Libre opinion

Encore un téléfilm de propagande politique

 

Samedi 17/07/2004, France 3 a diffusé à 20h55 le téléfilm "Les rebelles de Moissac". Sujet: trois grand-mères mènent la révolte contre la fermeture d'une usine d'embouteillage d'eau minérale qui priverait ses ouvriers de travail.

 

Le choix du sujet est politique: il s'agit de pauvres salariés qui vont perdre leur emploi, par la faute d'affreux patrons d'usine qui ont peur de perdre de l'argent en continuant l'exploitation non rentable d'une source devenue polluée. Le scénario présente comme inadmissible le refus pour de riches actionnaires de perdre de l'argent, lorsque l'emploi d'ouvriers est en jeu. Dans le film, les ouvriers sont donc des personnages sympathiques et les patrons des personnages antipathiques.

 

Ce film de la télévision publique, à thèse politique anticapitaliste, fait partie d'un ensemble d'émissions de fiction qui se ressemblent. A chaque fois, il s'agit de riches (des promoteurs immobiliers, par exemple) qui maltraitent des pauvres (agriculteurs, habitants d'un village ou d'une cité, etc.) ou détruisent leur environnement. A chaque fois, le peuple courageux triomphe des capitalistes à l'argent sale et aux méthodes malhonnêtes.

 

C'est un film de propagande de gauche, qui rappelle les tristes œuvres cinématographiques de l'ex-URSS, dont les artistes aux ordres de l'Etat totalitaire travaillaient toujours sur des variantes du même thème: un prolétariat en lutte contre les horreurs du capitalisme. Comme tous les films de propagande, celui-ci brille par son manque d'imagination, son scénario peu crédible et ses dialogues artificiels. Comme eux il ennuie, malgré les qualités des acteurs, dont Annie Cordy.

 

Le scénario présente de manière sympathique trois grand-mères qui, pour empêcher la fermeture de l'usine d'embouteillage, commettent des actes parfaitement répréhensibles: vol dans un hypermarché, tricherie pour gagner à un concours et conduite sans permis. Il glorifie des ouvriers qui séquestrent et ridiculisent un directeur, et persuadent un maire de les soutenir dans leurs actions illégales. Ces ouvriers occupent aussi leur usine, contrairement au droit du travail, et l'un d'eux parle de la saboter.

 

Le scénario constitue une allusion transparente au problème de l'usine d'embouteillage Perrier, située dans le Gard comme l'usine du film. Perrier, maison très ancienne et réputée, comme celle du film, accordait à son personnel des salaires beaucoup plus élevés que ceux pratiqués par des marques concurrentes comme Vittel. Et la productivité de ce personnel, c'est-à-dire le nombre de bouteilles produites par jour et par employé, y était plusieurs fois inférieure à celle des autres producteurs d'eau minérale. Perdant beaucoup d'argent, Perrier a été racheté, comme Vittel et d'autres, par l'immense groupe Nestlé, numéro un mondial de l'industrie alimentaire. Mais la vérité économique a fini par s'imposer: il était impossible de continuer à vendre une eau minérale qui coûte bien plus cher que ses concurrentes, d'où le besoin de réorganiser et de licencier.

 

A force d'obtenir de plus en plus d'avantages, les salariés de Perrier avaient mené leur entreprise à la ruine, malgré la notoriété de ses produits. A force d'ignorer les réalités économiques, de vivre de manière insouciante sans préparer leur reconversion personnelle par de la formation et le départ vers une région qui offrait des emplois plus porteurs d'avenir, beaucoup d'ouvriers de Perrier sont aujourd'hui dans une situation sans issue.

 

Au lieu de présenter la réalité de Perrier avec les raisons objectives de la situation actuelle, le scénario se contente d'accuser les capitalistes destructeurs d'emplois de refuser de perdre de l'argent. Au lieu d'expliquer que les salariés sont responsables de leur avenir, et doivent préserver leur employabilité en se formant et en allant chercher du travail là où il y en a, le film prétend qu'ils peuvent s'en sortir par des actions illégales et deux concours gagnés.

 

Ce mauvais film de propagande politique de gauche de France 3 est à rapprocher de l'exécrable documentaire de France 2 "Contre-courant: Le monde selon Bush" qui salissait l'Amérique et son président, en n'hésitant pas à recourir aux mensonges et aux insinuations. Voilà à quoi servent la redevance et les subventions que les contribuables sont obligés de payer: à financer de la propagande politique de bas niveau. C'est lamentable.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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