Libre opinion
OGM : l'état de droit à 2%
Scandale ! L'Etat fait respecter l'état de droit dans 2% des cas, en ne poursuivant que 2% des arracheurs de maïs OGM. Le public est trompé, les gauchistes pseudo-écolos triomphent...
Source : Europe1
§ http ://www.europe1.fr/infos/depeche.jsp?idboitier=404667&chaine=0&rub=0 (05/08/2004),
§ http ://www.europe1.fr/infos/depeche.jsp?idboitier=406381&chaine=0&rub=0 (16/08/2004),
§ Ecoute des informations vers 07h30 le 17/08/2004
Le 25 juillet 2004, des centaines de "faucheurs volontaires" ont arraché des plants de maïs génétiquement modifié en Haute-Garonne. Les gendarmes étaient présents. Ils n'ont pas empêché l'arrachage. Ils ont photographié les saccageurs et relevé les numéros d'immatriculation de leurs voitures, mais ils n'ont interpellé personne et n'ont pas empêché que la loi soit violée.
Conclusion 1 : le gouvernement ne fait pas respecter l'état de droit, il ne protège pas les biens comme c'est son devoir, même quand il en a les moyens, les forces de l'ordre étant présentes.
Le 5 août, on apprend que 2 des faucheurs, le député Noël Mamère et le député européen Gérard Onesta, qui bénéficient d'une immunité parlementaire, seront jugés pour "destruction en réunion de parcelles génétiquement modifiées et conventionnelles". Entendus par les gendarmes, ces deux élus ont refusé de répondre aux questions sur les faits, expliquant qu'ils réservaient leurs déclarations aux magistrats.
Conclusion 2 : le gouvernement a donné instruction de ne rien faire pour les centaines de coupables, dont les identités sont connues des gendarmes, mais de poursuivre seulement deux d'entre eux, les plus connus. Où est l'égalité entre citoyens devant la loi? Pas en France, dans ce cas!
Sachant que l'immunité parlementaire de ces deux élus les protège, la justice devra d'abord les condamner en première instance, puis en appel, puis sans doute en cassation, puis obtenir la levée de leur immunité parlementaire, ce qui demandera des années et risque fort de ne pas aboutir à des sanctions, pourtant nécessaires lorsque des élus (qui devraient donner l'exemple du civisme) violent ainsi la loi.
Conclusion 3 : le gouvernement se comporte comme s'il voulait tout faire pour que les destructeurs de cultures des chercheurs en OGM (dont par ailleurs il finance en partie les travaux) ne soient pas punis. D'abord il ne poursuit que 2 personnes, c'est-à-dire environ 2% des faucheurs pris sur le fait, puis il choisit des personnes qui ont de fortes chances d'échapper aux sanctions. Le tout en faisant connaître "son effort pour faire rendre justice, car il a poursuivi". Quelle hypocrisie, comme le pouvoir se moque des citoyens!
Sûrs de leur impunité après cette réaction insignifiante du gouvernement, environ 160 manifestants ont recommencé le samedi 14 août sur une parcelle près de Pithiviers (Loiret), arrachant de nouveau du maïs transgénique (Le Figaro du 17/08/2004).
Conclusion 4 : quand le gouvernement se montre faible dans sa défense des biens et de l'état de droit, les délinquants en profitent, les délits se multiplient.
Leurs éventuels procès permettront aux deux députés, qui parlent bien et savent faire faire leur publicité par les médias, de promouvoir leurs idées et les actions illégales qu'elles impliquent.
Conclusion 5 : le gouvernement sachant pertinemment comment ces députés se comporteront, parce qu'ils l'ont dit, a donc choisi une procédure de poursuites qui leur permet de faire cette promotion anti-OGM. Il est donc avéré que non seulement le gouvernement n'empêche pas de détruire des cultures expérimentales qu'il finance, mais il fait tout pour que les Français puissent subir la publicité de ces actions illégales, se renforçant ainsi dans leurs opinions majoritairement anti-OGM.
Le gouvernement est donc incohérent, parce qu'il laisse détruire et diffamer ce qu'il finance, et il manque à son devoir d'informer ses citoyens sur la fausseté des menaces qu'invoquent les gauchistes pseudo-écolos à propos de ces OGM.
Dans une interview diffusée le 17/08/2004 sur Europe1, M. Michel Masson, président de la FDSEA du Loiret, a expliqué que les arracheurs [membres comme M. José Bové, qui les accompagnait, de la Confédération paysanne, d'extrême gauche] torpillaient ainsi la recherche française et européenne, avec deux conséquences :
§ Ces recherches risquent d'être abandonnées en France, alors qu'elles seront poursuivies aux Etats-Unis et ailleurs. Leurs résultats permettront aux multinationales de l'agroalimentaire, comme Monsanto, de prendre de l'avance sur les Français et les autres Européens, donc de les évincer des marchés futurs.
§ Les chercheurs français, las de subir des destructions de leurs laboratoires et de leurs cultures expérimentales sans la protection de l'Etat français, s'en vont et s'en iront de plus en plus continuer leurs travaux à l'étranger.
Le présentateur d'Europe1 a fait remarquer à M. Masson que l'argument des saccageurs était le risque de pollution génétique de cultures environnantes par le maïs expérimental étudié. M. Masson a alors expliqué que le maïs en question, importé des Etats-Unis et n'existant pas en Europe, ne pouvait se croiser avec aucune plante européenne, et que les cultures détruites ne présentaient donc aucun danger.
Selon Europe1, son affirmation a été confirmée par le directeur de la recherche de la société Biogemma, qui vient de porter plainte contre les militants anti-OGM et va présenter cet argument en justice :
«Les maïs détruits, utilisés pour la recherche fondamentale, ne représentaient pas de danger pour la nature.
Les gènes étudiés, issus du maïs et du sorgho, ne présentaient aucun risque pour l'environnement. Les plantes transgéniques étaient castrées et donc incapables de produire du pollen. Il n'y avait pas de 'pollution' possible des cultures voisines»
Conclusion 6 : Les paysans de la Confédération paysanne ne peuvent pas ne pas être au courant de cette absence de danger, parce qu'elle a déjà été expliquée. Comme les gauchistes du parti des Verts, qui utilisent l'écologie comme prétexte pour lutter contre l'économie libérale et les Etats-Unis, ils sont de mauvaise foi : ils profitent de l'incompétence du public sur les OGM pour faire leur propagande et essayer de torpiller toute recherche, même publique, dont une société privée (pour eux forcément multinationale et capitaliste) pourrait un jour profiter.
M. Masson a aussi montré l'incohérence de ces gauchistes arracheurs de maïs : ils s'opposent à une culture sans danger, alors que tous les jours des cargos débarquent dans nos ports du soja transgénique par milliers de tonnes!
Il aurait pu ajouter, mais le présentateur d'Europe1 ne lui en a pas laissé le temps, que, rien qu'en Amérique du Nord, 290 millions d'Américains, 104 millions de Mexicains et 31 millions de Canadiens utilisent et consomment des plantes OGM depuis plus de 15 ans sans le moindre incident, la moindre allergie. Cela prouve ou que les OGM sont sans danger pour la consommation humaine, ou qu'on maîtrise parfaitement leur culture et leur utilisation. Mais notre gouvernement se garde bien de le dire, préférant nous laisser dans notre ignorance, aussi ridicule qu'économiquement désastreuse.
Il faut rappeler aussi que l'Union européenne a édicté des directives sur la traçabilité des OGM et l'étiquetage des produits, directives que la France est obligée d'appliquer. Ces directives ont été adoptées après avoir pris conseil de scientifiques représentant tous les pays de l'Union. Or la consommation de produits OGM a été jugée par ces scientifiques, donc par l'Europe, si inoffensive, que des volailles, du poisson d'élevage ou de la viande d'animaux nourris exclusivement avec des aliments aux OGM sont réputés sans danger et ne nécessitant même pas d'étiquetage avertissant le consommateur! La crainte des aliments OGM, si répandue en France, relève donc de superstitions qui n'ont rien de scientifique; elle fait que les étrangers se moquent de nous.
Conclusion 7 : le gouvernement, parfaitement au courant de la vérité scientifique et des directives européennes, se comporte de manière démagogique : sachant que la majorité des Français sont (à tort) anti-OGM, ils préfèrent les laisser dans leur ignorance, quitte à ce que notre économie en souffre, plutôt que d'expliquer la vérité, ce qui est son devoir.
Conclusion 8 : le calcul politicien et démagogique du gouvernement et du Président, consistant à flatter l'extrême gauche à propos des OGM, de l'altermondialisme, de l'antiaméricanisme, de la Taxe Tobin, des intermittents du spectacle (qui vivent aux crochets des salariés du privé qui cotisent pour leur oisiveté), etc. ne leur rapporte aucune voix. Ceux qu'ils flattent voteront toujours contre eux, quand ils ne craignent pas le Pen.