MAÏS OGM : nouvelle défaite pour les opposants
Mise à jour : 21/02/2005
L'avocate et ancien ministre Corinne Lepage, fondatrice de l'association anti-OGM Crii-Gen (Comité de recherches et d'information sur le génie génétique), avait donné le 22/04/2004 une interview au journaliste du Monde Hervé Kempf.
Suite à cette interview, le journaliste a publié dans Le Monde du 23/04/2004 deux articles :
§
"L'expertise confidentielle sur un inquiétant maïs
transgénique"
(http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-362061,0.html)
§
"Trois
questions à... Corinne Lepage"
(http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=850870)
Dans ces articles, Mme Corinne Lepage (se référant à la position de la CGB, Commission du génie biomoléculaire) déclarait au sujet du maïs transgénique MON 863 de Monsanto :
"Pour la première fois, on découvre que les experts admettent que l'ingestion d'OGM a des effets significatifs sur les animaux."
On retient de cette déclaration que :
§ Malgré près de vingt ans de consommation d'aliments transgéniques aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique par plus de 400 millions d'habitants sans le moindre incident de santé ;
§ Malgré des centaines de tests de nocivité en laboratoire, aucun effet nocif d'un aliment transgénique n'avait jamais été constaté sur un animal, puisque les résultats CGB dont se prévaut Mme Lepage sont les premiers.
Il s'avère aujourd'hui que les tests que citait Mme Lepage étaient sans valeur, selon l'article du Figaro du 26/11/2004, dont voici le titre et le sous-titre :
"OGM Remise en
cause de l'étude qui avait révélé des lésions rénales chez des rats",
"Fausse alerte sur un maïs transgénique"
Des scientifiques à la compétence incontestable ont étudié les conditions expérimentales des tests cités par Mme Lepage, et ont conclu qu'ils ne prouvaient nullement la nocivité du maïs transgénique MON 863.
L'article du Figaro a le mérite de rappeler la position unanime des autorités scientifiques sur ce maïs. On y lit ce qui suit :
"Dans un avis publié le 6 novembre 2003, l'AFSSA (1) considère que les différences constatées sur les rats soumis à un régime transgénique «sont sans signification biologique» et conclut que «la consommation» du maïs Mon 863, qui a la particularité de sécréter son propre insecticide (2) «ne présente pas de risques nutritionnels.»
"Le 19 avril dernier, soit quatre jours avant l'offensive médiatique [anti-OGM] du Crii-Gen [de Mme Lepage], l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) allait dans le même sens que l'AFSSA en se déclarant favorable à l'importation du maïs Mon 863 dans l'Union européenne."
"Le 14 septembre dernier, le verdict de deux pathologistes indépendants de renommée internationale, qui ont procédé à un nouvel examen des coupes histologiques des reins présentant des anomalies, est sans appel : ces lésions, dont le Crii-gen avait fait grand cas, sont «banales et fréquentes dans la plupart des souches de rat utilisées en toxicologie» et ne peuvent être associées à l'ingestion de maïs transgénique".
Concernant le poids des reins, plus faible chez les rats nourris au Mon 863, la Commission a requis l'avis du professeur André-Laurent Parodi, de l'École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. Ce scientifique explique que «les variations de poids constatées entrent dans la fourchette de la variabilité naturelle. Quant aux anomalies histologiques, je confirme qu'il s'agit bien de néphropathie chronique progressive, une affection qui se développe spontanément chez le rat à partir d'un certain âge, dont la prévalence est plus fréquente chez les mâles que chez les femelles et qui est sans rapport avec l'alimentation.»
"Compte tenu de ces nouvelles informations, les conclusions de la CGB sur le Mon 863, publiées hier sur son site Internet (3), ne sont évidemment plus les mêmes qu'il y a un an et rejoignent maintenant celles de l'AFSSA et de l'EFSA."
Conclusions
Les scientifiques sérieux sont donc unanimes : consommer du maïs transgénique MON 863 est sans danger, et cette consommation doit être autorisée dans l'Union européenne.
En France, l'opposition systématique aux OGM relève de la superstition anti-scientifique. Il est lamentable qu'au XXIème siècle il reste des gens qui refusent systématiquement, sans argument scientifique et par simple peur irraisonnée, un certain nombre de progrès de la science.
Non seulement leur combat d'arrière-garde a pour effet de retarder le progrès, mais il nous ridiculise auprès des peuples fiers de leur dynamisme économique et de leur avance scientifique, qui dépassent les nôtres de loin. Les Américains, qui profitent des OGM depuis près de 20 ans sans incident, réagissent à notre peur par le mépris !
Sources
(1) Agence française de sécurité sanitaire des aliments : http://www.afssa.fr
(2) En réalité, une protéine d'origine bactérienne, couramment utilisée en agriculture biologique.
(3) Avis CGM : http://www.ogm.gouv.fr/mise_marche/avis_scientifiques/pdf/AVDE029compl3_231104.pdf