Les syndicats ennemis de la démocratie

 

Le 5 juin 2004, les syndicats (CGT, FO, CFDT, etc., toujours les mêmes), ont défilé à Paris et dans d'autres villes, mobilisant des dizaines de milliers de manifestants contre le projet gouvernemental de mesures faisant évoluer la Sécurité sociale.

Représentativité des syndicats français

Il faut savoir qu'en France, les salariés membres d'un syndicats ne représentent que moins de 9% du total des salariés, c'est-à-dire une petite minorité. Il faut savoir aussi que la plupart des syndiqués sont membres de la fonction publique, qui représente le quart seulement du total des salariés. Les syndicats ne sont donc nullement représentatifs des salariés de ce pays, et encore moins représentatifs de la population dans son ensemble.

Pourquoi ces manifestations?

De leur propre aveu, le 5 juin les syndicats voulaient faire pression sur le Gouvernement et le Parlement, pour qu'ils modifient le projet de loi sur la Sécurité sociale dans le sens de leurs revendications, avant discussion à l'Assemblée nationale. Ces revendications avaient été clairement exprimées, notamment par écrit aux journaux. Elles avaient été présentées au Ministre de la Santé et négociées avec lui, mais il n'en avait retenu qu'une partie.

 

Le Ministre n'aurait pu, en aucune façon, retenir toutes les revendications, car celles-ci différaient sensiblement d'un syndicat à un autre. Les syndicats qui défilaient ensemble, pour rassembler plus de manifestants et exercer une pression plus forte, voulaient tous des aménagements différents de la loi.

Conclusions

§           Le Gouvernement avait bien eu une attitude d'écoute et de concertation avant de présenter son projet aux députés, et les syndicats ont bien pu lui présenter leurs revendications. Tout cela est normal en démocratie.

§           L'étape suivante, en démocratie, est un débat au Parlement, suivi d'un vote. Ce sont les élus qui acceptent, modifient ou rejettent un projet de loi présenté par le Gouvernement. Or les syndicats ont voulu faire pression sur le Gouvernement et le Parlement, ce qui est antidémocratique. D'autant plus antidémocratique qu'ils ne représentent qu'une petite minorité des salariés, eux-mêmes constituant moins de la moitié des Français. Les syndicats se sont donc comportés en ennemis de la démocratie, qui essaient d'obtenir par l'intimidation ce qu'ils ne peuvent obtenir de la représentation nationale.

Je trouve leur attitude indécente. Je suis scandalisé qu'elle n'ait pas été dénoncée clairement par les médias, qui sont donc complices par omission de cette attaque de la démocratie. Je constate aussi, une fois de plus, la faiblesse du Gouvernement, qui n'a rien fait pour défendre la démocratie, qu'il est pourtant chargé de faire respecter.

§           Puisqu'ils défilaient ensemble malgré leurs revendications différentes, c'est que les syndicats avaient quelque chose en commun : leur opposition politique au Gouvernement. Les syndiqués manifestants sont tous des gens de gauche, voire d'extrême gauche comme M. Olivier Besancenot, qui était dans un des cortèges ; ces gens ne manquent aucune occasion de manifester leur opposition idéologique à toute action du gouvernement au pouvoir. Quoi qu'il fasse, même s'il adoptait toutes les mesures recommandées par l'un des syndicats, tous les autres syndicats seraient mécontents et le feraient savoir.

§           Les syndiqués français ne connaissent qu'une seule manière d'obtenir la satisfaction de leurs revendications : le conflit. Leur violence s'exprime souvent de manière démesurée, quelques milliers de grévistes n'hésitant pas à prendre en otage des centaines de milliers d'usagers des transports publics, d'abonnés à EDF ou de destinataires de courriers postaux.

La France, qui veut donner au monde des leçons de démocratie, devrait commencer par balayer devant sa porte. Ces mêmes Français qui dénoncent l'unilatéralisme américain, pratiquent l'unilatéralisme social, une minorité imposant ses vues à la majorité. Quelle honte !

 

 

 

Daniel MARTIN

 

 

Voir aussi :

§           le texte sur la privatisation d'EDF et le rôle de la CGT

§           le texte sur les grèves preneuses d'otages .

 

 

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