Le terrorisme islamiste :
idéologie, exigences et attentats
Mise à jour : 11/09/2007
Le Centre national antiterroriste des Etats-Unis (NCTC) a publié le 27/04/2005 son rapport 2004 sur le terrorisme dans le monde http://www.state.gov/documents/organization/45313.pdf . Selon le Washington Post du même jour, le nombre d'attentats est passé de 175 en 2003 à 655 en 2004 : il a presque quadruplé en un an !
Le texte ci-dessous, très complet mais facile à lire, analyse les fondements religieux et idéologiques des terrorismes islamiste et palestinien, ainsi que les contextes politiques et économiques où il naît et les graves menaces qu'il fait peser sur notre société.
Voir aussi :
·
Pourquoi sont-ils
devenus casseurs ou terroristes ?
(psychologie des casseurs et des terroristes)
· La culture arabe ennemie de la démocratie
· Adhésion de la Turquie : le pour et le contre
· Peut-on désarmer les terroristes ?
Table des matières
2. Une religion inadaptée à la vie moderne
2.1 Méfaits économiques des lois coraniques
2.2.1 De l'apogée à la décadence
2.2.2 Du wahhabisme aux islamistes, dont les Talibans
2.2.3 Conclusion sur la doctrine des mouvements islamistes actuels
2.3 Religion musulmane et tyrannie
2.3.1 Discours du Pape, pensée unique et terrorisme intellectuel
2.4 Les devoirs des islamistes
2.5 La croyance dans la récompense des martyrs
2.7 Psychologie des terroristes
2.8 Tous les musulmans ne sont pas islamistes !
2.9 L'identification des terroristes islamistes
2.10 Des différences essentielles entre christianisme et islam
3.1 Une guerre interne au monde musulman
3.2 Propos du Recteur Dalil Boubakeur sur l'intégrisme
3.3 Les reproches des islamistes aux occidentaux
3.4 Le terrorisme suicidaire et preneur d'otages
3.5 Terrorisme d'Etat et terrorisme de groupe
3.6 Echec de la stratégie de déstabilisation des régimes musulmans
3.7.1 Le cas de l'Arabie Saoudite.
3.8 La déclaration de guerre sainte aux juifs, aux croisés, etc.
3.9 Les menaces de Ben Laden aux Américains
3.10 La « guerre sainte » des islamistes
3.12 Arafat et les terroristes Palestiniens
3.13 Les faux islamistes qui sont de vrais mafieux
3.14 Il n'y a pas d'« islamistes modérés »
4. Les circonstances favorables au terrorisme islamiste
4.1 L'économie catastrophique de nombreux pays musulmans
4.1.1 Frustration des Arabes concernant leurs gouvernements
4.1.2 Chômage et inégalités de revenu
4.2 Conséquences du contexte politico-économique
4.2.1 Conséquences sur l'enseignement
4.2.2 Accès aux informations et aux connaissances
4.2.3 Conséquence : manque de discernement
4.4 Nos fréquentes erreurs d'appréciation
4.4.1 Jugement selon celui qui commet l'acte condamnable
4.4.2 Jugement selon le but de l'acte condamnable
4.4.3 Jugement selon la victime de l'acte condamnable
4.5 Les revendications nationalistes insatisfaites
5.1.2 Coûts indirects : dégâts économiques dus à la peur
5.2 Musulmans mais pas terroristes - Port du voile
5.2.1 L'intégration des musulmans dans les pays occidentaux
5.2.2 Les degrés de la fidélité à une religion
5.2.3 Les degrés du terrorisme islamiste et la complicité
5.3.1 Prosélytisme musulman en France
5.3.2 Lutter contre le terrorisme comme le demandent les Nations unies
Voyons d'abord le sens précis de certains mots que nous utiliserons souvent.
§ Terrorisme [28] : Selon André Glucksmann, le crime imprescriptible du terrorisme [est une] agression délibérée de civils désarmés par des hommes en armes, quels que soient leur accoutrement et leurs alibis idéologiques ou religieux.
Selon le rapport remis au Secrétaire général des Nations unies le 28/12/2004 sur les évolutions souhaitées pour cette organisation, le terrorisme est défini comme « une action destinée à tuer ou blesser gravement des civils ou des non-combattants, dans le but, par sa nature même ou son contexte, d'intimider une population ou d'obliger un gouvernement ou une organisation internationale à faire une action donnée ou à s'en abstenir. »
A ce propos, il ne faut pas confondre un terroriste, qui commet un attentat-suicide en s'attaquant à des civils sans défense, et un kamikaze, pilote-suicide japonais qui s'attaquait à des navires de guerre. Ils on en commun l'acceptation de la mort, mais le premier est toujours coupable, le second était un héros. Le premier tue pour tuer et terroriser des innocents, le second avait un but politique à haute valeur patriotique, la victoire de son pays. Il est donc consternant que les journalistes appellent souvent des islamistes auteurs d'attentats-suicides « kamikazes », car ce faisant ils font plus que de les disculper, ils les valorisent.
§ Le Coran est le Livre saint des musulmans, qui révèle la Loi divine, vérité absolue. Cette loi s'applique à la pratique religieuse, mais aussi à la société des hommes. Ceux-ci ne doivent donc pas se doter de lois à eux, seul Allah ayant le pouvoir de définir des lois, ce qu'il a fait une fois pour toutes dans le Coran. Les hommes ne peuvent qu'interpréter ces lois pour les adapter à des situations instantanées. La démocratie où des élus votent des lois est donc exclue par l'islam, le code des lois coraniques (appelé charia) régissant toutes les situations de la vie courante : rapports entre hommes et entre hommes et femmes, entre enfants et parents, commerce, procès, guerres, etc.
§ Etre musulman implique certaines obligations à titre personnel et certaines à titre collectif.
· A titre personnel, en plus des lois morales générales, correspondant à la partie sociale des dix commandements judéo-chrétiens (ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, ne pas voler, ne pas rendre de faux témoignage), il existe une loi proprement musulmane, dont les obligations de base sont connues sous le nom des « cinq piliers » de l’islam. Elles obligent à titre personnel tout individu capable et sont mentionnées dans la tradition suivante : « L’envoyé de Dieu a dit : l’islam est bâti sur cinq (bases) :
ü Le témoignage qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Muhammad est l’envoyé de Dieu,
ü l’accomplissement de la prière rituelle, (les cinq prières obligatoires de la journée se situent à l’aube, à midi, au milieu de l’après-midi, dans le temps qui suit le coucher du soleil et dans la nuit noire, avant de s’endormir; chaque vendredi, tous les hommes doivent se retrouver à la mosquée pour la prière de midi.)
ü le versement de l’aumône légale,
ü le pèlerinage,
ü et le jeûne de ramadan. »
· A titre collectif et par delà les ethnies, les langues et les cultures, la communauté mondiale des musulmans, appelée « Umma » (ou « Oumma »), a des obligations qui concernent les relations sociales. Certaines obligations équivalent à celles des commandements judéo-chrétiens. D'autres comprennent l'obligation de guerre sainte (« jihad » ou « djihad »), destinée à propager et/ou à défendre l'islam.
A ce propos, selon [12] « djihad », on peut citer divers versets coraniques :
ü ceux qui demandent de répandre l’islam par la persuasion;
ü ceux qui ordonnent de combattre pour repousser une attaque contre l’islam;
ü ceux qui ordonnent une offensive, mais hors des quatre mois sacrés;
ü ceux qui ordonnent le combat en tout temps.
[C'est parce que le Coran prévoit ces quatre obligations que certains musulmans choisissent l'une plutôt que les autres. Les terroristes islamistes choisissent la quatrième, utilisant ainsi la religion pour justifier leurs attentats.
A ce propos on trouve dans le livre de M. Sarkozy [29] les passages suivants pages 71-72 :
"Dans toutes les religions, il y a des lectures multiples de la vie, de la pratique religieuse, de la société, et c'est tant mieux ! Cette diversité est le meilleur rempart contre l'intégrisme, la parole unique, le totalitarisme religieux. La fois ne se vit pas, ne se construit pas de la même façon pour chaque individu. Cette diversité est d'ailleurs consubstantielle à l'acte de foi car la foi est l'accueil de la vérité révélée ; révélée pour celui qui croit, inventée pour celui qui ne croit pas."
"Il existe en France des partisans d'un islam enraciné dans notre culture, adapté à nos mœurs, respectueux de nos règles, qui s'opposent à ceux qui pensent que la parole du prophète ne peut pas être interprétée, ni adaptée à notre époque et à notre pays."
Le problème avec l'Umma est que des musulmans français, anglais, etc. se considèrent comme attaqués si des Américains attaquent des Talibans ou des Irakiens, ou si des Israéliens prennent des terres aux Palestiniens. Et les plus radicaux parmi eux prennent alors les armes et vont en Irak combattre les infidèles, ou deviennent terroristes dans leur propre pays.
Lire aussi la condamnation sans appel du terrorisme par les plus hautes autorités religieuses musulmanes, sunnites et chiites confondus [35].]
§ L'islam, avec un i minuscule, est la religion des musulmans, qui existe depuis le 7ème siècle. Les textes qui définissent l'islam sont le Coran et les Hadiths (six recueils des propos et actes du Prophète Mahomet et de la Tradition). En arabe, le mot islam signifie « soumission du musulman à Dieu ».
Selon la doctrine traditionnelle, citée par [12] « djihad » :
"... l’islam est un universalisme. Sa propagation est un devoir pour la communauté musulmane. Il s’agit d’élargir toujours plus, jusqu’à la dimension du monde, la superficie des terres où seront reconnus « les droits de Dieu et les droits des hommes » prescrits par le Coran.
Un appel doit être adressé aux États qui ignorent l’islam ou le repoussent. S’ils se refusent à entendre cet appel, on peut alors (on doit, selon la plupart des auteurs) les attaquer les armes à la main. Ce n’est cependant pas le « crois ou meurs ». Les lois du djihad suivirent au cours des siècles les lois générales de la guerre. Il est même dit et redit que les non-combattants, femmes, enfants et moines, du moins s’ils ne prêchent pas la lutte, doivent être respectés. Les peuples vaincus, s’ils sont des croyants monothéistes « qui obéissent à un prophète », chrétiens, juifs, sabéens, mazdéens, peuvent ou se convertir à l’islam ou garder leur foi et leur organisation religieuse communautaire, à la seule condition de payer tribut. Ils deviennent en ce cas les « hôtes protégés » (« dhimmi ») de la communauté musulmane. [En fait, les dhimmi sont des citoyens de seconde classe, qui ont moins de droits que les musulmans.] Les non-croyants, eux, devraient ou se convertir ou être réduits en esclavage."
[On voit ici que les terroristes islamistes comme al Qaida, qui se réclament du reste de la doctrine ci-dessus, ne respectent pas la vie des non-combattants. Et l'existence des dhimmi et des esclaves montre que la religion coranique ignore l'égalité entre les hommes, au profit de castes dominantes et dominées.]
§ L'Islam, avec un I majuscule, est l'ensemble des peuples ou des pays musulmans, ainsi que la civilisation de ces peuples ou pays.
§ L'adjectif islamique qualifie donc tantôt la religion musulmane, tantôt les peuples, les pays ou la civilisation.
§ L'islamisme, avec un i minuscule, est un phénomène politique et religieux récent, né vers 1928 suite à l'effondrement de l'empire ottoman. La Turquie devenue un état laïc avec Mustafa Kemal Atatürk, les musulmans sunnites craignirent de voir disparaître leur religion, et leur mode de vie traditionnel au profit d'un mode de vie européen. C'est en réaction à cette perte potentielle d'identité que sont nés en Egypte les premiers islamistes, les Frères Musulmans.
L'islamisme est un mouvement militant, intégriste, antidémocratique, porteur d'une vision holiste de l'islam. Cette vision refuse d'isoler la religion (avec ses pratiques), l'Etat (avec ses lois et sa justice) et la vie quotidienne (avec ses règles). C'est ainsi que, d'après [6] :
"La langue arabe n'a pas de terme pour distinguer entre l'Eglise et l'Etat, ou entre le religieux et le politique. Dès le départ, l'état islamique, fondé par Muhammad, avait une fonction « politico-socio-spirituelle », le prophète occupant lui-même les fonctions de Chef d'Etat, Messager divin, Gouverneur, Général des armées et Interprète du Coran. Sa vie devait être imitée par chaque musulman."
Au sujet du holisme islamiste, voir aussi la "Lettre à l'Amérique" de Ben Laden [14].
Le but ultime de l'islamisme est la restauration à l'échelle mondiale du califat, régime initial des musulmans depuis la mort de Mahomet jusqu'en l'an 661. L'islamisme est aussi une idéologie qui veut islamiser le système politique, le droit, l’économie, la politique étrangère, etc. Les islamistes contemporains agissent à tous les niveaux de la société : syndicats, mouvements de jeunes, aide sociale, etc.
§ Selon [29] page 87 :
"L'intégrisme est […] une volonté de vivre sa religion en l'imposant aux autres. Il se traduit par le non-respect de l'identité de l'autre. Il cherche, au contraire, à imposer une lecture du monde, de l'homme, des rapports entre politique et mystique. Il ne peut y avoir de place pour cette attitude dans la République française."
§ Un islamiste est une personne, un groupe ou un état qui milite pour l'islamisme.
On doit parler de terrorisme islamiste, pas de terrorisme islamique, bien que certains auteurs confondent ces deux adjectifs. Il y a plusieurs républiques islamiques : l'Iran (qui est aussi un état islamiste), la Mauritanie, le Pakistan, les Comores, etc.
§ Pour un musulman, un dhimmi est un citoyen de seconde zone [21], qui n'a pas les mêmes droits civiques qu'un musulman, et dont un musulman doit se méfier dans tous ses rapports avec lui. Pour avoir simplement le droit de vivre dans une société musulmane, un dhimmi doit payer un tribut. Les non-musulmans devraient se convertir ou être réduits en esclavage. Pour un musulman respectueux du Coran :
· Tous les hommes ne sont pas égaux, les musulmans étant au-dessus des non-musulmans;
· Certains résidents (les dhimmis) doivent payer pour avoir le droit de vivre;
· Les états non-musulmans doivent être appelés à se convertir, puis attaqués s'ils refusent : c'est ce que dit explicitement Ben Laden dans [4] et [14].
· L'esclavage est permis dans certains cas.
· Les femmes ont des droits inférieurs aux hommes à qui elles doivent être soumises.
On voit donc l'incompatibilité totale d'un respect strict de la foi musulmane avec la démocratie, l'égalité entre citoyens et les droits de l'homme. Cela implique l'obligation, pour un musulman désireux de s'intégrer correctement dans la société française, donc de respecter les lois de notre République, d'abandonner les principes les plus intégristes de sa religion, incompatibles avec un comportement citoyen dans une démocratie.
§ Sunnites et chiites (ou shiites)
En 661, à la mort du quatrième calife, les musulmans se déchirèrent au sujet de son successeur. La majorité, appelée aujourd'hui sunnite, se rallia à un calife qui instaura la dynastie des omeyyades, avec la succession héréditaire à partir de califes élus par des notables. La minorité, appelée aujourd'hui chiite, se constitua en secte indépendante réclamant le règne d'un imam, chef descendant d'Ali, cousin et gendre de Mahomet.
Pour un chiite, l'imam est irréprochable (exactement : impeccable, c'est-à-dire incapable de péché) et infaillible. Pour un sunnite, le chef de l'exécutif, le calife, n'est pas nécessairement aussi parfait, et sa destitution peut même être envisagée s'il cesse de promouvoir « les droits de Dieu et des hommes ».
De nos jours, les chiites forment la quasi-totalité de la population de l'Iran et la majorité de celle de l'Irak. Les sunnites forment la majorité des musulmans dans tous les autres pays où ils habitent.
Les terroristes islamistes sont aussi bien chiites que sunnites.
§ Un ayatollah est un dignitaire de la religion chiite. Le mot signifie « signe miraculeux de Dieu ». Il interprète les textes religieux et enseigne la théologie. Certains exercent un pouvoir politique de fait; l'un d'entre eux, Ali Khamenei, est même le "Guide de la révolution", autorité suprême de l'Iran. Un ayatollah a, bien entendu, la compétence nécessaire pour prononcer des fatwas.
§ Une fatwa est une interprétation de la loi Coranique émanant d'un ouléma, docteur de la foi musulmane qui a une autorité religieuse respectée. Cette autorité s'applique particulièrement au fiqh, qui est le droit musulman.
La fatwa est une sentence grave, que tout musulman doit respecter. En février 1989, l'ayatollah Komeyni ayant prononcé une fatwa condamnant à mort l'écrivain Salman Rushdie réfugié au Royaume-Uni, auteur des Versets sataniques, le gouvernement islamiste d'Iran s'y était associé. Mais le 24 septembre, ce gouvernement ayant changé d'avis et s'étant dissocié de cette fatwa, la Grande-Bretagne a repris des relations diplomatiques normales avec Téhéran. La fatwa, elle, ne pouvait être annulée.
§ Le wahhabisme est la doctrine religieuse fondamentaliste à la base de l'islamisme sunnite. Elle a été fondée par Ibn 'Abd al-Wahhab (1703-1792), qui condamnait les "innovations blâmables" en matière de religion ([20] page 611), comme le chiisme. Ce fondamentalisme proscrit des actes anodins comme le tabac et l'usage du chapelet, écouter de la musique, faire du théâtre ou de la poésie et aussi tout ce qui n'a pas été mentionné par le Prophète il y a 1300 ans : le téléphone (pourtant utilisé par Ben Laden), l'automobile, les satellites de télévision...
Voir le paragraphe "Du wahhabisme aux islamistes, dont les Talibans".
Source : [18] page 21.
Les dons faits par les musulmans au titre de la charité religieuse, connus sous le nom de "zakat", constituent un des piliers de la foi islamique. Ils vont plus loin que la charité, en étant aussi une sorte d'impôt sur le revenu, un don pour l'enseignement et pour l'aide internationale, et un financement pour l'influence politique. La notion occidentale de séparation de la religion et de l'Etat n'existant pas dans les cultures islamiques, le gouvernement Saoudien a fait du Coran et de la Sunna (tradition, aujourd'hui incorporée aux textes des hadiths) la Constitution du pays. En outre, le clergé exerce une influence considérable sur la vie sociale arabe, en même temps que sur l'enseignement de la lecture et de l'écriture, dont il est chargé et qu'il pratique à partir des textes sacrés.
Les dons faits au titre de la charité zakat font partie de la culture en Arabie Saoudite. Ils financent depuis longtemps l'assistance aux nombreux nécessiteux du monde musulman. Mais une de leurs fonctions les plus importantes consiste aussi à répandre le wahhabisme* (la religion à la base de l'islamisme* et des talibans) dans tout le monde. C'est ainsi que l'argent saoudien finance des mosquées et des écoles coraniques partout, y compris en France, au Pakistan et aux Etats-Unis. Dans les pays pauvres comme en Arabie Saoudite, l'enseignement coranique est la seule forme d'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
Les citations du Coran [32] montrent l'inadaptation de l'islam à la vie moderne dans une démocratie respectueuse des droits de l'homme ; mais cette inadaptation n'existe que si l'on veut suivre toutes les recommandations du Saint Livre et les prendre au pied de la lettre, comme les fondamentalistes. Une application stricte de toutes les exigences de la loi coranique est :
§ incompatible avec les Droits de l'Homme - et particulièrement des femmes ;
§ incompatible avec la vie d'une personne dans une démocratie occidentale ;
§ incompatible avec ses institutions, l'égalité des citoyens et la séparation des pouvoirs ;
§ incompatible avec le fonctionnement d'une économie moderne, du fait de l'impossibilité de rétribuer le capital par des intérêts, donc de financer les entreprises par l'épargne.
La loi coranique interdisant l'usure, aucun fidèle ne peut prêter de l'argent contre intérêts ni payer des intérêts à un prêteur. Cette loi, vieille de plus de 1300 ans, a aujourd'hui des conséquences économiques désastreuses.
Un bon musulman ne pouvant placer son argent en banque pour recevoir des intérêts, l'essentiel de l'épargne populaire dort en billets dans des bas de laine; elle n'est donc pas disponible pour les entreprises, qui rencontrent donc, dans le monde musulman, un extraordinaire problème de financement.
Un particulier disposant de bons revenus ne peut emprunter de l'argent pour acheter une maison, une voiture ou des meubles. Toute personne, toute entreprise qui désire emprunter doit donc solliciter des proches ou des amis, sans promettre d'intérêts.
Cette impossibilité d'utiliser l'argent épargné pour faire tourner l'économie est une des principales raisons du retard économique considérable du monde musulman.
Bien entendu, l'interdiction religieuse des intérêts est de plus en plus contournée de nos jours. Un particulier qui veut emprunter pour acheter une maison recourra donc, par exemple, à un achat de cette maison par une banque, qui la lui revendra avec profit, le profit n'étant pas interdit; il paiera ensuite sa maison à la banque par mensualités. Il pourra aussi rembourser la banque par mensualités au prix d'achat initial augmenté d'un loyer… appelé loyer et non intérêts.
Il y a des banques musulmanes qui prétendent respecter la loi coranique. Elles ont donc monté un système d'investissement en actions, avec partage équitable des profits ou des pertes entre banquier et investisseurs. On tourne donc de plus en plus l'interdiction religieuse en jouant sur les mots, ce qui fait grincer les dents à des fidèles intransigeants.
Autre restriction : un bon musulman ne peut investir dans une multinationale dont certaines branches ont des activités impies, comme la vente d'alcools, ou anti-arabes comme la vente d'armes à Israël.
La loi qui refuse l'usure mais pas le profit commercial est un bon exemple des contradictions de la loi coranique et de son inadaptation au monde moderne. Un fidèle peut gagner de l'argent en vendant des armes à un non-musulman, à condition qu'il ne soit pas Israélien ; et si celui à qui un bon musulman a vendu des armes, les revend ensuite en Israël ?
L'absurdité des interférences de la religion musulmane avec la vie quotidienne apparaît aussi dans l'exemple suivant : Israël tue des Palestiniens; amis d'Israël, les Américains sont donc des ennemis avec qui il ne faut pas faire d'affaires, pour ne pas que les profits correspondants leur permettent d'aider Israël; il ne faut donc ni leur vendre du pétrole, ni leur acheter des voitures… ce que font tous les Arabes en mesure de le faire !
Selon [10], après avoir connu une extraordinaire expansion géographique, la foi musulmane produisit une civilisation remarquable en matière d'arts, de philosophie et de sciences. En avance sur celle de l'Occident, cette civilisation fut accompagnée, pendant les 7 siècles de la domination arabe sur l'Andalousie, d'une remarquable tolérance envers les chrétiens et les juifs, ainsi que d'une prospérité enviable.
Puis, à peu près au temps des croisades, le monde musulman s'assoupit et entra en décadence. Le progrès cessa dans tous les domaines. L'autorité des monarchies se dilua dans la vie facile. Les mœurs se relâchèrent. Une crise financière survint, aggravée par les interdits religieux sur l'usure. Le commerce entre l'Occident et l'Orient, qui passait par les pays du Moyen-Orient, commença à les contourner par la voie maritime, supprimant ainsi une importante source de profit; la route de la soie et des épices fut remplacée par la route des Indes.
Sur le plan spirituel, les divers pays musulmans évoluèrent vers une foi formelle, rigide, dogmatique, à l'opposé de l'esprit du Coran [13] qui recommande de raisonner. Cette pratique rigide de la religion était, du reste, la seule acceptable aux régimes politiques absolutistes de l'époque. Mais les musulmans ne s'aperçurent pas de cette décadence, notamment parce que, selon [10] pages 112-113, les Arabes ont une tendance naturelle à la nostalgie systématique, qui leur fait croire que chaque génération ne peut que faire moins bien que la précédente, et qu'il vaut mieux imiter les anciens qu'innover.
Selon [12], la foi formelle est due, à l'origine, à l'influence de Ibn Hanbal (780-855), fondateur de l'école hanbalite d'interprétation du Coran, qui est la plus dogmatique et la plus puriste de l'islam sunnite. Cette école rejette toute opinion personnelle sur l'interprétation du Coran et les règles de vie qu'il impose ; elle rejette même les opinions basées sur des raisonnements par analogie.
La foi formelle et rigide est due ensuite à l'influence considérable d'un disciple de Ibn Hanbal, Ibn Taymiyya, qui dénonce aussi toute innovation en islam, faisant au contraire confiance aux « anciens » (salaf en arabe, d'où le nom salafisme). Le salafisme prône un retour à la doctrine pure des anciens. Le wahhabisme en est issu.
Le wahhabisme, pratique religieuse fondamentaliste, formelle et rigide, vise à instaurer en Arabie, et éventuellement dans l’ensemble du monde musulman, un islam purifié, semblable à celui de l’époque du Prophète et de ses successeurs immédiats. Sous forme de loi coranique rigide, le wahhabisme est aujourd'hui imposé dans toute l'Arabie Saoudite et dans d'autres pays ou provinces comme le nord du Nigeria. Le royaume d'Arabie n’a officiellement pas de Constitution écrite ; ses dirigeants (des féodaux) disent s’inspirer du Coran et de la sunna (tradition, orthodoxie islamique) pour gouverner. Il n'y a ni partis politiques, ni syndicats, ni médias libres. Il y a, en revanche, une police religieuse, qui impose fermement le respect de la loi coranique, la charia.
Contrairement au wahhabisme, le sunnisme et le chiisme ont une dimension mystique appelée soufisme. Ce mysticisme prônant le retour aux pratiques des anciens, qui étaient purs, recommande l'ascétisme et le port d'une robe de laine, supposée avoir été l'habit des prophètes d'avant Mahomet et notamment celui de Jésus. Le soufisme jouit aujourd'hui d'une reconnaissance universelle chez les musulmans non wahhabites, au point d'être un fait de civilisation.
L'idéologie islamiste est une application stricte du wahhabisme.
Pour un musulman orthodoxe, la distinction entre Etat et clergé n'a pas plus de sens que la distinction entre religion et justice. L'organisation sociale valable est celle prévue par le Coran, pas celle d'un Etat laïc : un bon musulman ne peut reconnaître les lois d'un tel Etat, mais seulement les lois de Dieu, issues pour l'essentiel du Coran. La justice valable est l'application de la loi coranique, qui a plus de 1300 ans, pas celle d'un code de lois d'origine laïque.
Femmes et filles doivent rester à la maison le plus possible, sortir seulement voilées de la tête aux pieds et ne pas travailler en entreprise. Un mari a le droit de battre sa femme, et de la répudier à condition de rembourser sa dot. Pour qu'un mari soit reconnu adultère, il faut que 4 autres hommes (pas femmes, hommes !) l'aient surpris et témoignent contre lui ; et il ne risque pas grand-chose ensuite. Pour qu'une femme soit déclarée adultère, il suffit qu'un seul homme l'ait surprise et elle risque la mort par lapidation.
Selon [12], les mouvements islamistes (dont les Talibans), apparus dans les années 1930 et 1940, pratiquent une religion très proche du wahhabisme. Ils se caractérisent par leur revendication d’un "Etat islamique" (dawla islamiyya). Ils considèrent que la société ne pourra être véritablement musulmane que si l’État est d’abord islamique. Il s’agit pour eux d’islamiser le système politique, le droit, l’économie, la politique étrangère, etc. En Palestine, les terroristes du Hezbollah et du Djihad islamique luttent pour imposer un état islamique à la place d'Israël.
Pour un islamiste, le reste du monde est voué à l'islamisation. La propagation de la foi musulmane, par la force si nécessaire, est un devoir pour tous les croyants. Le verset 29 de la sourate IX du Coran [13] commande :
"Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent pas comme défendu ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux d'entre les hommes des Ecritures [c'est-à-dire notamment les chrétiens et les juifs] qui ne professent pas la vraie religion [c'est-à-dire la religion musulmane]. Faites-leur la guerre jusqu'à ce qu'ils paient le tribut de leurs propres mains et qu'ils soient soumis."
Selon [12], dans le Coran, il n’existe aucune stipulation concernant les peuples vaincus : il faut donc s’en référer à l’exemple de Mahomet qui, suivant les circonstances, a expulsé, massacré ou réduit les vaincus à l’état de tributaires. Les non-combattants, femmes, enfants et moines, du moins s’ils ne prêchent pas la lutte, doivent être respectés (ce que les terroristes palestiniens et tchétchènes et ceux d'al Qaida oublient...). Les peuples vaincus, s’ils sont des croyants monothéistes ("qui obéissent à un prophète" comme les chrétiens et les juifs), peuvent ou se convertir à l’islam ou garder leur foi et leur organisation religieuse communautaire, à la seule condition de payer tribut.
Le frère musulman égyptien Sayyid Qotb, exécuté par Nasser en 1966, considère que tous les pouvoirs actuels sont intégralement corrompus et doivent être renversés par la force ; il prône les attentats-suicides en prétendant qu'ils confèrent le statut de martyr. Parmi ses disciples on trouve les terroristes du Jihad islamique et du GIA algérien.
Selon [31] pages 40-41 :
"…à l'heure actuelle, les mouvements islamistes présentent tous, à quelques variantes locales près, un corps de doctrine se caractérisant, sur le plan rituel, moral et social :
· Par une adhésion littérale au Coran et à la sunna ;
· Par un théocentrisme poussé à l'extrême (destruction des images, des statues) ;
· Par une quête constante de purification de l'âme (haine proclamée du mensonge, de la corruption, de l'hypocrisie) ;
· Par un puritanisme excessivement rigoureux (tout spécialement appliqué aux femmes) ;
· Par un refus catégorique de toute influence culturelle occidentale (médias, prêtres, touristes) ;
· Par l'exigence que soient transcendés les clivages ethno-politiques au sein de l'Umma (la communauté des croyants musulmans) ;
· Par le combat contre les espaces [c'est-à-dire les pays, les peuples] non soumis à l'Islam ;
· Par le rejet des concepts et idéaux « étrangers et néfastes » à l'islam (État, classe sociale, marxisme, nationalisme, laïcité, etc.), au profit du rétablissement du califat (aboli en 1924 par Kemal Atatürk) ;
· Par la lutte contre les régimes musulmans considérés comme kafirs (apostats, car n'appliquant pas « totalement et exclusivement » la charia) ;
· Et par une vindicte absolue à l'encontre des juifs et des chrétiens (« croisés ») affranchis de leur statut obligé de dhimmi (« protégé »), autrement dit de soumis [ce qui est une attitude raciste, puisqu'elle les déteste en tant que non-musulmans].
Enfin, vis-à-vis des musulmans croyants et pratiquants, notons que les islamistes sunnites stigmatisent comme hérétiques les chiites et combattent vigoureusement les soufis pour leur mysticisme et leur ésotérisme. Dans le rôle de propagateur de ce corpus apocalyptique, un Ben Laden, loin d'être isolé, participe d'un Abd el Aziz Ibn Baz saoudien, d'un Omar Abdul Rahmane égyptien, d'un Gulbuddine Hekmatyar afghan, d'un Hassan al-Tourabi soudanais, d'un Abassi Madani algérien, etc."
Lire aussi la condamnation sans appel du terrorisme par les plus hautes autorités religieuses musulmanes, sunnites et chiites confondus [35].]
Il faut bien comprendre que le wahhabisme, dont l'islamisme est issu, n'est pas une conséquence inéluctable d'une bonne pratique de la religion musulmane, mais une tyrannie totalitaire résultant d'une lecture restrictive du Coran, et contraire à son enseignement bien compris.
C'est ainsi que l'ayatollah iranien Seyed Hussein Moussaoui-Tabrizi a déclaré, dans une interview publiée page 28 dans Newsweek du 23/12/2002 :
"Le Coran affirme en plus de cent endroits qu'il faut satisfaire la volonté du peuple. L'idée qu'un petit nombre de dignitaires a le droit de décider au nom des masses est non-musulmane et illégale. Dieu n'a accordé à personne un droit exclusif de diriger".
Sans recommander explicitement la démocratie, le Coran rejette donc la tyrannie d'un homme ou d'un petit groupe. Se réclamer de la Charia (la loi coranique) pour une politique répressive est donc inacceptable, comme le terrorisme lui-même, ce que confirment les plus hautes autorités religieuses musulmanes [35].
Mais pour que la volonté du peuple puisse être satisfaite, il faut que celui-ci puisse s'exprimer. Il faut donc que les journaux et la télévision soient libres, que les intellectuels qui critiquent la politique ne soient pas poursuivis, que l'accès à Internet soit libre, etc. Hélas, dans la plupart des pays arabes, cette liberté d'expression n'existe pas ou est fortement réduite, comme le constatent les rapports des Nations unies [7] et [8].
Le discours du Pape à Ratisbonne le 12/09/2006 [39] a déclenché dans tout le monde musulman des violences antichrétiennes. On a brûlé le pape en effigie, assassiné une religieuse, endommagé des églises, manifesté en masse en hurlant des slogans antichrétiens, le Maroc a rappelé son ambassadeur au Saint-Siège…
Ces violences ne sont que la répétition de celles qui sont suivi la publication de dessins humoristiques par certains journaux occidentaux, dessins jugés insultants par les musulmans.
Je n'approuve aucune parole, aucun acte de communication qui manque de respect à une religion, quelle qu'elle soit. La foi dans une religion de son choix est un droit inaliénable de tout homme, reconnu comme tel par la Déclaration des droits de l'homme des Nations unies de 1948 [40]. Mais je suis obligé de constater que beaucoup de musulmans protestent violemment contre toute opinion qui critique leur foi, alors que les chrétiens et les juifs n'attaquent pas les mosquées, et ne brûlent pas les oulémas et ayatollahs en effigie quand les émules de Ben Laden les menacent de mort ou les médias arabes les accablent.
Lorsque le Pape cite un texte accusant les musulmans de répandre leur foi par la violence (texte qui date du XIVe siècle, mais qui est encore vrai de nos jours au moins pour Ben Laden et les terroristes algériens et afghans), il a raison au moins pour les islamistes terroristes et pour ceux qui les soutiennent. Je constate aussi que les musulmans qui ont violemment manifesté contre son discours lui donnent raison, justement en étant violents.
Je constate enfin que la plupart des musulmans ne tolèrent pas la critique de leur foi, alors que les églises chrétiennes la tolèrent si bien qu'elles ont même accepté la séparation d'avec l'Etat - donc aussi l'athéisme - dans de nombreux pays. En somme, les islamistes pratiquent le terrorisme intellectuel et la pensée unique, attitude inacceptable dans une démocratie et à l'opposé de celle des chrétiens.
Heureusement, 38 docteurs de la foi musulmane ont répondu au pape dans une lettre ouverte remarquable de modération et de sagesse, présentée et commentée brièvement dans "Zéro en sciences coraniques". Cette lettre implique une condamnation sans appel du terrorisme islamiste par les plus hautes autorités de l'Islam.
Un islamiste qui applique les directives de sa religion doit :
§ islamiser ceux qui acceptent de se convertir, eux et leur organisation sociale,
§ soumettre ceux qui veulent garder leur religion et leur organisation sociale, mais acceptent de payer un tribut aux musulmans,
§ tuer les autres infidèles et détruire leur société impie.
D'après ce qui précède, un islamiste qui pratique correctement sa religion ne peut s'intégrer dans nos pays laïcs et multiconfessionnels. Il ne peut accepter que nos lois humaines priment sur les lois coraniques. A moins de renier une partie de sa religion, il ne peut que rester en marge de notre société. Certains de ces marginaux deviendront alors des terroristes pour aller jusqu'au bout de leur devoir d'islamisation.
Les islamistes affirment, en citant le Coran, qu'un musulman ne doit pas avoir peur de mourir en combattant pour sa religion. Seul Allah peut décider du jour de sa mort, et si Allah a décidé qu'il ne mourra pas ce jour-là, il le protégera. En outre, un musulman qui meurt en combattant pour l'islam est un martyr, qualité qui est récompensée au paradis, notamment par l'attribution de 72 vierges aux yeux noirs à chaque homme mort ainsi.
Pour un musulman croyant, il suffit que sa vie sur terre soit misérable et sans espoir pour qu'il souhaite mourir en martyr, en combattant les infidèles pour faire triompher l'islam. Le plus souvent, il décidera de mourir en martyr (par exemple lors d'un attentat-suicide) sous l'influence d'un autre musulman, qui lui aura lavé le cerveau. Mais il est aussi arrivé que des musulmans très instruits (comme Mohammed Atta, le chef des terroristes du 11 septembre, ou Khalid Sheikh Mohammed, qui a planifié ces attentats) décident de mourir en martyrs.
Selon [31] page 72 :
"Pour un islamiste radical, tuer des « innocents » revient à les expédier au paradis d'Allah avant qu'ils ne se corrompent, et les faire souffrir leur permet d'atteindre mieux et plus vite encore la félicité. Quant à ceux qui sont « coupables », c'est une action méritoire que de les occire…"
Ben Laden énonce clairement l'idéologie de mort des islamistes.
§ Dans [4], on trouve la phrase :
"Let me die dignified in wars, honourable death is better than my current life."
(Que je meure dignement en faisant la guerre, [car] une mort honorable vaut mieux que ma vie actuelle).
§ Dans [14], Ben Laden parle de la nation islamique en ces termes :
"The Nation of Martyrdom; the Nation that desires death more than you desire life" (La nation du martyre ; la nation qui désire la mort plus que vous [Américains, Occidentaux] désirez la vie).
Ces mots étant basés sur des citations du Coran, Ben Laden décrit la mort au combat pour l'islam comme désirable, plus désirable en tout cas que la vie misérable des musulmans actuels. De telles paroles ont convaincu beaucoup de jeunes de commettre des attentats-suicides : voir exemple [41].
Un être humain équilibré ne peut avoir une idéologie de mort, et souhaiter se tuer en faisant du mal à des innocents. Un terroriste est donc avant tout un être déséquilibré, qui a perdu (ou n'a jamais eu) ses repères. Il peut considérer comme bien ce que les autres considèrent comme mal, la mort et la souffrance par exemple.
Comment un terroriste arrive-t-il à être si inhumain ?
La réponse est donnée en détail dans les analyses
§ "Pourquoi sont-ils devenus casseurs ou terroristes ?"
§ "La culture arabe ennemie de la démocratie".
Comme dans le cas des chrétiens, en France la grande majorité des musulmans ne sont pas pratiquants, mais dans les pays musulmans la grande majorité des citoyens le sont. Or les islamistes sont, par définition, des intégristes très pratiquants. On estime qu'en France il n'y a pas plus de 15% de musulmans pratiquants, et la grande majorité de ceux-ci ne sont pas islamistes. Il faut donc éviter tout amalgame, toute tentation d'accuser ou même de soupçonner les musulmans d'islamisme.
Il faut aussi se rappeler que toutes les autorités religieuses musulmanes ont à plusieurs reprises condamné le terrorisme islamiste [35].
L'enquête mondiale [42], datant du printemps 2007, a montré que :
§ Partout dans le monde, les musulmans rejettent les attentats-suicides et les autres formes de violence contre les civils en tant que méthode pour défendre la religion musulmane. (Et l'enquête n'a pu prendre en compte les événements de septembre 2007 en Algérie, où les attentats d'al Qaida ont entraîné un rejet massif de la population.)
Dans 15 des 16 pays du sondage de fortes majorités de personnes pensent que les attentats-suicides ne sont que rarement ou même jamais justifiés : 81 % au Pakistan, par exemple, où des écoles religieuses sont accusées de former de futurs terroristes et des talibans par milliers… ; 65 % en Turquie (candidate à l'entrée dans l'Union européenne) ; 76 % au Bangladesh ; 90 % en Indonésie. Le seul endroit où le terrorisme est considéré comme justifié par une majorité de la population est la bande de Gaza et la partie de la Cisjordanie sous autorité palestinienne, où 70 % des personnes l'approuvent.
§ L'approbation pour les attentats-suicides et le terrorisme est en chute libre parmi les musulmans depuis 2002 dans 7 pays sur 8 où les données existent, le 8ème pays étant les territoires palestiniens.
§ Parmi les personnes qui justifient le terrorisme la proportion de chiites est bien plus forte que de sunnites, ce qui s'explique par la religion chiite qui glorifie le martyr.
C'est ainsi que la proportion de gens qui approuvent Ben Laden est passée depuis 2002 de 56 % à 20 % en Jordanie ; de 20 % à 1 % au Liban ; de 72 % à 57 % dans les territoires palestiniens ; de 15 % à 5 % en Turquie et de 46 % à 38 % au Pakistan.
Conclusions sur le soutien au terrorisme parmi les musulmans
§ Il y a un rejet massif et croissant du terrorisme. La plupart des musulmans ont fini par comprendre qu'il ne résolvait aucun problème et n'apportait que le malheur, aux terroristes comme à leurs victimes.
§ Il reste encore beaucoup de musulmans, des dizaines de millions, qui approuvent le terrorisme et dans les rangs desquels ceux-ci peuvent recruter. Ce phénomène est particulièrement inquiétant en Turquie, si celle-ci venait à entrer dans l'Union européenne, permettant ainsi à ses citoyens d'aller librement où ils veulent dans les autres pays membres.
Dans toute la mesure du possible, les sociétés occidentales ont besoin d'identifier les terroristes islamistes avant leur passage à l'acte. C'est déjà difficile lorsqu'il s'agit de musulmans issus de communautés traditionnelles, qui sont devenus des assassins après un endoctrinement, un lavage de cerveau fait par des prédicateurs spécialisés : les endoctrineurs sont le plus souvent bien discrets, et les futurs terroristes qu'ils forment le sont tout autant avant leur attentat.
Il faut fréquenter les mosquées, souvent minuscules et discrètes, infiltrer les groupes qui écoutent les prédicateurs néfastes, etc. Pour comprendre les mentalités, il faut prendre en compte l'influence des structures traditionnelles tribales : voir L'identification des terroristes islamistes (2 pages A4).
Mais les terroristes modernes ont souvent abandonné les mosquées. Ils sont en désaccord avec les imams et leurs coreligionnaires qui prêchent l'intégration paisible dans la société occidentale. Ils les considèrent au mieux comme des mous affaiblis, au pire comme des traitres à la cause de l'Umma, « attaquée dans tout le monde par les chrétiens et les juifs. » Ils fréquentent les sites Internet qui montrent des images de musulmans torturés et humiliés en Irak, en Afghanistan, en Palestine et ailleurs. Ces sites prêchent la guerre sainte et le retour au Califat du VIIIe siècle, et publient des recettes pour faire des bombes. C'est par Internet que les apprentis terroristes communiquent avec les extrémistes qui les persuadent de tuer en se faisant exploser pour sauver l'islam. Ces terroristes-là forment des groupes minuscules, munis de passeports de pays occidentaux et souvent instruits, et surtout impossibles à détecter avant leurs attentats.
Nous venons de voir que l'islam est une religion dont les seules réformes qui ont réussi ont été des retours en arrière : hanbalisme, fondamentalisme, salafisme, soufisme, wahhabisme. Selon [20], [10] et [11], il y a bien eu des tentatives de faire évoluer la religion, mais aucune n'a réussi à s'imposer, fut-ce à quelques millions de fidèles.
Aujourd'hui, cette religion a trop d'aspects anachroniques empêchant l'adaptation au monde moderne ou incitant les croyants à les ignorer.
Le christianisme, au contraire, a connu plusieurs réformes et adaptations, qui lui ont permis de s'adapter à l'évolution des sociétés chrétiennes. A part les réformes de Luther et Calvin, qui ont réussi à s'imposer à des millions de chrétiens, de nombreux conciles et de nombreux textes papaux ont fait évoluer les règles de imposées aux fidèles. C'est ainsi que les exemples cités dans [27] ne posent plus problème aux chrétiens aujourd'hui, alors que certains musulmans s'imposent encore des règles comparables.
Enfin, les catholiques et les orthodoxes disposent d'un clergé organisé de manière hiérarchique, où la définition du bien et du mal, du permis et du défendu, peut être formulée au sommet de la hiérarchie, puis propagée et acceptée sans discussion par les fidèles. Les musulmans sunnites n'ont pas de clergé, pas d'autorité unique qui prenne ce genre de décision. Ils disposent seulement de certains religieux qui sont plus respectés que les autres, mais pas au point d'avoir comme le pape une autorité absolue. Les chiites ont bien une hiérarchie, dont le titre le plus élevé est « Grand Ayatollah », mais l'expérience a montré, notamment en Iran, que deux ayatollahs ne s'entendent pas toujours, et que c'est alors le plus fort politiquement qui l'emporte.
Dans son discours [39], le Pape a expliqué que le christianisme est très contraint par la Raison, notamment de par sa tradition grecque de logique ; tellement contraint, du reste, qu'il y a une forte déchristianisation de nos jours en Europe, ce que le Pape déplore dans son discours. Il a expliqué que l'islam, au contraire, est la soumission à un Dieu si transcendant qu'il n'est nullement contraint par la logique : ce qu'il décide, fait et a dit dans le Coran, est par définition parfait et au-dessus de toute critique.
Les islamistes veulent imposer leur forme de religion musulmane, de société et d'institutions par tous les moyens, y compris la lutte armée et la violence terroriste. Ils veulent que tous les pays du monde soient unis sous l'autorité d'un même calife, régnant comme au 7ème siècle. Ils veulent donc détruire notre société occidentale et nous imposer leur religion et leurs valeurs. Ils veulent aussi remplacer les divers régimes arabes, tous réputés corrompus car non-islamistes, par ce même califat.
L'ampleur médiatique du terrorisme peut inciter les non-musulmans à un amalgame consistant à croire que tous les musulmans sont des islamistes. Heureusement, ce n'est pas parce que les médias oublient trop souvent de rappeler que les islamistes ne sont qu'une petite minorité parmi les musulmans, qu'il faut faire l'amalgame.
La triste vérité est que le terrorisme islamiste provoque d'abord une guerre entre la petite minorité de musulmans islamistes actifs, cruels et bénéficiant de la publicité des médias, et la grande majorité silencieuse des musulman modérés, que l'extrémisme effraie. Les musulmans innocents tués lors des attentats islamistes au Pakistan, en Arabie Saoudite, au Maroc, en Tunisie, en Irak, etc. sont la triste illustration de cette guerre. Les terroristes islamistes veulent déstabiliser les pays musulmans, où ils commettent des attentats pour y installer le califat et surtout pour empêcher leur lente mais inéluctable évolution vers la démocratie [36].
Si on veut être précis dans l'appréciation portée sur certains musulmans, on peut éventuellement considérer que, sans être eux-mêmes terroristes, ils sont complices du terrorisme lorsqu'ils aident, abritent ou s'abstiennent de dénoncer des terroristes.
Voici quelques extraits de [10].
Page 20 :
§ Au fond, l'intégrisme actuel ne représente jamais que l'ultime surgeon d'une très vieille tendance formaliste et stérile qui voyait le jour, vers les X-XIème siècles, avec les Qarmates, qui s'est prolongée du XIème au XIIIème siècle dans la secte des Assassins, et trouvait hier encore dans les Frères Musulmans un sursaut politique.
§ Qu'on ne s'y trompe pas, cependant : en privilégiant la lettre [du Coran] sur l'esprit et les formes sur les énergies, la tradition sur le renouveau et le passé sur l'avenir, la contrainte sur la liberté et le temporel sur le spirituel, ce courant de l'Islam est plus effrayant dans ses idées que dans ses effets; il est plus dangereux dans ses manifestations violentes que menaçant dans son essence même.
§ La violence dont l'intégrisme s'entoure n'est jamais qu'une conséquence vaguement nihiliste de son impuissance constructive.
[Le Recteur Boubakeur confirme par là que les terroristes n'ont pas de solution à proposer aux problèmes réels des musulmans des pays pauvres : misère, absence de démocratie, etc. Ils ne proposent que la destruction et la mort des poseurs de bombes, attitude non constructive.]
Page 22 :
§ Il existe des branches mortes de la religion comme il y a des branches mortes de l'évolution. L'intégrisme est de celles-là. Et c'est pourquoi, sans jamais minimiser ses effets dévastateurs dans le présent, je ne parviens pas à lui trouver d'avenir.
§ L'une des grandes faiblesses des extrémistes radicaux est leur vision irréductiblement utopique du devenir du monde. Leur but, avoué ou non, est de forcer le destin. Cette prétention me paraît le fait de personnes immatures, frustrées, cherchant sans doute à oublier le quotidien d'une réalité souvent amère et décevante.
Page 23 :
§ Les islamistes d'aujourd'hui sont vraiment très éloignés de l'Islam.
§ Ils ignorent que notre religion n'est pas un dogme figé, dont la clé et le sens sont donnés une fois pour toutes. Ils ignorent que l'islam est une religion vivante qui vint pour annoncer la parole libératrice. Cette parole de liberté, il appartient à tous les autres musulmans de la reprendre à leur compte, de la transmettre et de la faire vibrer.
[Ce point est important : l'Islam a évolué et peut évoluer encore. On ne peut donc le réduire aux textes d'il y a 1300 ans, même si ces textes sont sacrés.]
Page 24 :
En dehors même du texte coranique, on trouverait de multiples hadiths où s'expriment la tolérance du Prophète, son ouverture aux autres croyants, son goût pour la raison et les savants, sa méfiance envers les dérives politiques.
Page 25 :
C'est seulement parce que les musulmans n'ont pas su pousser plus avant dans cette voie de recherche et de réflexion, parce qu'ils se sont écartés de ce modèle de civilisation qu'ils ont fini par figer la pensée religieuse dans une scolastique inféconde, puis par se scléroser et finalement entrer en décadence.
[Voilà donc l'explication historique du wahhabisme et du terrorisme islamiste : c'est le fait de gens qui ne retiennent des textes de la religion musulmane que ceux qui leur permettent de justifier leur désir de tuer les infidèles et de détruire leur civilisation.]
Page 38 :
Rappelons-nous que les premiers musulmans comptèrent, pour les sauver, sur des chrétiens, et qu'ils ne furent pas déçus. [Ces chrétiens étaient les Abyssins, notamment leur empereur, le Négus].
Page 43 :
§ Coran LX-8 : Dieu ne vous défend pas la bienfaisance et l'équité envers ceux qui n'ont pas combattu contre vous, et qui ne vous ont pas bannis de vos foyers. Il aime la justice.
[Cela veut dire que les musulmans peuvent, sans désobéir au Coran, se comporter de manière charitable et équitable envers ceux des non-musulmans qui ne les ont ni combattus ni chassés de leurs maisons, car Dieu est juste.]
§ Le Djihad (guerre sainte) est considéré par les musulmans comme une obligation individuelle et collective. Il est une obligation communautaire quand la nation de l'Islam est menacée dans son existence ou sa religion.
Des règles de guerre imposent alors aux combattants musulmans, sous le contrôle d'un juge qui veille au respect des lois du combat : loyauté, bravoure et justice pour les règles de base, qui s'accompagnent du respect pour la vie des vieillards, des femmes, des enfants, des savants, des religieux et des religieuses de toute confession. Ces lois prévoient aussi l'inviolabilité de tous les lieux de culte, les synagogues, les oratoires et les mosquées où le nom de Dieu est fréquemment invoqué.
Le vrai Djihad n'est donc pas cette "guerre sainte" aveugle dont on agite fréquemment l'épouvantail.
[Le Djihad n'est donc obligatoire que lorsque la nation de l'Islam est menacée dans son existence ou sa religion. Et même alors, il exclut l'assassinat aveugle de vieillards, femmes, enfants, etc. que pratiquent les terroristes.]
Pour les islamistes, les occidentaux, dont les Américains et leurs alliés juifs constituent les pires représentants, oppriment les musulmans, en leur volant leurs terres, leur pétrole, leurs droits et leur dignité. Et ils offensent Allah.
§ C'est ainsi qu'ils occupent, avec des bases militaires, le sol sacré de l'Arabie Saoudite, où "ils se répandent comme des sauterelles, dévorant ses richesses et détruisant ses plantations" [1]
[Ce reproche n'a jamais été fondé : il n'y avait aucun occidental dans les deux vill