comme les USA, ont ignoré la volonté du Conseil de sécurité en intervenant au Kosovo malgré le veto russe. Nous avons vu que l'Arabie Saoudite a prévenu qu'elle ne ferait pas la guerre en Irak même si le Conseil de sécurité l'ordonne. On pourrait multiplier les exemples de non-respect par divers pays de leur signature de la Charte des Nations unies (7).

 

Il est clair aussi que, le Conseil de sécurité n'ayant pas décidé en 2003, après 13 ans d'injonctions et de menaces, de recommander une guerre à l'Irak, ses menaces ont perdu toute crédibilité. C'est pourquoi le président Bush, lors de son discours du 12/09/2002 devant l'assemblée générale des Nations unies, a prévenu les autres pays de ce risque de perte de crédibilité de l'institution internationale, qui pourrait devenir "irrelevant", c'est-à-dire non pertinente pour la résolution des problèmes graves.

 

La France a promis d'opposer son veto à une résolution pour une intervention en Irak qui serait apparue comme contraignante pour Saddam Hussein, mais les Etats-Unis et leurs alliés sont intervenus quand même. La France est donc en partie responsable de la perte de crédibilité des Nations unies. Son impuissance et celle de l'Union européenne sont ainsi démontrées. Malgré les paroles contre Saddam Hussein de nos politiciens, notre politique consiste, en pratique, à essayer de le garder au pouvoir.

 

La France affirme haut et fort que seul le Conseil de sécurité de l'ONU représente la légitimité internationale. Mais il faut savoir qu'au 12/04/2003, les 15 membres du Conseil de sécurité sont (voir (55) ):

§            Membres permanents avec droit de veto: France, Grande Bretagne, Etats-Unis, Russie et Chine.

§            Membres pour deux ans, remplacés par d'autres au terme de ce mandat: Allemagne, Guinée, Mexique, Pakistan, Espagne, Syrie, Angola, Bulgarie, Cameroun, Chili.

 

Des pays comme la Guinée, l'Angola et le Cameroun ont des dirigeants peu instruits, une faible maturité politique, et leur pauvreté les rend influençables par des pays plus puissants. On peut aussi se poser des questions sur l'objectivité et la sagesse de pays comme la Syrie, le Pakistan et la Chine, qui sont des dictatures dures. Sachant qu'une résolution a besoin de 9 voix pour être adoptée, la permission internationale d'agir, pour un sujet aussi grave que le désarmement de l'Irak ou la dénucléarisation de la Corée du nord, peut dépendre des voix de pays au régime peu estimable.

 

On voit bien que la légitimité internationale, tant vantée par la France, repose en grande partie sur le vote de pays dont le régime est tout sauf légitime!

 

Voir aussi: "Légitimité de l'ONU: la France en fait trop!"  et  "Les enjeux pour l'ONU".

2.1         L'ONU ne peut pas fonctionner sans les Etats-Unis

Dans son interview au Figaro magazine du 08/03/2003, l'ancien secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali a déclaré (extraits): "L'organisation [des Nations unies] ne peut pas exister sans les Etats-Unis… On peut adopter n'importe quelle résolution mais, sans la volonté des Américains de la mettre en pratique, elle reste lettre morte. Ils ont les moyens militaires et une supériorité technologique indéniable…Si l'ONU agit, les Etats-Unis supportent 30% du budget pour cette action, et si elle s'enlise ou s'éternise, ils pensent qu'on se retournera encore vers eux. Dans tous les cas, ils s'estiment lésés. Voilà pourquoi ils préfèrent décider seuls d'une intervention. Le pire, c'est que leur raisonnement se tient."

 

M. Boutros Boutros-Ghali rappelle donc que les actions des Nations unies ne peuvent être entreprises si les Etats-Unis en refusent le budget ou les moyens militaires. Il affirme même que sans les Etats-Unis, c'est l'organisation des Nations unies toute entière qui ne peut fonctionner.

 

Comme la campagne d'obstruction menée par la France à propos de la guerre en Irak a réussi à bloquer l'aval des Nations unies à cette guerre, les Etats-Unis se mettront à ignorer de plus en plus cette organisation et en bloqueront le fonctionnement, par le refus du budget ou l'exercice du droit de veto au Conseil de sécurité. Ils seront alors imités par ceux des pays qui ont intérêt, à un moment donné, d'ignorer l'ONU. La France a donc affaibli la crédibilité des Nations unies, sans pour autant atteindre son objectif de sauver Saddam Hussein.

3                        Les Etats-Unis ont livré des agents biologiques et chimiques à l'Irak

Mes recherches sur Internet m'ont permis de trouver des preuves indiscutables de la livraison par les Etats-Unis à l'Irak, dans les années 1980, d'agents de guerre biologique et chimique. Ces preuves sont des rapports officiels du Sénat des Etats-Unis: (13) et (14). A l'époque, les lois américaines sur l'exportation permettaient de livrer à l'Irak, considéré comme un pays convenable car ennemi de l'Iran, de telles armes de mort. Le Sénat s'est ému du fait que, pendant la guerre du golfe de 1991, des soldats américains ont pu en souffrir ("syndrome de la guerre du golfe"). Donc:

§            Quand un pays livre des armes ou de quoi en fabriquer, il ne peut être certain qu'elles ne seront pas, un jour, utilisées contre ses ressortissants.

§            Depuis les années 1980, l'Irak a eu tout le temps de perfectionner ses connaissances sur ce genre d'armes et leur efficacité. Voilà de quoi inquiéter ses voisins comme les Américains.

§            Avant de considérer un pays comme convenable, on devrait être plus prudent: à l'époque, on savait déjà que Saddam Hussein était un fou meurtrier.

 

Autres preuves et bibliographie sur ce sujet: (11) et (12).

 

Rappelons aussi que la France a construit en Irak un réacteur nucléaire appelé Osirak, détruit par Israël lorsqu'il est devenu évident que Saddam Hussein s'en servait pour développer un programme nucléaire. Le Royaume uni, pour sa part, a livré à l'Irak une usine d'armes chimiques. Lorsque nous accusons les seuls Etats-Unis de complaisance passée envers l'Irak, nous sommes injustes si nous oublions que la France et d'autres pays ont fait de même.

4                        Chasser le régime de Saddam Hussein

La France, l'Allemagne et beaucoup d'autres pays se contentaient d'une destruction des armes de mort de Saddam Hussein. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les autres pays d'Europe qui se sont rangés à leur côté (voir (37) ) voulaient aussi (et surtout) débarrasser le monde du régime de Saddam Hussein. Leur raisonnement était simple: même après une destruction de nombreuses armes durant les 7 années d'inspection de 1991 à 1998, il a été impossible d'empêcher Saddam Hussein de se procurer de l'argent, en vendant illégalement d'énormes quantités de pétrole, notamment à travers la Jordanie. Avec cet argent, Saddam Hussein a financé les terroristes palestiniens et cherché à doter l'Irak d'armes de destruction massive. Détruire ses armes sans le chasser ne l'aurait pas empêché de recommencer. Pour mettre un terme à la menace qu'il représente, il fallait donc le chasser, lui et son régime. C'est pourquoi le Congrès des Etats-Unis (c'est-à-dire l'ensemble Chambre des représentants et Sénat) a voté une loi demandant le changement de régime à Bagdad.

4.1         Les buts de Saddam Hussein

Les buts de Saddam Hussein étaient clairs et n'ont pas changé depuis des années. Pour devenir un chef arabe légendaire, l'égal des rois Nabuchodonosor et Saladin à qui il se comparait, il voulait:

§            Dominer le monde arabe et son pétrole, d'où sa tentative de s'emparer du Koweït et de vaincre l'Iran, et les nombreux discours où il se pose en porte-drapeau des musulmans en général et du monde arabe en particulier, face aux Américains et aux Israéliens. A partir du pétrole de l'Irak il veut réussir à dominer le monde arabe, comme en son temps l'égyptien Nasser, qui a échoué parce qu'il n'avait pas de pétrole.

§            Se venger des Etats-Unis, qui l'ont humilié en 1991.

§            Faire le maximum de mal à Israël et si possible détruire cet état pour en tirer gloire aux yeux des autres Arabes.

4.2         Quelques détails sur Saddam Hussein

Mais à part ses buts et ses armes de destruction massive, qu'est-ce qui fait si peur aux Américains chez Saddam Hussein? Pour en savoir plus sur cet homme, il suffit de lire le dossier "Le vrai Saddam", publié par Le nouvel Observateur n° 1979 du 10 au 16/10/2002. Ce dossier contient une interview d'un Palestinien qui l'a bien connu et a publié en l'an 2000 une biographie de Saddam Hussein: "Saddam Hussein, the Politics of Revenge" chez Bloomsbury. En voici des extraits.

§            Saddam a assassiné plusieurs personnes de ses propres mains. Dans les années 1960, quand il n'était encore qu'un gros bras du parti Baas, il a exécuté lui-même bon nombre d'opposants. Parvenu au sommet du pouvoir, il a continué. Il a abattu le ministre de la Santé d'une balle dans la tête, et ce en plein conseil des ministres. Sa brutalité est sans limite: quand on a essayé de l'assassiner, en 1982, la ville où s'est déroulé l'attentat, Dujail, a été rasée et son nom effacé des cartes d'Irak.

§            Quand Saddam Hussein s'est autoproclamé président, en 1979, il a fait exécuter un tiers des membres du Conseil de Commandement de la Révolution et 21 chefs du parti Baas, tous opposés à sa prise de pouvoir. Parmi les suppliciés, il y avait son ami le plus proche, Adnan Hamdani. Après le meurtre de Hamdani, Saddam s'est enfermé dans un de ses palais. Il en est sorti au bout de deux jours, les yeux rouges de larmes, et a demandé à être conduit auprès de la veuve de sa victime, son "ami" Hamdani. Plusieurs personnes ont alors assisté à une scène incroyable: Saddam, assis au côté de cette pauvre femme, lui disant: "Il faut comprendre: Adnan était comme mon frère, mais il devait mourir."

§            Saddam instaure, dès sa prise de pouvoir, un culte extrême de la personnalité. Il n'en a jamais existé de tel dans le monde arabe. Des millions de posters du nouveau président sont imprimés et collés un peu partout. Des panneaux géants à son effigie envahissent les villes et les villages. Saddam est représenté en Bédouin, en costume kurde, en touriste, en militaire et même en habit tyrolien… Le Grand oncle, comme il se fait appeler, est partout: sur des montres, des tableaux, des décorations d'appartements, sur les pierres des palais, à la une de tous les quotidiens, au début de chaque journal télévisé… Toutes sortes de bâtiments, d'édifices publics, de rues, de stades portent son nom. Des poèmes, des chansons, des livres sont écrits à sa gloire. Saddam a fait écrire sa biographie – totalement mythifiée – en 19 volumes.

§            Comment il tient l'Irak

Au fil des ans, Saddam a instauré un régime tribal, un de plus au Moyen-Orient. C'est sa famille et sa tribu, les Takritis (originaires de la ville de Takrit, au nord de Bagdad) qui tiennent le pays. Les instances officielles, le Conseil de Commandement de la Révolution, le parti unique (le Baas) ne sont plus, depuis longtemps, que des chambres d'enregistrement.

Des cousins de Saddam occupent des postes clés dans l'armée. Son collaborateur le plus proche, celui en qui il a toute confiance, est son deuxième fils, Koussaï, 36 ans, qui dirige le redoutable appareil de sécurité. Son frère aîné, Oudaï, qui a longtemps été le dauphin de Saddam, est un psychopathe. Il dirige néanmoins toutes sortes d'institutions, des journaux, des entreprises – notamment celles qui exportent illégalement du pétrole – et même le comité olympique irakien. L'appareil de répression dirigé par Oudaï tient le pays. Composé d'au moins cinq polices secrètes, il est l'un des plus élaborés du monde. Il associe les techniques et les outils les plus modernes aux pratiques tribales les plus odieuses. Ces services secrets quadrillent le pays; partout ils créent un climat de terreur et de suspicion. Ils utilisent la délation et la corruption pour diviser tribus et familles. Les chefs locaux font circuler des cassettes montrant des exécutions et des tortures. Façon de dire à la population: voilà ce qui arrive à ceux qui s'opposent à notre leader Saddam.

§            Au début, dans les années 1970, quand il n'était que vice-président, Saddam a lancé le programme de modernisation le plus ambitieux qu'un pays arabe ait jamais imaginé. Il a entrepris d'industrialiser, d'éduquer et d'armer son pays pour le faire entrer dans le vingtième siècle. Son programme d'éradication de l'illettrisme a reçu un prix de l'UNESCO. Il a embauché 60.000 enseignants de tous les pays arabes. Des femmes sont devenues pilotes de chasse. Il a construit des routes, des chemins de fer, développé des mines. Selon lui, l'Irak devait devenir un modèle pour le monde arabe, un aimant qui attirerait les autres pays de la région et ferait de lui le leader incontesté du Moyen-Orient.

§            Pour installer les usines chimiques militaires, les laboratoires bactériologiques ou les sites d'essai de missiles, Saddam a fait venir en Irak plus de 4.000 scientifiques arabes – Egyptiens, Palestiniens, Jordaniens… De grandes firmes européennes et américaines ont vendu les matériaux nécessaires. Et leurs gouvernements étaient tout à fait au courant.

La France, qui était son premier fournisseur, lui a fourni des Mirage F1 (Jacques Chirac, le Premier ministre de l'époque, a accepté de réduire le prix exigé par Dassault de 1,7 million de dollars pièce); et en 1976 Paris a vendu à Bagdad deux réacteurs nucléaires, qui pouvaient servir, on le sait, à la fabrication de plutonium militaire (celui d'Osirak a été détruit par les Israéliens en 1981). La France a aussi, on le sait moins, assuré la formation de 600 ingénieurs et techniciens atomistes irakiens.

§            Tous les grands pays ont participé à son programme d'armes de destruction massive, commencé en 1974. Dès le début de la guerre contre l'Iran (qu'il a déclenchée) les Etats-Unis l'ont assisté. Des pilotes irakiens porteurs de passeports jordaniens ont été entraînés en Amérique. Donald Rumsfeld, l'actuel ministre de la Défense de George W. Bush, celui qui veut absolument attaquer l'Irak, a été l'envoyé de Ronald Reagan en Irak en 1983. En 1984, les Etats-Unis et l'Irak ont renoué des relations diplomatiques et l'Amérique a livré de grandes quantités d'armes à Saddam. Quand celui-ci a fait gazer 5000 Kurdes en 1988 à Halabja, les Américains n'ont rien dit - ou si peu.

§            Le document (15) prouve que Saddam Hussein ne tient pas ses engagements, même lorsqu'ils sont pris devant l'ONU à la face de la communauté internationale. Voilà dix ans qu'il viole ses promesses, malgré les multiples avertissements et mises en demeures reçus. Il n'existe donc qu'un seul moyen pour le faire plier: la force.

§            Selon le document (22), Saddam Hussein donne $25.000 à chaque famille palestinienne dont un membre s'est suicidé en faisant exploser la bombe qu'il porte pour tuer des Israéliens, que ceux-ci soient des civils ou des militaires. Saddam Hussein encourage ainsi le terrorisme palestinien.

Evolution récente de Saddam Hussein

A ses débuts, le régime laïc de Saddam Hussein était à l'opposé du wahhabisme rigide et formel de l'Arabie Saoudite et du khomeynisme iranien. C'est même une des raisons pour lesquelles l'Occident l'a soutenu contre l'Iran. Mais les choses ont changé: Saddam Hussein imposait depuis 10 ans à son pays un retour à une religion musulmane plus stricte et exigeait qu'on lui obéisse comme on doit obéir à Dieu. Voici quelques extraits de l'article (17) "Saddam impose l'islamisation à marche forcée", publié par Le Figaro du 23/10/2002.

§            L'alcool a été banni par le pouvoir. Les femmes se sont peu à peu voilées, elles ont rallongé leurs robes. La plupart des symboles de l'Occident ont été interdits. Dans les rues de Bagdad, des barbus imposent discrètement le respect de la morale islamique. L'apprentissage du Coran a été rendu obligatoire dans les écoles et au parti Baas, le pilier du régime. Dernières lois édictées par les autorités: l'interdiction de donner des noms chrétiens aux nouveau-nés, la suppression des cours de gymnastique mixtes à l'école, l'obligation pour les journaux de consacrer une page aux affaires religieuses.

§            Saddam Hussein se fait désormais comparer au prophète Mahomet, dont il serait le descendant. Sans que personne ne s'offusque de cette liberté prise avec l'islam, qui interdit les représentations humaines des personnages saints. La prestation de serment de Saddam Hussein, prononcée au lendemain du référendum qui l'a reconduit au pouvoir la semaine dernière, était truffée de références au Coran.

§            Que s'est-il passé au pays de Saddam? "Dans les années 80, le régime a cassé les tribus pour imposer la laïcité, l'un des principaux objectifs du parti Baas. Dix ans plus tard, il a instrumentalisé les tribus et la religion pour mieux contrôler la société", résume un diplomate occidental. Le point de départ de la campagne religieuse orchestrée par le régime remonte à la guerre du Golfe. Afin de rallier à sa cause la umma (la communauté des croyants), Saddam Hussein a fait rajouter "Allah Ouakbar" (Dieu est grand) sur le drapeau irakien.

§            La pratique de l'islam est encouragée dans tout le pays. Les provinces sont exemptées d'impôts lorsqu'elles construisent une nouvelle mosquée. Les "récompenses" pleuvent sur les imams fidèles au régime: voitures neuves, résidences somptueuses.

§            L'un des joyaux de Bagdad vient tout juste d'être achevé: un Coran écrit avec le sang de Saddam. "Deux ans de travail par le meilleur calligraphe du pays et 13 litres de sang présidentiel", explique fièrement l'imam de la mosquée Um Al Maarik ("La mère de toutes les batailles"), celle qui célèbre l'invasion du Koweït en 1990. Cette mosquée est sans doute le plus impressionnant des grands chantiers religieux engagés par Saddam Hussein ces dernières années.

4.3         Crimes et violations des droits de l'homme en Irak

Voir d'abord le document (52) du 04/04/2003, particulièrement édifiant.

 

Source du texte ci-dessous: Rapport du gouvernement britannique "Saddam Hussein: crimes and human rights abuses" (26)

Voici des extraits de ce rapport de 23 pages, basé sur les témoignages d'Irakiens exilés, de preuves rapportées par des envoyés des Nations unies, etc.:

§            En Irak les gens vivent dans la crainte permanente d'être dénoncés comme opposants au régime. La délation est encouragée, qu'il s'agisse des voisins ou des membres de la famille. Les arrestations arbitraires et les assassinats sont monnaie courante. Entre 3 et 4 millions d'Irakiens, c'est-à-dire environ 15% de la population, ont fui le pays pour ne pas vivre sous Saddam Hussein.

§            En Irak la torture est systématique. Les plus hauts dignitaires du régime la pratiquent personnellement. Une série de décrets, publiés par le Conseil de Commandement de la Révolution, présidé par Saddam Hussein, recommande les punitions suivantes: amputation, oreilles coupées, etc.

§            Le fils aîné de Saddam Hussein, Uday, a une chambre de torture privée. Il a personnellement exécuté des dissidents à Bassora en mars 1991. Il a ordonné que l'équipe de football irakienne, qui avait perdu un match de qualification pour la Coupe du Monde, reçoive des coups de canne sur la plante des pieds.

§            Les droits des femmes: un décret datant de 1900 permet aux hommes d'une famille de tuer une femme de cette famille au nom de l'honneur. Des femmes ont été torturées ou exécutées sommairement, parfois sans procès. Le viol des femmes en garde à vue est une pratique courante. En octobre 2000, des dizaines de femmes accusées de prostitution ont été décapitées sans procès.

§            Les communautés non-Arabes, notamment les Chiites et les Kurdes, ont fait l'objet de massacres, notamment 5000 Kurdes assassinés avec des gaz de combat lâchés par avion à Halabja. C'est pour protéger ces communautés que les Anglais et les Américains ont décrété des zones d'exclusion aérienne au nord et au sud de l'Irak.

§            Voir aussi le document (28) (format PDF; attention: sa taille de 4 MB fait qu'il est long à télécharger) qui documente avec précision, photos et références à l'appui, des méthodes criminelles utilisées par le régime irakien pour sa propagande et la désinformation des médias.

 

Ces témoignages, corroborés par de nombreuses sources, expliquent la volonté des Américains d'en finir avec le régime de Saddam Hussein au nom des droits de l'homme des Irakiens. Ils rendent incompréhensible la position de la France et de la Russie, qui veulent laisser ce régime perdurer, c'est-à-dire poursuivre ses crimes, si on peut lui supprimer ses armes de destruction massive.

4.4         Les risques d'une guerre contre l'Irak

La guerre contre l'Irak provoque la colère des musulmans, partout dans le monde. On assistera peut-être à une multiplication des candidatures au suicide avec une ceinture de bombes ou d'autres armes n'atteignant que quelques dizaines de personnes à la fois. Dans tous les pays musulmans, les gouvernements tiennent leur peuple suffisamment bien pour que le risque de guerre populaire anti-américaine soit faible. D'autant plus faible que tous ces gouvernements sont ravis d'être débarrassés de Saddam Hussein, même si ils ne l'avouent pas à leur peuple.

5                        Lutte antiterroriste: une nouvelle guerre mondiale

5.1         La religion musulmane

Je présente ici succinctement deux points de vue sur la religion musulmane: celui des anti-islamistes, puis celui des musulmans modernes et modérés. Je procède ainsi car le Coran contient à la fois des textes qui incitent ses fidèles à faire la guerre aux infidèles et des textes qui incitent à la tolérance. Mes références proviennent des ouvrages suivants:

§            [1] Encyclopédie Universalis, articles sur l'Islam, l'umma, le jihad, le wahhabisme, etc.

§            [2] Le Coran, éditions Garnier - Flammarion

§            Deux livres de M. Dalil Boubakeur, Recteur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris et médecin ayant exercé pendant 25 ans et enseigné à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière:

·            [3] "Les défis de l'Islam" (éditions Flammarion)

·            [4] "Non! l'Islam n'est pas une politique" (éditions Desclée de Brouwer).

5.1.1             L'émergence et les dangers de l'islamisme

5.1.1.1     La communauté des fidèles et ses dignitaires

Les musulmans sont membres d'une communauté fraternelle, l'umma, qui rassemble les fidèles indépendamment des états par l’unité de la foi, des obligations cultuelles et des comportements sociaux. Dans cette communauté et dans la religion musulmane il n'y a pas de clergé, c'est-à-dire de "professionnels de la religion" servant d'intermédiaires entre Dieu et les fidèles. Il y a seulement les mollahs (dignitaires politiques ou religieux), les oulémas (docteurs de la loi, interprètes du Coran), les imams (guides) et les ayatollahs (signes de Dieu), personnes pour qui la seule loi valable est celle de Dieu.

5.1.1.2     Inconvénients de l'absence d'hiérarchie religieuse

L'absence de clergé à structure hiérarchique dans la religion musulmane fait que personne n'est mandaté par ses fidèles pour parler en leur nom. Il n'y a pas de pape ou de grand rabbin qui puisse dire ce qui est bien ou mal au sens de la foi. Pour guider les fidèles il n'y a donc que des dignitaires ou des conseils de dignitaires, dont l'autorité spirituelle et temporelle repose sur des bases obscures et arbitraires. L'obscurité de ces bases fait que de nombreux fidèles récusent l'autorité de tel dignitaire ou conseil que d'autres fidèles respectent. La crédibilité et l'autorité des dignitaires souffrent de leur sainteté fréquemment auto-proclamée.

 

Les musulmans sont donc divisés en d'innombrables communautés locales jalouses de leur autorité. En France, par exemple, cette absence d'interlocuteur représentatif des musulmans pose depuis toujours des problèmes au gouvernement, qui a fini par choisir comme représentatives trois organisations qui ne représentent qu'environ deux tiers des musulmans. Aux termes des accords passés avec ces organisations, le gouvernement a créé le "Conseil français du culte musulman". Il subventionnera la construction de mosquées et la formation d'imams en échange d'un respect par les musulmans des lois de la République.

5.1.1.3     Méfaits économiques des lois coraniques

La loi coranique interdisant l'usure, aucun fidèle ne peut prêter de l'argent contre intérêts ni payer des intérêts à un prêteur. Cette loi, vieille de plus de 1300 ans, a aujourd'hui des conséquences économiques désastreuses. Un bon musulman ne pouvant placer son argent en banque pour recevoir des intérêts, l'essentiel de l'épargne populaire dort en billets dans des bas de laine; elle n'est donc pas disponible pour les entreprises, qui rencontrent donc, dans le monde musulman, un extraordinaire problème de financement. Un particulier disposant de bons revenus ne peut emprunter de l'argent pour acheter une maison, une voiture ou des meubles. Toute personne, toute entreprise qui désire emprunter doit donc solliciter des proches ou des amis, sans promettre d'intérêts. Cette impossibilité d'utiliser l'argent épargné pour faire tourner l'économie est une des principales raisons du retard économique considérable du monde musulman.

 

Bien entendu, l'interdiction religieuse des intérêts est de plus en plus contournée de nos jours. Un particulier qui veut emprunter pour acheter une maison recourra donc, par exemple, à un achat de cette maison par une banque, qui la lui revendra avec profit, le profit n'étant pas interdit; il paiera ensuite sa maison à la banque par mensualités. Il pourra aussi rembourser la banque par mensualités au prix d'achat initial augmenté d'un loyer… appelé loyer et non intérêts.

 

Il y a des banques musulmanes qui prétendent respecter la loi coranique et ont monté un système d'investissement en actions avec partage équitable des profits ou des pertes entre banquier et investisseurs. On tourne donc de plus en plus l'interdiction religieuse en jouant sur les mots, ce qui fait grincer les dents à des fidèles intransigeants.

 

Autre restriction: un bon musulman ne peut investir dans une multinationale dont certaines branches ont des activités impies, comme la vente d'alcools, ou anti-arabes comme la vente d'armes à Israël.

 

La loi qui refuse l'usure mais pas le profit commercial est un bon exemple des contradictions de la loi coranique et de son inadaptation au monde moderne. Un fidèle peut gagner de l'argent en vendant des armes à un non-musulman, à condition qu'il ne soit pas à israélien; et si celui à qui un bon musulman a vendu des armes, les revend ensuite en Israël? L'absurdité des interférences de la religion musulmane avec la vie quotidienne apparaît aussi dans l'exemple suivant: Israël tue des Palestiniens; amis d'Israël, les Américains sont donc des ennemis avec qui il ne faut pas faire d'affaires, pour ne pas que les profits correspondants leur permettent d'aider Israël; il ne faut donc ni leur vendre de pétrole, ni leur acheter des voitures… ce que font tous les Arabes en mesure de le faire!

5.1.1.4     De l'apogée à la décadence du monde musulman

Selon [3], après avoir connu une extraordinaire expansion géographique, la foi musulmane produisit une civilisation remarquable en matière d'arts, de philosophie et de sciences. En avance sur celle de l'Occident, cette civilisation fut accompagnée, pendant les 7 siècles de la domination arabe sur l'Andalousie, d'une remarquable tolérance envers les chrétiens et les juifs, ainsi que d'une prospérité enviable.

 

Puis, à peu près au temps des croisades, le monde musulman s'assoupit et entra en décadence. Le progrès cessa dans tous les domaines. L'autorité des monarchies se dilua dans la vie facile. Les mœurs se relâchèrent. Une crise financière survint, aggravée par les interdits religieux sur l'usure. Le commerce entre l'Occident et l'Orient, qui passait par les pays du Moyen-Orient, commença à les contourner par la voie maritime, supprimant ainsi une importante source de profit; la route de la soie et des épices fut remplacée par la route des Indes. Sur le plan spirituel, les divers pays musulmans évoluèrent vers une foi formelle, rigide, dogmatique, à l'opposé de l'esprit du Coran qui recommande de raisonner. Cette pratique rigide de la religion était, du reste, la seule acceptable aux régimes politiques absolutistes de l'époque. Mais les musulmans ne s'aperçurent pas de cette décadence, notamment parce que, selon [3] pages 112-113, les Arabes ont une tendance naturelle à la nostalgie systématique, qui leur fait croire que chaque génération ne peut que faire moins bien que la précédente, et qu'il vaut mieux imiter les anciens qu'innover.

5.1.1.5     Du wahhabisme aux Talibans

La pratique religieuse formelle et rigide conduisit, au milieu du XVIIIème siècle, au wahhabisme. Cette pratique religieuse visait à instaurer en Arabie, et éventuellement dans l’ensemble du monde musulman, un islam purifié, semblable à celui de l’époque du Prophète et de ses successeurs immédiats. Sous forme de loi coranique rigide, il est aujourd'hui imposé dans toute l'Arabie Saoudite et dans d'autres pays ou provinces comme le nord du Nigeria. Le royaume d'Arabie n’a officiellement pas de Constitution écrite; ses dirigeants (des féodaux) disent s’inspirer du Coran et de la sunna (orthodoxie islamique) pour gouverner. Il n'y a ni élections, ni partis politiques, ni syndicats, ni média libres. Il y a, en revanche, une police religieuse, qui impose fermement le respect de la loi coranique.

 

Pour un musulman orthodoxe, la distinction entre Etat et clergé n'a pas plus de sens que la distinction entre religion et justice. L'organisation sociale valable est celle de l'umma, pas celle d'un Etat laïc: on ne peut reconnaître les lois d'un tel Etat, mais seulement les lois de Dieu, issues pour l'essentiel du Coran. La justice valable est l'application de la loi coranique, qui a plus de 1300 ans, pas celle d'un code de lois d'origine humaine.

 

Femmes et filles doivent rester à la maison le plus possible, sortir seulement voilées de la tête aux pieds et ne pas travailler en entreprise. Un mari a le droit de battre sa femme, et de la répudier à condition de rembourser sa dot. Pour qu'un mari soit reconnu adultère, il faut que 4 autres hommes (pas femmes, hommes!) l'aient surpris et témoignent contre lui; et il ne risque pas grand-chose ensuite. Pour qu'une femme soit déclarée adultère, il suffit qu'un seul homme l'ait surprise et elle risque la mort par lapidation.

 

Selon [1], les mouvements islamistes (dont les Talibans), apparus dans les années 1930 et 1940, pratiquent une religion très proche du wahhabisme. Ils se caractérisent par leur revendication d’un "État islamique" (dawla islamiyya). Ils considèrent que la société ne pourra être véritablement musulmane que si l’État est d’abord islamique. Il s’agit pour eux d’islamiser le système politique, le droit, l’économie, la politique étrangère, etc. En Palestine, les terroristes du Hezbollah et du Jihad islamique luttent pour imposer un état islamique à la place d'Israël.

 

Pour un islamiste, le reste du monde est voué à l'islamisation. La propagation de la foi musulmane, par la force si nécessaire, est un devoir pour tous les croyants. Le verset 29 de la sourate IX du Coran commande: "Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent pas comme défendu ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux d'entre les hommes des Ecritures [c'est-à-dire notamment les Chrétiens et les Juifs] qui ne professent pas la vraie religion [c'est-à-dire la religion musulmane]. Faites-leur la guerre jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de leurs propres mains et qu'ils soient soumis."

 

Selon [1], dans le Coran, il n’existe aucune stipulation concernant les peuples vaincus: il faut donc s’en référer à l’exemple de Mahomet qui, suivant les circonstances, a expulsé, massacré ou réduit les vaincus à l’état de tributaires. Les non-combattants, femmes, enfants et moines, du moins s’ils ne prêchent pas la lutte, doivent être respectés. Les peuples vaincus, s’ils sont des croyants monothéistes "qui obéissent à un prophète" comme les chrétiens et les juifs, peuvent ou se convertir à l’islam ou garder leur foi et leur organisation religieuse communautaire, à la seule condition de payer tribut.

5.1.1.6     Conclusions sur les islamistes

Un islamiste qui applique les directives de sa religion doit:

§            islamiser ceux qui acceptent de se convertir, eux et leur organisation sociale,

§            soumettre ceux qui veulent garder leur religion et leur organisation sociale, mais acceptent de payer un tribut aux musulmans,

§            tuer les autres infidèles et détruire leur société impie.

 

D'après ce qui précède, un islamiste qui pratique correctement sa religion ne peut s'intégrer dans nos pays laïcs et multiconfessionnels. Il ne peut accepter que nos lois humaines priment sur les lois coraniques. A moins de renier une partie de sa religion, il ne peut que rester en marge de notre société. Certains de ces marginaux deviendront alors des terroristes pour aller jusqu'au bout de leur devoir d'islamisation.

5.1.1.7     Religion musulmane et tyrannie

Il faut bien comprendre que le wahhabisme et le salafisme (fondamentalisme proche du wahhabisme) ne sont pas des conséquences inéluctables d'une bonne pratique de la religion musulmane, mais des totalitarismes contraires à l'enseignement du Coran. C'est ainsi que l'ayatollah Seyed Hussein Moussaoui-Tabrizi a déclaré, dans une interview publiée page 28 dans Newsweek du 23/12/2002:

 

"Le Coran affirme en plus de cent endroits qu'il faut satisfaire la volonté du peuple. L'idée qu'un petit nombre de dignitaires a le droit de décider au nom des masses est non-musulmane et illégale. Dieu n'a accordé à personne un droit exclusif de diriger".

 

Sans recommander explicitement la démocratie, le Coran rejette donc la tyrannie d'un homme ou d'un petit groupe. Se réclamer de la Charia (la loi coranique) pour une politique répressive est donc inacceptable. Voir ci-dessous "Les musulmans modernes et modérés".

 

En outre, pour que la volonté du peuple puisse être satisfaite, il faut que celui-ci puisse s'exprimer. Il faut donc que les journaux et la télévision soient libres, que les intellectuels qui critiquent la politique ne soient pas poursuivis, que l'accès à Internet soit libre, etc. Hélas, dans la plupart des pays arabes, cette liberté d'expression n'existe pas ou est fortement réduite.

5.1.1.8     Propositions politiques pour contrer la propagation de l'islamisme

Il est clair qu'aujourd'hui l'Etat français n'a pas compris ce qui précède et n'en tient pas compte.

§            Il devrait obliger les immigrés à apprendre un minimum de français, à connaître et comprendre nos lois et à leur jurer fidélité, quitte à renoncer à certains principes de leur religion. Cela permettrait à ces immigrés de comprendre la séparation, chez nous, du politique, du religieux et du judiciaire. Cela mettrait un terme au prosélytisme dérisoire des foulards islamiques, à la restriction de la liberté des jeunes filles, au port de vêtements, coiffures et babouches mal adaptés à notre climat, à des coutumes barbares comme l'excision, etc.

§            Il devrait obliger les imams qui veulent enseigner leur foi en France à jurer de ne pas enseigner la partie de cette foi qui incite un musulman à ne pas respecter les lois de la République et à propager sa religion au besoin par la force.

§            Il devrait expulser ceux qui, par leur trop stricte obéissance à leur foi islamiste, sont incapables de devenir de bons Européens et risquent de devenir des ennemis de l'intérieur, soutiens des terroristes ou terroristes eux-mêmes.

 

En un mot, il faut en France une politique volontariste d'intégration. C'est pourquoi la création du "Conseil français du culte musulman", destiné à représenter légalement la minorité des immigrés d'origine musulmane qui sont croyants, est une bonne mesure. Elle devrait être complétée par la création et la reconnaissance officielle d'une association regroupant les autres immigrés d'origine musulmane, ceux qui ne sont pas croyants, pour les représenter auprès du gouvernement de la République.

5.1.1.9     La situation politique en Arabie saoudite: des exemples

Source: Le Figaro du 12/03/2003, article "Le prince héritier saoudien peine à réformer le royaume".

Le prince héritier Abdallah, 78 ans, exerce le pouvoir de fait, le roi d'Arabie étant souffrant. Le 29 janvier 2003, il a accordé une audience à laquelle se sont présentés 60 des 104 intellectuels signataires d'une lettre-pétition de revendications politiques. Ceux-ci réclamaient, fort respectueusement, entre autres:

§            L'élection au suffrage universel direct du Conseil consultatif (la Choura), créé en décembre 1993, dont les 61 membres ont été nommés par le roi Fahd ibn Abdulaziz. Ce conseil n'est que consultatif et ses membres sont nommés, pas élus. Il n'y a pas d'assemblée nationale ou de sénat.

§            L'octroi de garanties d'indépendance de la justice (il n'y a pas de séparation des pouvoirs en Arabie saoudite).

§            La tolérance, le respect du droit à la différence.

§            L'élimination des facteurs de discrimination religieuse, confessionnelle, régionale et sociale. (Exemple: dans ce pays, les Arabes ont des droits que les immigrés n'ont pas.)

 

Le prince Abdallah leur a répondu: "Vos revendications sont les miennes", mais dans ce pays les changements sont lents:

§            Le prince s'est offusqué d'une référence aux efforts de démocratisation engagés par plusieurs émirats du Golfe: Koweït, Bahrein et Qatar, et a tranché: "on ne fera pas comme eux".

§            Par la suite, les autorités bloquèrent le site Internet sur lequel les libéraux collectaient des signatures pour la pétition.

§            Forts de l'écho positif reçu par leur démarche, plusieurs participants voulurent étudier avec l'administration la création de syndicats professionnels, mais en vain: le ministère compétent refusa de s'engager.

 

Lors d'un incendie dans une école de filles, la police religieuse empêcha les pompiers (des hommes) d'intervenir et de nombreuses filles brûlèrent vives. Le ministre de l'Intérieur déclara à la presse que "c'était la volonté de Dieu", mais le prince Abdallah retira l'éducation des filles au ministère des Affaires religieuses pour la confier à l'Education nationale.

5.1.2             Les musulmans modernes et modérés

A lire la section précédente, on pourrait conclure que c'est la nature même de la religion musulmane qui engendre le terrorisme et l'incapacité à s'intégrer dans la société d'un pays où l'Etat est laïc. En fait, à la lecture de [3] et [4] on comprend que la pratique intégriste de la religion musulmane est une erreur dramatique.

5.1.2.1     Citations extraites du livre [3] "Les défis de l'Islam"

§            Page 12: L'Islam n'est pas seulement un fait religieux, il est aussi un fait de civilisation.

§            Page 13: Le courant de tolérance, de rationalisme et d'humanisme, indissociable des origines mêmes de l'Islam, a constamment resurgi depuis lors et jusqu'à nos jours.

§            Page 19 (concernant l'attitude de la communauté musulmane de France après le 11 septembre 2001):

·            Les appels à la guerre sainte vont rester lettre morte. Les banlieues françaises vont se tenir tranquilles. Le choc des cultures n'aura pas lieu. L'extrémisme ne passera pas.

·            Il existe une brisure [dans la communauté musulmane] entre ceux, déjà éclairés, qui pensent qu'un souffle puissant pousse l'Islam vers la lumière, et ceux, encore ignorants, qui voudraient le ramener à toute force dans l'ombre et dans la nuit.

Cette phrase est importante: il y a de nombreux musulmans qui rejettent le terrorisme!

§            Page 20 (sur l'intégrisme):

·            Au fond, l'intégrisme actuel ne représente jamais que l'ultime surgeon d'une très vieille tendance formaliste et stérile qui voyait le jour, vers les X-XIème siècles, avec les Qarmates, qui s'est prolongée du XIème au XIIIème siècle dans la secte des Assassins, et trouvait hier encore dans les Frères musulmans un sursaut politique.

·            Qu'on ne s'y trompe pas, cependant: en privilégiant la lettre [du Coran] sur l'esprit et les formes sur les énergies, la tradition sur le renouveau et le passé sur l'avenir, la contrainte sur la liberté et le temporel sur le spirituel, ce courant de l'Islam est plus effrayant dans ses idées que dans ses effets; il est plus dangereux dans ses manifestations violentes que menaçant dans son essence même.

·            La violence dont l'intégrisme s'entoure n'est jamais qu'une conséquence vaguement nihiliste de son impuissance constructive.

Le Recteur Boubakeur confirme par là ce que j'ai toujours affirmé: les terroristes n'ont pas de solution à proposer aux problèmes réels des musulmans des pays pauvres: misère, absence de démocratie, etc. Ils ne proposent que la destruction et la mort des poseurs de bombes, attitude non constructive.

§            Page 22:

·            Il existe des branches mortes de la religion comme il y a des branches mortes de l'évolution. L'intégrisme est de celles-là. Et c'est pourquoi, sans jamais minimiser ses effets dévastateurs dans le présent, je ne parviens pas à lui trouver d'avenir.

·            L'une des grandes faiblesses des extrémistes radicaux est leur vision irréductiblement utopique du devenir du monde. Leur but, avoué ou non, est de forcer le destin. Cette prétention me paraît le fait de personnes immatures, frustrées, cherchant sans doute à oublier le quotidien d'une réalité souvent amère et décevante.

§            Page 23:

·            Les islamistes d'aujourd'hui sont vraiment très éloignés de l'Islam.

·            Ils ignorent que notre religion n'est pas un dogme figé, dont la clé et le sens sont donnés une fois pour toutes. Ils ignorent que l'Islam est une religion vivante qui vint pour annoncer la parole libératrice. Cette parole de liberté, il appartient à tous les autres Musulmans de la reprendre à leur compte, de la transmettre et de la faire vibrer.

Ce point est important: l'Islam a évolué et peut évoluer encore. On ne peut donc le réduire aux textes d'il y a 1300 ans, même si ces textes sont sacrés. Du reste, dans les textes sacrés de l'Islam, il y a aussi des encouragements à la tolérance, comme le montre la citation suivante:

§            Page 24: En dehors même du texte coranique, on trouverait de multiples hadiths [autres textes sacrés de la religion musulmane, qui réunissent ce que la Tradition a pu consigner des propos du Prophète] où s'expriment la tolérance du Prophète, son ouverture aux autres croyants, son goût pour la raison et les savants, sa méfiance envers les dérives politiques.

§            Page 25: C'est seulement parce que les Musulmans n'ont pas su pousser plus avant dans cette voie de recherche et de réflexion, parce qu'ils se sont écartés de ce modèle de civilisation qu'ils ont fini par figer la pensée religieuse dans une scolastique inféconde, puis par se scléroser et finalement entrer en décadence.

Voilà donc l'explication historique du wahhabisme, du salafisme et du terrorisme islamiste: c'est le fait de gens qui ne retiennent des textes de la religion musulmane que ceux qui leur permettent de justifier leur désir de tuer les infidèles et de détruire leur civilisation.

§            Page 38: Rappelons-nous que les premiers musulmans comptèrent, pour les sauver, sur des chrétiens, et qu'ils ne furent pas déçus. [Ces chrétiens étaient les Abyssins, notamment leur empereur, le Négus].

§            Page 43:

·            Coran LX-8: Dieu ne vous défend pas la bienfaisance et l'équité envers ceux qui n'ont pas combattu contre vous, et qui ne vous ont pas bannis de vos foyers. Il aime la justice.

Cela veut dire que les musulmans peuvent, sans désobéir au Coran, se comporter de manière charitable et équitable envers ceux des non-musulmans qui ne les ont ni combattus ni chassés de leur maisons, car Dieu est juste.

·            Le Jihad (guerre sainte) est considéré par les Musulmans comme une obligation individuelle et collective. Il est une obligation communautaire quand la nation de l'Islam est menacée dans son existence ou sa religion. Des règles de guerre imposent alors aux combattants musulmans, sous le contrôle d'un juge qui veille au respect des lois du combat: loyauté, bravoure et justice pour les règles de base, qui s'accompagnent du respect pour la vie des vieillards, des femmes, des enfants, des savants, des religieux et des religieuses de toute confession. Ces lois prévoient aussi l'inviolabilité de tous les lieux de culte, les synagogues, les oratoires et les mosquées où le nom de Dieu est fréquemment invoqué.

Le vrai Jihad n'est donc pas cette "guerre sainte" aveugle dont on agite fréquemment l'épouvantail.

Le Jihad n'est donc obligatoire que lorsque la nation de l'Islam est menacée dans son existence ou sa religion. Et même alors, il exclut l'assassinat aveugle de vieillards, femmes, enfants, etc. que pratiquent les terroristes.

§            Page 166: L'Islam est une religion de tolérance et non de fermeture, d'effort et non de passivité, de dépassement de soi et non de repli frileux, d'élévation de l'esprit et non de réification de la personne. [La réification de la personne consiste à la traiter comme une chose].

§            Page 172:

·            La France gagnera toujours à ce que la religion musulmane y soit respectée car respectable.

·            Toute tentative de politisation de la religion s'avère opposée à l'Islam dans son essence même.

 

Le Recteur Boubakeur conclut son ouvrage en montrant qu'aujourd'hui les intellectuels arabes prônent le modernisme, la séparation de la loi religieuse et de la loi civile, la tolérance et un authentique réveil intellectuel, spirituel et humaniste des musulmans, tout à fait compatibles avec une foi musulmane authentique. Il rejette sans appel l'extrémisme, qu'il qualifie (page 169) de "voie de la folie, de la régression, de l'obscurité et de la mort".

5.1.2.2     Citations extraites du livre [4] "Non! l'Islam n'est pas une politique"

§            Page 27:

·            Faire de la religion une source de vérités à imposer aux autres est une erreur, car la religion répond seulement à une quête spi