Les OGM ne tuent pas, le ridicule non plus

 

Dans Le Figaro du 09/11/2004 page 11, l'article « Le tribunal de Toulouse veut aussi juger les complices de Bové » relate le procès curieux qui a eu lieu la veille.

 

Des « faucheurs volontaires » ont arraché une parcelle de maïs le 25 juillet 2004, sous les yeux des gendarmes qui ont laissé faire.

[Première anomalie : pourquoi les gendarmes n'ont-ils pas assuré la protection des biens, pourtant garantie par la République et pour laquelle nous payons des impôts ?]

 

233 « faucheurs » s'étant spontanément signalés à eux, les gendarmes ont identifié ces arracheurs au fur et à mesure sans les empêcher de poursuivre. Mais seuls 9 d'entre eux se sont retrouvés au tribunal, les autres n'ayant pas été inquiétés.

[Deuxième anomalie : de quel droit quelqu'un à la justice, la gendarmerie, la préfecture ou ailleurs dans les rouages de l'Etat décide-t-il que certains citoyens doivent être poursuivis et d'autres pas ? Et comment sont choisis ceux qui le sont ? Voyons, effet médiatique oblige, ceux qu'on traîne en justice sont les plus connus : José Bové, Noël Mamère, etc.]

 

Cette discrimination ne faisant pas l'affaire des « faucheurs », ils ont protesté et le tribunal leur a donné raison : l'audience a été reportée au 24 janvier 2005 pour juger « toutes les personnes »désignées complices de ce délit commis en réunion.

 

Ravis, les faucheurs ont déclaré que leur action anti-OGM violait la loi et utilisait la justice pour obtenir le maximum de publicité, parce que l'Assemblée nationale refusait de débattre du sujet.

[Troisième anomalie : voilà des élus (comme les députés Mamère et Onesta) qui prônent le viol de la loi pour faire entendre leurs revendications lorsque leurs collègues représentants du peuple ne veulent pas les entendre. Leur conception de la démocratie est surprenante : « si on refuse de débattre à l'Assemblée des sujets qui nous intéressent, nous élus violons la loi et détruisons des biens pour forcer la main à nos collègues ! » En somme, ils veulent obtenir par la violence ce qu'ils ne peuvent obtenir par débat démocratique.

A mon avis, une République qui ne fait pas respecter ses lois par ses élus, qui devraient donner l'exemple, va perdre le respect de ses citoyens.]

 

Mais le fond du débat est encore plus surprenant : voilà belle lurette que dans le reste de l'Union européenne, que dis-je, du monde, la cause des OGM est entendue, leur innocuité et leur intérêt sont reconnus. Voici un petit article encadré dans celui cité ci-dessus.

 

"Les OGM « surs pour la santé », selon une étude

 

Les organismes génétiquement modifiés (OGM), actuellement sur le marché, « doivent être considérés comme sûrs pour la santé humaine et animale ». Tel est le diagnostic livré la semaine dernière à Milan par dix-huit organisations scientifiques italiennes représentant, au total, plus de 10 000 chercheurs. Les auteurs de ce document, intitulé Sécurité alimentaire et OGM, ont passé au crible la littérature scientifique disponible sur le sujet. Ils estiment également que ces produits sont très surveillés et soumis à des règles de contrôle d'une rigueur sans précédent.

 

En juillet dernier, un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) aboutissait à des conclusions similaires et mettait même l'accent sur les bénéfices des OGM dans le domaine nutritionnel (riz enrichi en vitamine A) ou environnemental (réduction des pesticides)."

 

Cette information s'ajoute à une autre, chaque jour plus convaincante : depuis plus de quinze ans, 400 millions d'Américains du nord consomment des plantes OGM et s'en servent pour divers usages sans qu'on puisse déplorer même un cas de démangeaisons. Mais nos écolos français ne veulent pas le savoir, leurs certitudes idéologiques leur suffisent.

 

La poignée d'irréductibles français qui s'acharnent à lutter contre cette avancée de la science sont d'une mauvaise foi incroyable. En réalité ce sont tous des pseudo-écologistes, militants d'extrême gauche dont la motivation réelle est la lutte contre le capitalisme libéral, les OGM étant pour eux un symbole lié aux multinationales agroalimentaires. Comme les pastèques, ils sont verts à l'extérieur et rouges au cœur.

 

 

Daniel MARTIN

 

 

Retour page d'accueil