Libre opinion : un mauvais combat des politiciens socialistes
L'affaire Cesare Battisti
Je fais ici référence à l'article publié dans Le Figaro du 05 mars 2004:
"Lettre ouverte à Bertrand Delanoë, maire de Paris
Quelques vérités sur Cesare Battisti"
par Pierre Lellouche, député UMP de Paris et cosigné par d'autres élus de droite,
ainsi qu'à l'article de Guillaume Perrault, publié dans Le Figaro du 25/02/2004:
"Cesare Battisti, le nouvel ami de François Hollande"
Je résume d'abord ce qu'on apprend dans ces articles pour commenter ensuite l'attitude des politiciens socialistes qu'on y voit.
§ Cesare Battisti est un Italien résidant en France pour échapper à la justice de son pays, où il a été condamné pour les meurtres suivants:
· Assassinat du gardien de prison Antonio Santoro, le 6 juin 1978. Ce gardien de prison a été abattu par Battisti de coups de feu tirés dans le dos.
· Assassinat du boucher Lino Sabbadin, le 16 février 1979. Battisti, en compagnie d'un autre homme, a tiré sur ce commerçant dans sa boutique puis l'a abattu de deux balles alors que l'homme était à terre. Ce commerçant a été assassiné parce qu'il s'était opposé à un vol avec violence commis par la bande de Battisti en janvier 1979 au cours duquel un malfaiteur a été tué.
· Assassinat du bijoutier Pierluigi Torregiani le 16 février 1979. Cet assassinat a été préparé par Cesare Battisti, mais exécuté par des membres de sa bande armée. Le fils mineur de la victime a également été touché par les balles. Il est resté paraplégique. Comme le précédent, ce commerçant a été assassiné parce qu'il s'était opposé à un vol avec violence commis par la bande de Battisti en janvier 1979 au cours duquel un malfaiteur avait été tué.
· Assassinat du policier Andrea Campagna le 19 avril 1979. Cet assassinat a été commis par Battisti parce que le policier Campagna était apparu sur les images d'un reportage télévisé consacré à l'arrestation des auteurs de l'assassinat du bijoutier Torregiani. Il a été abattu de cinq balles à bout portant alors qu'il rendait visite à sa fiancée.
§ Cesare Battisti a été condamné en 1998 pour ces faits sur la base de témoignages et de preuves matérielles irréfutables. Ayant fait appel, le jugement a d'abord été confirmé pour 3 condamnations sur 4, puis pour la quatrième en 1993. Depuis 1989, l'intégralité de la procédure par contumace italienne a été validée par la Cour européenne des droits de l'homme.
§ Cesare Battisti est donc un assassin récidiviste, qui a tué pour voler, s'évader et se venger. Mais il a eu la bonne idée de prétendre être animé par des motivations révolutionnaires d'extrême gauche, comme les mafieux corses qui tuent, plastiquent et rançonnent en prétendant agir par nationalisme.
§ Ces motivations d'extrême gauche lui assurent, en France, la sympathie et le soutien des politiciens de gauche:
· La justice italienne réclamant son extradition, le président Mitterrand lui avait promis l'asile dans notre pays, où il est libre et écrit des romans policiers;
· Suite à une nouvelle demande des Italiens, il a de nouveau été appréhendé, puis relâché en attendant une décision de justice sur son extradition; M. François Hollande est alors allé lui dire le soutien des socialistes dans son combat révolutionnaire contre les Etats policiers;
· A l'initiative du maire de Paris, M. Delanoë, le Conseil de Paris a voté un «vœu» (sans valeur juridique) dénonçant l'arrestation de Cesare Battisti; ce vœu est une interférence de politiques dans une affaire judiciaire, contraire à la séparation des pouvoirs imposée par notre Constitution.
§ Dans son ardeur pour soutenir les soi-disant révolutionnaires, même lorsqu'ils sont en réalité des assassins de droit commun, M. Delanoë fait d'Abu Jamal, condamné à mort aux États-Unis pour le meurtre d'un policier, un «citoyen d'honneur de la ville de Paris», distinction dont deux personnalités, et deux seulement, avaient bénéficié jusque-là: Marie Curie et Pablo Picasso. En mettant un assassin sur le même plan que Marie Curie, gloire de la France qui avait reçu deux prix Nobel, et Picasso, artiste de réputation internationale, les socialistes dévaluent les distinctions accordées par notre pays et sa capitale.
Analyse
Les politiciens en général sont prêts à beaucoup de mauvaises actions pour en tirer une publicité qui les met en valeur aux yeux de leurs électeurs. En prétendant soutenir en Cesare Battisti un défenseur des idées de gauche injustement poursuivi par les Etats policiers français et italien, ils soutiennent en fait un assassin récidiviste aux motifs crapuleux, comme ils ont soutenu Abu Jamal, assassin de «flic».
Les socialistes ont réussi à ce que les médias rapportent leur prises de position, prétendument au service de citoyens dont la liberté est injustement menacée par des Etats policiers. Quelques Français de gauche, mal informés des qualités réelles de ces assassins, risquent donc de voter socialiste par admiration pour leur combat.
Les chaînes de télévision, première source d'informations politiques des Français, n'ayant pas dénoncé cette attitude des socialistes, ce sont des élus de droite qui l'ont fait dans Le Figaro, en cosignant l'article de M. Lellouche.
Tout cela donne une image déplorable de notre classe politique, à travers d'hommes politiques socialistes de premier plan. Et aussi une image lamentable de nos chaînes de télévision, payées par la redevance pour bien informer les Français, mais qui omettent de citer et critiquer beaucoup de mauvaises actions politiques au profit de faits divers sans importance dont les images peuvent engendrer l'émotion.