Comment se défendre contre le terrorisme
islamiste :
Israël, Iran, Liban, Gaza, Syrie
Mise à jour : 07/08/2006
Table des matières
Origine et nature du Hamas et du Hezbollah
Les conflits à Gaza et au Liban en 2006
L'implication de l'Iran, de la Syrie et du Liban
Dénonciations de l'agression du Hezbollah
Ce que la démocratie a apporté à Gaza et au Liban
La démocratie dans les pays arabes
La responsabilité incontestable de l'Iran..
La logique des conflits entre pays
La logique des guerres asymétriques, entre un pays et des terroristes
Les occidentaux doivent s'unir contre le terrorisme
L'absence d'interlocuteur palestinien pour négocier
L'incapacité de raisonner de manière logique et objective
Impossible de négocier avec les terroristes
Réponse proportionnée, ou réponse adéquate ?
L'impossibilité d'exterminer les terroristes islamistes
Pourquoi des communautés sécrètent des terroristes
Que faire pour prévenir le terrorisme islamiste ?
Quelques réflexions stratégiques
La tentative de médiation du président Chirac en juillet 2006
§ Des élections démocratiques ont amené au pouvoir des terroristes : le Hamas (gouvernement entier) et le Hezbollah (2 ministres au gouvernement libanais).
§ Ces deux organisations ont été créées explicitement pour détruire Israël. Elles n'ont jamais accepté de négocier avec Israël ou même d'en reconnaître le droit d'exister ; au contraire, elles ont toujours commis des attentats contre des militaires et des civils israéliens.
Les deux organisations prétextent l'occupation de terres arabes pour justifier leurs actions. Comment se fait-il, alors, qu'elles n'aient jamais accepté les nombreuses propositions d'échange « terres contre paix » qui leur ont été faites, propositions que même M. Arafat avait refusées, bien que comportant 98 % de la Cisjordanie en plus de Gaza du temps du Premier ministre Ehoud Barak ? Comment se fait-il que le retrait d'Israël de Gaza et du Liban n'ait pas été considéré comme un pas dans la bonne direction, méritant au moins de négocier sérieusement le retrait de Cisjordanie ?
La vérité est que les Palestiniens ont toujours exigé plus qu'ils ne pouvaient obtenir : ils ont demandé qu'Israël leur cède en plus Jérusalem (sa capitale historique !), et que des millions de Palestiniens puissent revenir d'exil, rendant ainsi les juifs minoritaires dans leur propre pays. Le caractère inacceptable de ces exigences prouve qu'ils ont toujours préféré la guerre à la paix, malgré un demi siècle de défaites. Non, ni le Hezbollah ni le Hamas ne veulent la paix, à aucun prix.
§ Les deux organisations sont financées et armées par l'Iran et son vassal syrien.
§ Le Hezbollah est un parti politique chiite libanais dont la branche armée, qui compte quelques milliers de miliciens terroristes, est responsable des attentats et tirs de missiles contre Israël, qu'elle revendique clairement. Au Liban, le Hezbollah est un Etat dans l'Etat qui n'obéit au gouvernement central que lorsqu'il le veut bien, qui a sa propre force de l'ordre, ses écoles et hôpitaux ; sa branche armée est trop puissante (avec ses bunkers et ses milliers de missiles, dont certains portent à une centaine de kilomètres) pour que le gouvernement central, affaibli par ses divisions internes et dont l'armée comprend 30 % de chiites, puisse la désarmer.
§ En juin-juillet 2006, le Hamas et le Hezbollah ont enlevé des soldats israéliens, assassiné des civils israéliens et lancé des missiles sur la population israélienne et un navire israélien. Ces missiles ont fait des victimes et détruit des bâtiments.
§ Israël a répliqué par des bombardements massifs d'infrastructures à Gaza et au Liban, de véhicules susceptibles de transporter des terroristes et des armes, et de bâtiments divers. Il y a eu des centaines de victimes : quelques terroristes et beaucoup de civils.
§ Israël a provoqué un exode de centaines de milliers de chiites Libanais du sud vers le nord. Objectif : créer une zone de sécurité d'environ 20 km de large au nord de sa frontière, zone sans terroristes à occuper ultérieurement par l'armée libanaise et/ou des forces des Nations unies.
§ Alors que les missiles du Hamas sont bricolés et portent à quelques kilomètres de la bande de Gaza, ceux du Hezbollah sont des armes de guerre. Leur portée est de 20 km pour les plus petits, les Katiousha, et peut atteindre 150 km pour les plus grands. En outre, deux missiles sol-mer téléguidés ont atteint un navire de guerre israélien, en y tuant 4 marins. Il est clair que tous ces missiles militaires ont été fournis par l'Iran et ont transité par la Syrie.
§ Le président de l'Iran chiite, M. Ahmadinejad, a juré à plusieurs reprises et publiquement la destruction totale d'Israël. Son langage et son idéologie ont rappelé ceux de Hitler. Il a affirmé et mis en pratique son soutien financier et militaire au Hamas et surtout au Hezbollah, à qui il a envoyé argent, armes et conseillers militaires. Voici une photo d'un panneau publicitaire à Téhéran extraite de [11] ; on y voit la photo du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah au-dessus du slogan conforme à l'idéologie iranienne "Israel must be wiped out of the world" (Israël doit être rayé de la carte du monde) :

La Syrie, état très pauvre subventionné par l'Iran, est également pro-chiite et soutient le terrorisme islamiste en laissant transiter vers le Hezbollah libanais les armes et les spécialistes militaires iraniens, en plus des armes syriennes.
Le président et le gouvernement libanais sont favorables au Hezbollah et le soutiennent, comme l'a confirmé au Conseil de sécurité le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères M. Mohamad Issa [3]. Tous les Libanais ne soutiennent pas le Hezbollah, loin de là ; mais ceux qui s'opposent à ce parti et aux attentats de sa branche armée n'ont rien fait pour s'en débarrasser, même après le départ des troupes syriennes ; on peut donc leur reprocher au moins leur passivité, qui (vu les actes du Hezbollah) est une complicité coupable. C'est pourquoi Israël a eu raison d'attaquer l'armée libanaise, sans le soutien de laquelle le Hezbollah n'aurait pas pu déployer et lancer les gros missiles télécommandés sol-mer qui ont touché un navire israélien.
Il y a donc un axe chiite pro-terroriste Est-Ouest Iran-Syrie-Liban, qui profite de la continuité territoriale pour acheminer armes et conseillers vers le Hezbollah.
§ Responsabilité et initiative de l'Iran :
Le Hezbollah a pris l'initiative de l'enlèvement en Israël de 2 Israéliens et d'une attaque qui en a tué d'autres ; ce sont là des actes de guerre. Coïncidence : cette initiative a été prise à la veille de la réunion du G8, qui devait discuter du problème des armes nucléaires iraniennes.
Sachant que depuis une vingtaine d'années l'Iran travaille en secret - et au mépris de ses engagements internationaux - à se doter d'une bombe atomique et de missiles capables de la transporter ;
Sachant qu'avec une totale mauvaise foi l'Iran fait traîner les négociations sur un éventuel arrêt de son programme nucléaire depuis de longs mois pour gagner du temps, et qu'il voudrait éviter une condamnation formelle par le Conseil de sécurité des Nations unies ;
Il est évident que l'Iran a poussé le Hezbollah à lancer ses attaques contre Israël à la veille de la réunion du G8, pour détourner l'attention de son programme nucléaire et gagner du temps. Le Hezbollah ne pouvait se lancer dans un tel acte de guerre sans l'aval du pays qui l'arme, lui fournit les spécialistes militaires et le finance. A part l'Iran, personne d'autre n'avait d'influence sur le Hezbollah.
§ Le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 1559 [2], qui demandait en 2004 la dissolution et le désarmement des milices, donc de la branche armée du Hezbollah. Elle demandait aussi que le contrôle du gouvernement libanais s'étende à tout le pays, ce qui aurait permis aux forces libanaises d'empêcher le Hezbollah de déployer et de tirer ses missiles.
Mais comme cette résolution ne prévoyait ni délai ni sanction, elle est restée lettre morte. Ajoutons que les 2000 hommes déployés par les Nations unies dans le cadre de la FINUL (Force d'Intervention des Nations unies au Liban) ne font absolument rien : non seulement ils n'ont pu empêcher les attentats du Hezbollah, mais ils ont même du mal à se protéger eux-mêmes. L'impuissance de la FINUL contribue à faire ignorer les résolutions de Nations unies dans la région, et à faire mépriser cette organisation. Israël est donc en droit de considérer son action d'éradication du Hezbollah en 2006 comme justifiée par la résolution 1559 de 2004.
Dans sa résolution 1680 du 17/05/2006 [10], le Conseil de sécurité constate l'introduction au Liban d'armes à l'intention de milices et demande à nouveau que soient intégralement appliquées prescriptions de la résolution 1559 (donc le désarmement du Hezbollah).
§ Les pays arabes (Egypte, Arabie Saoudite, Jordanie, etc.) ont unanimement dénoncé les attaques irresponsables du Hezbollah.
§ Tous les membres du G8.
§ Le Président Chirac a clairement dénoncé les agressions du Hezbollah et du Hamas [4], ainsi que (sans les nommer) l'implication de l'Iran et de la Syrie.
Il a aussi dénoncé les réactions d'Israël, en les qualifiant de disproportionnées. Nous verrons plus bas que ce qualificatif traduit une incompréhension profonde de la nature du conflit.
§ Des opinions contradictoires chez les religieux sunnites [5] : certains ont condamné le Hezbollah, d'autres le soutiennent.
Les élections démocratiques à Gaza et en Cisjordanie ont amené au pouvoir un gouvernement du Hamas. Au Liban, elles ont permis au Hezbollah de participer au pouvoir. Les deux organisations ont eu pour politique, depuis leur création, la destruction d'Israël, en utilisant le terrorisme et les actes de guerre. Cette politique a provoqué des réactions d'Israël qui ont fait infiniment plus de victimes arabes que juives, et rendu leurs pays respectifs ingouvernables.
La stratégie américaine de transformation du Moyen-Orient en utilisant la force militaire et des élections ne peut pas réussir, comme je l'ai expliqué depuis 2004 dans "Etat de droit et démocratie, en France et ailleurs". Comme le remarque l'article "Ballots and Bullets" de [11], l'Iran et ses vassaux du Hezbollah et du Hamas recourent à la même stratégie : transformer la région en "mollarchie", par l'agression militaire et terroriste et les élections démocratiques au Liban et en Palestine. Cette stratégie ne réussira pas à chasser Israël de la région, ce pays disposant de trop de puissance militaire et de l'appui américain ; et tout l'Occident doit lutter pour qu'elle ne réussisse pas, non plus, à étendre la tyrannie religieuse iranienne au Liban et à l'Irak.
Si Israël n'a tiré de ses retraits unilatéraux de Gaza et du Liban sud que des attentats, des tirs de missiles et des enlèvements, comment attendre de ce pays qu'il continue à proposer des terres contre la paix ?
La démocratie dans les pays arabes en a pris un coup sérieux : à qui fera-t-on croire, après les expériences palestinienne et libanaise, que les dictateurs d'Egypte, d'Arabie Saoudite, etc. peuvent de nouveau tolérer des élections démocratiques, sachant qu'elles peuvent rapprocher des islamistes du pouvoir ? Bien au contraire, ces dictateurs vont serrer la vis comme jamais aux organisations islamistes, et étouffer toute expression démocratique. Depuis 1948, les Arabes ont perdu toutes les guerres contre Israël, et Saddam Hussein ses deux guerres contre les alliés. Pourquoi les maîtres actuels des pays arabes tenteraient-ils de nouveau l'aventure ? N'ont-ils pas plus à gagner dans la paix qui leur rapporte des dollars que dans la guerre qui leur rapporte la mort, la destruction et la honte de la défaite ?
La situation au Liban est si complexe qu'elle est incompréhensible pour un esprit un tant soit peu cartésien. Il existe officiellement 17 communautés au Liban. La condition de base de la démocratie - donner les mêmes droits à tous les citoyens - y est inapplicable, ne serait-ce que parce que chacune des 17 communautés a ses propres règles de droit appliquées par des tribunaux religieux ! Imaginez alors ce qui se passe lors d'un procès entre personnes membres de communautés différentes. Parmi les musulmans, les plus nombreux - et ceux qui ont la plus forte natalité - sont les chiites, représentant entre 30 et 50 % de la population totale du pays (les chiffres exacts ne sont pas connus !) Le principe de gouvernement appliqué au Liban consiste à représenter toutes les communautés dans le parlement et l'exécutif, et à espérer que leurs représentants se mettront d'accord ; ce principe aboutit, en pratique, à l'impuissance, ce qui a permis la domination syrienne pendant tant d'années et la prépondérance du Hezbollah aujourd'hui.
Pour un complément d'analyse des conditions de la démocratie dans les pays musulmans, voir aussi "Etat de droit et démocratie, en France et ailleurs".
Les mollahs iraniens prétextent la cause palestinienne pour armer le Hezbollah et lui faire commettre des agressions transfrontalières, qui constituent par définition des actes de guerre. Cela leur permet à la fois de tuer des juifs, de lutter contre les amis américains d'Israël, et de détourner l'attention de leur effort d'armement nucléaire. Et comme ils combattent par terroristes interposés, ils peuvent prétendre n'avoir aucune responsabilité dans l'agression du Hezbollah.
Lorsqu'il y a un conflit entre deux pays, qui ont chacun un territoire, une population et un gouvernement, une négociation est toujours souhaitable. S'ils se font la guerre, chacun peut subir des destructions et avoir des victimes. Toute guerre entre deux pays se termine, qu'il y ait ou non un vainqueur, par une négociation.
Il n'en va pas de même lorsque des terroristes islamistes attaquent un pays, en y commettant des attentats ou même des actes de guerre comme ceux du Hezbollah : les terroristes n'ont pas de territoire à défendre et ils sont prêts à faire tuer des milliers de leurs sympathisants.
Pour tuer quelques juifs, ils sont prêts à sacrifier des dizaines de musulmans, y compris parmi leurs propres partisans et éventuellement par attentats-suicides. Ils sont prêts à subir la destruction de leurs maisons et les assassinats ciblés de leurs militants, assassinats souvent accompagnés de victimes collatérales.
Le Hamas est prêt à renoncer à l'aide financière internationale, qui permet aux Palestiniens d'acheter de quoi manger et de payer leurs fonctionnaires, plutôt que de reconnaître le droit d'Israël à exister en paix.
Les missiles lancés contre Israël n'ont aucune valeur militaire, du fait de leur manque total de précision. Mais les terroristes les utilisent contre des grandes villes, où les destructions sont certaines et où ils terrorisent les civils et les empêchent de travailler et vivre normalement. Ce sont donc des armes de terreur.
La logique d'utilisation de telles armes n'est donc pas militaire, mais terroriste. Elle espère un impact médiatique. On ne peut donc pas comparer cette logique de terreur anti-population avec les frappes ciblées des militaires israéliens, frappes qui visent des terroristes, avec leurs dépôts d'armes, leurs locaux et leur infrastructure, et dont les victimes civiles sont seulement collatérales.
Du reste, a-t-on considéré comme barbares les alliés, qui pendant le deuxième guerre mondiale ont écrasé les villes allemandes sous des tapis de bombes, faisant des centaines de milliers de victimes, pour briser la capacité militaire des nazis ?
Pourquoi considérer les terroristes islamistes comme des résistants et les armées qui les combattent comme des criminels ?
Les terroristes du Hamas et du Hezbollah attaquent Israël à partir de caches situées dans des maisons particulières, des garages, des écoles, des mosquées, des hôpitaux ou des tunnels creusés sous ces bâtiments. Ils savent que la riposte militaire à leurs attaques atteindra donc nécessairement des civils, et ils espèrent que la médiatisation des souffrances de ces civils leur attirera la sympathie de millions de téléspectateurs. Ils sacrifient donc délibérément leurs concitoyens, hommes, femmes et enfants, pour cet impact médiatique. Ce sont donc des barbares.
Les terroristes islamistes ne partagent donc pas notre valeur fondamentale de respect de la vie. Nous ne pouvons pas comprendre comment un musulman accepte de se faire sauter avec un véhicule bourré d'explosifs devant une mosquée irakienne pour tuer d'autres musulmans, hommes, femmes et enfants qu'il ne connaît même pas, au nom de la haine entre chiites et sunnites.
Les terroristes islamistes méprisent même la logique militaire qui voudrait qu'on n'entreprenne que des actions qui font plus de mal à l'ennemi qu'à soi-même.
Cette absence de valeurs communes entre eux et nous tous, occidentaux en général et juifs en particulier, fait qu'aucune base de départ n'existe pour négocier avec eux : il est donc impossible de négocier avec des terroristes islamistes.
Et comme ils ont juré la mort par éradication totale (ce sont les propres mots de M. Ahmadinejad) d'Israël, ce pays n'a pas d'autre choix qu'une guerre totale aux terroristes. Une telle guerre ne peut avoir comme objectifs que la mort ou la paralysie de tous les terroristes, qu'il s'agisse des "miliciens" du Hamas ou du Hezbollah, ou des terroristes d'Etat iraniens ou syriens.
Il y a eu des attentats islamistes aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne (Munich, attentat palestinien aux jeux olympiques de 1972), au Maroc, etc. Les terroristes islamistes (groupuscules, milices ou terrorisme d'Etat) veulent la fin de nos démocraties.
Nous devons donc nous unir contre eux, sans pratiquer des manœuvres d'obstruction comme celle du trio France-Allemagne-Russie en 2003, qui a tenté d'empêcher l'invasion de l'Irak pour garder Saddam Hussein au pouvoir. L'erreur des Américains, en 2003 et jusqu'à ce jour, a été de tenter d'instaurer la démocratie en Irak, en espérant qu'elle s'étendrait ensuite aux autres pays arabes, pas de débarrasser le monde d'un dictateur fauteur de guerre et assassin de son propre peuple comme Saddam Hussein.
Heureusement, la coopération antiterroriste fonctionne bien dans la discrétion, des spécialistes de classe internationale comme le juge antiterroriste Bruguière échangeant souvent ses renseignements avec ses collègues américains, anglais, etc. Il reste à tous les pays démocratiques à aider ensemble Israël à débarrasser le monde des terroristes du Moyen-Orient, au lieu de lui demander de modérer ses bombardements en espérant secrètement qu'il fasse le sale travail à leur place, ou au lieu d'attendre des Nations unies un cessez-le feu sans lendemain.
Dans tout pays abritant des terroristes il y a des gens raisonnables, souvent victimes de ces terroristes. Nous allons maintenant voir quel rôle ils jouent, ou peuvent jouer.
Il n'y a pas, en Palestine, une organisation armée islamiste, mais plusieurs qui s'entretuent à l'occasion [1]. Tout accord négocié avec l'une de ces organisations est immédiatement dénoncé par d'autres. C'est pourquoi, aussi, le président élu Mahmoud Abbas, un modéré, n'a aucune autorité, bien qu'il dispose lui aussi d'une milice : les Palestiniens sont incapables de s'entendre. Ce phénomène de mésentente chronique entre Arabes est évoqué dans [5] et [7].
Un des plus grands problèmes de tout processus de paix au Moyen-Orient est l'absence d'interlocuteur crédible côté Palestinien. Si on conclut un accord avec un homme de bonne volonté comme le président Mahmoud Abbas, certains de ses compatriotes ne se sentiront pas liés par cet accord et continueront leurs attentats.
Incapables de s'entendre, les Palestiniens sont aussi incapables de raisonner logiquement et de négocier quoi que ce soit, y compris avec d'autres musulmans, lorsqu'il s'agit des relations avec Israël. Voilà des années que leurs mésententes et leurs attentats anti-israéliens leur font subir défaite sur défaite et les maintiennent dans la misère, et ils sont incapables d'en tirer la conséquence logique : le terrorisme ne paie pas, ne résout rien, et n'apporte que du malheur.
Toute sa vie M. Arafat a cru à une solution terroriste au problème palestinien, toute sa vie il a échoué, au prix de dizaines de milliers de victimes innocentes.
Les pays arabes, leurs frères de langue et de religion, ne font rien pour aider les Palestiniens politiquement ou militairement. Ils ne leur donnent que des miettes de leurs immenses revenus pétroliers, même lorsqu'ils souffrent de la faim faute de dons internationaux depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas. Malgré cela, les Palestiniens sont incapables d'en déduire que leur cause n'intéresse aujourd'hui aucun pays. En fait, elle n'intéresse que l'Iran - et encore depuis peu - et seulement en tant que moyen de lutter contre Israël par peuple interposé.
Aucun geste de bonne volonté d'Israël n'est interprété correctement par les Palestiniens, même lorsqu'il satisfait en partie leur revendication première, la fin de l'occupation de terres arabes. C'est ainsi que les évacuations par Israël du Liban sud et de Gaza ont été interprétées par les extrémistes arabes comme des marques de faiblesse, qu'ils ont récompensées en tirant des missiles et en continuant leurs attentats. Comme toute démocratie, Israël a parmi ses courants d'opinion des faucons, qui en ont déduit que ces évacuations étaient des erreurs, à réparer d'urgence en réoccupant ces territoires par la force.
L'incapacité de raisonner objectivement caractérise tous les terroristes islamistes : la Hamas, le Hezbollah, al Qaida, les mollahs iraniens, etc. Tous sont des nihilistes, qui tuent des infidèles pour les tuer, qui n'ont pas de modèle économique viable et aucune solution aux problèmes de misère et de surpopulation des pays musulmans. Beaucoup rêvent d'une société comme le califat des 7e et 8e siècles, société esclavagiste où les femmes sont des êtres inférieurs et les infidèles des citoyens de seconde classe [8].
Parce qu'ils ne partagent pas nos valeurs, nous ne pouvons pas négocier avec les terroristes islamistes. D'ailleurs quoi négocier ? Notre droit de vivre sans être musulmans, sans être des citoyens de seconde classe dans un califat ? Et avec qui négocier, sachant que jamais les divers mouvements terroristes ne s'entendent entre eux sur des choix politiques ? Si l'un d'entre eux accepte un accord avec nous, d'autres le dénoncent.
La situation est donc celle-ci : le « processus de paix » promu par le "Quartette" (Etats-Unis, Union européenne, ONU et Russie) est mort faute d'interlocuteur palestinien : il n'en existe pas qui ait assez d'autorité pour être crédible dans une négociation. Les terroristes du Hamas et du Hezbollah ont juré la destruction d'Israël et entrepris de tuer autant de juifs que possible et on ne peut négocier avec eux.
Quand on ne peut négocier avec un ennemi mortel, il ne reste qu'une solution : l'empêcher de nuire. Si on peut le faire sans tuer trop d'innocents, sans détruire trop de biens, il faut le faire ; mais s'il faut une guerre totale, comme celle que ces terroristes nous ont déclarée, il faut s'y résoudre et les tuer. Voilà pourquoi presque tous les pays reconnaissent le droit d'Israël à se défendre, c'est-à-dire à défendre la vie et les biens de ses citoyens des attentats terroristes.
Dans les pays occidentaux on a beaucoup entendu l'adjectif « disproportionnée ! » à propos de la réaction militaire d'Israël. Le président Chirac, par exemple, l'a utilisé le 14 juillet 2006 [4]. Mais si c'était Strasbourg qui avait été bombardée et Paris menacé par des terroristes ayant juré de détruire la France parce qu'elle « occupe la Corse », aurait-il admis qu'on trouve disproportionnée une réaction militaire violente de la France ?
Mais lorsqu'en réponse à l'évacuation du Liban sud par Israël le Hezbollah s'est fait livrer des milliers de missiles, M. Chirac a-t-il trouvé cette réponse disproportionnée ? Lorsqu'Israël a laissé le Hezbollah s'armer ainsi sans réagir, sa réponse a-t-elle été disproportionnée ? Israël n'a frappé fort que lorsqu'il a compris que ses villes étaient menacées par des fous qui méprisent la vie humaine, fous qu'on ne peut raisonner et qu'il faut donc empêcher de nuire. Israël ne bombarde que des cibles où ses militaires ont des raisons de croire qu'il y a des terroristes ou des armes, par exemple suite à des photos prises par des drones. J'ai vu personnellement, à la télévision, un lance-missiles à tubes multiples surmonté d'un drapeau du Hezbollah et placé contre un bâtiment, dans un village ; peut-on s'étonner que ce village soit ensuite bombardé et qu'il y ait des victimes civiles ?
Toute action "proportionnée" contre des terroristes, donc qui en laisse survivre comme les retraits d'Israël de Gaza ou du sud Liban, est interprétée par eux comme une preuve de faiblesse et un encouragement à poursuivre leurs attentats. Elle est interprétée comme le retrait piteux des Russes d'Afghanistan, ou des Américains de Somalie en mars 1994 après l'échec de la négociation avec les milices terroristes locales.
La vérité est que les gens qui parlent de disproportion en matière de réaction au terrorisme islamiste n'en ont pas compris la menace, ou en ont oublié les attentats en Occident : ces terroristes ont déclenché une guerre de religion contre nous, une guerre d'extermination à laquelle nous ne pouvons répondre que par leur propre extermination, puisqu'aucune négociation n'est possible. Ces terroristes s'appellent Hezbollah au Liban, Hamas à Gaza et simplement « islamistes » à New York, Londres ou Madrid. Même Paris a été victime de 13 attentats islamistes par des terroristes pro-iraniens en 1985 et 1986 : l'a-t-on oublié ? Et les autres attentats musulmans en France, les a-t-on aussi oubliés ?
Les tenants d'une réponse proportionnée d'Israël font aussi une faute de raisonnement. La proportionnalité est préconisée en justice pour punir un méfait proportionnellement à sa gravité. Mais en matière de terrorisme, il faut une réaction proportionnelle à la menace - en l'espèce, une menace de mort sur Israël - et non aux méfaits, l'enlèvement de deux soldats et quelques attentats assassins.
Au sujet de la disproportion, je laisse le dernier mot à Bernard-Henri Lévy, qui écrit dans Le Point n° 1768 du 3 août 2006 :
"Si légitime que soit l'émotion mondiale face aux soixante morts de Cana, il est difficile de ne pas poser une toute dernière question. Où étaient-ils, les manifestants du Caire ou même de Paris quand Poutine assassinait deux cent mille civils tchétchènes ? Pourquoi les entendait-on si peu quand ce sont les musulmans du Darfour ou de Bosnie que l'on exterminait ? En vertu de quelle logique les mêmes acceptent-ils, sans états d'âme, les soixante morts par jour, donc le Cana quotidien, de la guerre civile irakienne ? Pour ceux-là, quand des musulmans sont égorgés par d'autres musulmans à la porte d'une mosquée, c'est un fait divers. Quand c'est l'Etat juif qui endeuille un village libanais, ce serait un crime contre l'humanité."
Le problème que soulève la stratégie antiterroriste d'Israël n'est pas la proportionnalité de sa réponse militaire, c'est son adéquation. Il semble, au bout d'une vingtaine de jours de bombardements intensifs, que ceux-ci n'empêchent guère le Hezbollah de continuer ses propres bombardements de civils israéliens. Il est donc fort probable que cette stratégie n'est pas adéquate ; si Israël veut désarmer le Hezbollah, il doit en plus envahir le Liban et s'y battre, maison par maison, avec les fous de Dieu. Mais cela coûterait la vie à beaucoup de jeunes soldats israéliens. Israël doit donc choisir entre une stratégie inefficace et qui lui vaut la réprobation du reste du monde, et une stratégie coûteuse en vies humaines.
En Afghanistan, la victoire contre les talibans a été totale : ils ont été chassés du pouvoir et un régime démocratique les a remplacés (sur la pérennité douteuse de cette démocratie voir "Etat de droit et démocratie, en France et ailleurs"). Mais comme on n'a pas éliminé tous les talibans, faute d'un génocide massacrant des millions d'Afghans innocents, les talibans réapparaissent aujourd'hui, sécrétés par la population afghane.
Qui peut prétendre qu'il fallait négocier avec les talibans qui abritaient al Qaida ?
Qui peut prétendre que c'était possible ?
Qui peut prétendre qu'en retenant nos frappes contre ce régime islamiste on aurait pu éliminer la menace al Qaida ?
Qui peut prétendre, enfin, qu'une réaction mesurée contre al Qaida et/ou les talibans aurait diminué la menace sur le monde occidental, auquel Ben Laden avait déclaré une guerre d'extermination par écrit ? [9]
Il est donc important de comprendre pourquoi des populations sécrètent des terroristes islamistes, pour trouver une éventuelle politique préventive de ce terrorisme.
Depuis un an les enquêteurs anglais travaillent à comprendre les motivations des quatre attentats du métro et de l'autobus de Londres. Trois des quatre terroristes étaient des Anglais, nés en Angleterre de parents immigrés. Le quatrième était un résident anglais en situation régulière, né à la Jamaïque. Parmi leurs proches et leurs voisins personne ne se doutait de leurs sympathies terroristes.
Des enquêtes similaires aux Pays-Bas et au Canada ont révélé des profils de terroristes similaires parmi les membres des communautés musulmanes de ces pays.
Il semble que ce qui a poussé le chef des terroristes anglais de Londres et un de ses acolytes à aller se faire endoctriner et former au terrorisme au Pakistan, c'est l'invasion et l'occupation de l'Irak par les Américains et les Anglais. Voilà donc des citoyens britanniques, fils d'immigrés bien intégrés, qui sont devenus des terroristes, assassins de leurs concitoyens, sans avoir jamais souffert de leur vie au Royaume-Uni, par pure conviction intellectuelle. Ils ont trouvé leur idéologie de mort dans les mosquées anglaises et pakistanaises et sur Internet, où ils ont aussi trouvé les plans de fabrication de leurs bombes.
Une autre raison de leur colère est la multiplication des contrôles de police, et la loi anglaise permettant de détenir en prison pendant 90 jours sans accusation formelle toute personne soupçonnée de terrorisme.
Autre exemple : en juillet 2006 aux Etats-Unis, un citoyen américain d'origine pakistanaise est allé assassiner des juifs dans un bâtiment où ils se réunissaient, simplement parce qu'ils étaient juifs et qu'il avait décidé qu'il devait en tuer.
Il semble donc qu'en Occident, comme en Afghanistan et dans d'autres pays musulmans, un petit nombre de jeunes soient prêts à basculer dans le terrorisme au nom d'un islam mal compris, sous l'influence de mollahs pousse-au-crime et de textes Internet. La faiblesse de leurs facultés de jugement est évidente : comment pouvaient-ils préférer à la tentative d'établir la démocratie en Irak la tyrannie d'un Saddam Hussein, qui assassinait par centaines de milliers ses propres concitoyens, essentiellement des musulmans chiites ou des Kurdes, et envahissait les pays musulmans voisins ? Pourquoi préféraient-ils mourir dans un attentat-suicide contre des concitoyens anglais, dont certains étaient musulmans comme eux ? Pourquoi leur idéologie de mort, nihilisme qui ne résout aucun problème ?
Nous savons donc que dans tout pays où il y a des musulmans, en Occident comme en Afrique, en Asie et aux Etats-Unis, un petit nombre de jeunes deviennent spontanément assez fous pour se transformer en terroristes assassins, en fous qui invoquent un islam mal compris pour tuer et vouloir détruire notre société non musulmane.
Puisque les prétextes qu'ils invoquent pour leurs attentats sont tout sauf convaincants, il n'existe pas d'action préventive réaliste pour les identifier et prévenir leur folie. Pourquoi des jeunes d'autres religions, chrétiens, juifs, hindouistes ou bouddhistes, ne sont-ils pas atteints par ce mal ? Peut-être parce que les autres religions n'ont pas autant tendance que l'islam à persuader leurs fidèles qu'ils sont victimes du reste du monde ; peut-être parce qu'elles encouragent leurs fidèles à s'intégrer dans le monde, au lieu de tenter de le convertir et de le combattre à mort s'il refuse ; peut-être parce qu'elles ne consacrent pas l'essentiel de l'enseignement scolaire à l'étude du Coran, texte extrêmement ancien qui n'apporte pas à lui seul la formation scientifique et technique nécessaire à un métier et à un raisonnement logique…
Dans ces conditions, je ne vois pas quelle politique et quelles actions concrètes pourraient empêcher un certain nombre de jeunes sans repères à devenir des terroristes islamistes. Il faudrait, par exemple, remplacer l'enseignement essentiellement religieux professé dans beaucoup de pays musulmans par un enseignement laïc, et y propager une culture laïque, neutre par rapport aux religions et philosophies ; mais franchement, une politique volontariste en ce sens me paraît irréaliste, car elle serait combattue par trop d'habitants de ces pays.
On peut aussi rêver que le développement des communications (télévision, Internet et publications diverses) pourrait peu à peu amener ceux des musulmans qui sont fondamentalistes à changer de système de valeurs, en quelques générations et sans pression extérieure…
On peut aussi, tout en combattant sans merci les terroristes identifiés et les pays qui les abritent, partout dans le monde, essayer d'isoler nos pays majoritairement non musulmans. Il s'agirait alors d'édifier des barrières de séparation : murs comme ceux dont s'entoure Israël, restrictions draconiennes aux voyages des citoyens de pays peu sûrs vers les nôtres… en somme sacrifier un peu de notre liberté et de nos idéaux à notre sécurité.
On devrait en tout cas faire de gros efforts pour diminuer la dépendance des pays occidentaux vis-à-vis du pétrole. Non seulement cela nous permettrait de moins financer le terrorisme, mais cela diminuerait la pollution atmosphérique. Et nous aurions moins besoin, alors, de protéger militairement nos approvisionnements en pétrole, protection qui nous coûte extrêmement cher.
Mais le problème d'Israël est immédiat, et ce pays ne peut compter sur aucun de ces espoirs. On lui suggère de négocier, ce qui n'est possible qu'avec des gouvernements, pas avec des terroristes qui n'ont pas d'interlocuteur crédible et ne respectent pas leur parole. S'il ne négocie pas, il doit tenter d'éliminer ses ennemis jusqu'au dernier, ce qui n'est ni possible ni même moralement acceptable. Certains politiciens proposent qu'une force internationale, nombreuse et lourdement armée, désarme le Hezbollah et l'empêche ensuite de nuire. Mais quel gouvernement enverra ses soldats se faire tuer par des terroristes pour sauver Israël et la paix ?
Il est certain qu'une zone tampon militarisée d'une vingtaine de kilomètres protégeant la frontière nord d'Israël contre des infiltrations terroristes va dans le sens de la sécurité de ce pays. Mais de telles zones ont déjà été instaurées par le passé sans résoudre totalement le problème. Et aujourd'hui, avec des missiles portant à plus de 100 km, une zone tampon de quelques dizaines de kilomètres ne protégerait pas les villes du nord d'Israël, ni peut-être Tel-Aviv et Jérusalem.
La sécurité d'Israël exige donc d'empêcher le transit d'armes de guerre depuis la Syrie. Pour cela, Israël détruit les aéroports, les routes et les ponts du Liban. Mais outre que ces infrastructures seront tôt ou tard reconstruites, tant que la Syrie restera un vassal de l'Iran chiite qui a juré la destruction d'Israël, les terroristes libanais disposeront de bases, de conseillers, de financements et d'armes.
A moins de trouver un moyen diplomatique d'inverser l'alliance entre Damas et Téhéran, comme les Etats-Unis tentent de le faire en 2006, le régime syrien devrait être remplacé par un régime favorable à la paix et non aux terroristes, quitte à faire la guerre à son armée en état d'extrême faiblesse. L'Iran serait alors privé du moyen d'alimenter le Hezbollah, le Liban pourrait enfin devenir indépendant, et les infiltrations de terroristes et de matériel en Irak à travers la frontière syrienne pourraient cesser. Ce qui manque pour une expédition militaire à Damas (située à 60 km de la frontière israélienne), c'est d'abord un bon prétexte…
Le président Chirac veut que l'Union européenne envoie M. Solana, qui fait fonction de ministre des affaires étrangères de l'Union, faire la navette entre les parties prenantes du conflit libanais pour obtenir un cessez-le-feu. Cette initiative est parfaitement illusoire, car au moment où j'écris ce texte, le 23/07/2006 :
§ Israël et le Hezbollah ne veulent pas dialoguer, chacun voulant une victoire militaire.
§ L'Union européenne n'a rien à offrir à Israël, ni aucun moyen de pression. Israël veut d'abord finir de « faire le ménage » et détruire tous les bunkers et tous les missiles du Hezbollah voisins de sa frontière, ainsi que toutes les infrastructures de transport du pays.
Ensuite, Israël acceptera probablement qu'une force internationale, sous mandat des Nations unies et avec assez de pouvoir pour s'opposer par la force aux terroristes du Hezbollah, vienne occuper la zone tampon nettoyée par ses militaires, éventuellement à côté d'une force libanaise d'où le Hezbollah aurait été exclu. Mais les Nations unies sont-elles capables de se mettre d'accord sur une force capable de se faire respecter militairement par des terroristes qui ne respectent rien ?
§ L'Union européenne n'a rien à offrir au Hezbollah, qui ne prend ses ordres qu'à Téhéran.
§ Téhéran n'accepterait de calmer les Hezbollah et de cesser de financer les terroristes du Hamas qu'en échange de la seule promesse qui compte aux yeux de ses mollahs : celle de pouvoir développer en paix sa bombe atomique et les missiles nécessaires pour la transporter.
L'Iran n'obtiendra pas une telle promesse, il le sait et compte s'en passer parce qu'il se sait indispensable : le monde ne peut se passer du pétrole iranien, dont l'absence ferait exploser les prix mondiaux. Une forte hausse de ces prix priverait d'abord les pays pauvres de carburant, les plongeant dans une crise économique grave parce qu'ils ne peuvent le payer cher en dollars. Mais elle provoquerait aussi une récession en Occident, dont elle absorberait une part significative du PIB.
La tentative de M. Chirac de convaincre les Israéliens et les terroristes de cesser de s'entretuer est donc une simple action médiatique d'un Président en fin de mandat, voulant montrer aux électeurs crédules qu'il existe toujours. Elle est inutile, aussi inutile que les envois de ministres (M. de Villepin, M. Douste-Blazy) sur place faire des déclarations sans portée pratique, proférer des paroles qui s'envolent avec le vent.
[1] Groupes armés palestiniens, tantôt unis contre Israël, tantôt s'entre-tuant :
§ Hamas, qui gouverne (?) les territoires palestiniens à la suite des élections démocratiques. Ce mouvement est dirigé par Khaled Meshal, en exil à Damas ;
§ Brigades Ezzedine al-Qassam, refusant l'autorité du gouvernement du Hamas tout en se réclamant du Hamas (!), et qui ont enlevé un caporal israélien ;
§ Brigades Saladin, bras armé des Comités de Résistance Populaire ;
§ Armée de l'islam ;
§ Brigades des martyrs al-Aqsa, branche armée du Fatah, proche du président Mahmoud Abbas ;
§ etc.
[2] Résolution 1559 des Nations unies du 02/09/2004 :
§ Texte en français : http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N04/498/93/PDF/N0449893.pdf?OpenElement
§ Texte en anglais, contenant des commentaires : http://www.un.org/News/Press/docs/2004/sc8181.doc.htm
Demandes du Conseil de sécurité (extraites du texte français) :
"1. Demande à nouveau que soient strictement respectées la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’unité et l’indépendance politique du Liban, placé sous l’autorité exclusive du Gouvernement libanais s’exerçant sur l’ensemble du territoire libanais ;
2. Demande instamment à toutes les forces étrangères qui y sont encore de se retirer du Liban ;
3. Demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées ;
4. Soutient l’extension du contrôle exercé par le Gouvernement libanais à l’ensemble du territoire du pays ;
5. Se déclare favorable à ce que les prochaines élections présidentielles au Liban se déroulent selon un processus électoral libre et régulier, conformément à des règles constitutionnelles libanaises élaborées en dehors de toute interférence ou influence étrangère ;
6. Demande instamment à toutes les parties concernées de coopérer avec lui pleinement et sans attendre afin que la présente résolution et toutes les résolutions relatives au plein rétablissement de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance politique du Liban soient appliquées intégralement ;"
[3] Commentaires du secrétaire général du ministère libanais des affaires étrangères et des émigrants (traduits du texte anglais [2]) :
"MOHAMAD ISSA, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères et des Emigrants du Liban, a déclaré « qu'il n'y a pas de milices au Liban. Il n'y a que la résistance nationale libanaise, apparue après l'occupation israélienne et qui continuerait son combat aussi longtemps qu'Israël resterait au Liban. La force de résistance existe aux côtés des forces nationales libanaises. C'est le Liban qui a déterminé la présence et l'effectif de cette force d'après les besoins du pays."
[4] Extraits de l'interview du président Chirac du 14/07/2006
"Je trouve, honnêtement, comme l'ensemble des Européens, que les réactions actuelles sont tout à fait disproportionnées."
"…parmi les objectifs essentiels, il y a de la part du Hezbollah, de la part du Hamas, la nécessité de cesser ce qui est inadmissible, inacceptable et irresponsable. Les tirs de fusée sont réguliers maintenant, à partir du territoire palestinien sur Israël, ce qui n'est pas acceptable. Il y a donc une espèce de processus qui est porté d'une part par le Hamas et d'autre part par le Hezbollah et qui, dans le système provocation/répression, risque de nous amener, Dieu seul sait où, et en tous les cas, de mener le Liban au drame. Ces gens sont absolument irresponsables, notamment à l'égard des populations du Liban."
"…j'ai le sentiment, pour ne pas dire la conviction, que le Hamas de son côté, le Hezbollah du sien, ne peuvent pas avoir pris ces initiatives tout à fait seuls et que, par conséquent, il y a quelque part un soutien de la part de telle ou telle nation."
[5] The New York Sun du 20/07/2006 http://www.nysun.com/article/36373, article "Leading Saudi Sheik Pronounces Fatwa Against Hezbollah".
On y apprend les sunnites sont divisés sur le soutien à apporter au Hezbollah.
§ Le cheikh Abdullah ben Jabreen, un des hommes les plus saints du sunnisme wahhabite d'Arabie Saoudite, a déclaré dans une fatwa (jugement religieux) contraire à la loi islamique de soutenir le Hezbollah, d'en faire partie ou de prier pour lui.
§ Les Frères Musulmans (dont la branche française - décrite dans [6] - s'appelle UOIF, Union des organisations islamiques de France) ont organisé une manifestation à la très respectée mosquée al-Azhar du Caire le 21/07/2006 pour soutenir le Hezbollah.
[6] Numéro hors série de la revue "Cités" intitulé "L'Islam en France", publié aux PUF en mars 2004. En 733 pages sous la direction de Yves Charles Zarka, cet ouvrage rassemble des textes écrits par 78 auteurs, ou relatant leurs interviews. Chaque auteur est, à l'évidence, qualifié pour donner son opinion sur le sujet, de par ses recherches, ses diplômes, ses fonctions ou son expérience.
Je ne crois pourtant pas cet ouvrage complètement représentatif des opinions des musulmans, parce qu'il ne fait rien dire à certains, pourtant connus, comme le recteur Boubakeur et M. Tarik Ramadan. Je ne suis donc pas sûr de son objectivité, mais plutôt qu'il défend les arguments en faveur d'une bonne intégration des musulmans en France. Pour plus de détails, voir "L'Islam en France".
[7] Commentaire sur la mentalité systématiquement hostile des arabes, fait par un islamologue dans une émission "C dans l'air" sur le terrorisme arabe :
"Moi contre mon frère ; moi et mon frère contre mon cousin ; moi, mon frère et mon cousin contre l'étranger..."
[8] "Etude Le terrorisme islamiste : idéologie, exigences et attentats"
§ Sa fatwa de 1998, appelant à tuer tous les Américains et leurs alliés : http://www.mideastweb.org/osamabinladen2.htm , page téléchargée le 13/08/2004. En voici un extrait :
"…in compliance with God's order, we issue the following fatwa to all Muslims:
The ruling to kill the Americans and their allies -- civilians and military -- is an individual duty for every Muslim who can do it in any country in which it is possible to do it, in order to liberate the al-Aqsa Mosque and the holy mosque [Mecca] from their grip, and in order for their armies to move out of all the lands of Islam, defeated and unable to threaten any Muslim. This is in accordance with the words of Almighty God, "and fight the pagans all together as they fight you all together," and "fight them until there is no more tumult or oppression, and there prevail justice and faith in God."
This is in addition to the words of Almighty God "And why should ye not fight in the cause of God and of those who, being weak, are ill- treated (and oppressed) -- women and children, whose cry is 'Our Lord, rescue us from this town, whose people are oppressors; and raise for us from thee one who will help!'"
We -- with God's help -- call on every Muslim who believes in God and wishes to be rewarded to comply with God's order to kill the Americans and plunder their money wherever and whenever they find it. We also call on Muslim ulema, leaders, youths, and soldiers to launch the raid on Satan's U.S. troops and the devil's supporters allying with them, and to displace those who are behind them so that they may learn a lesson."
§ Sa lettre à l'Amérique, publiée dans The Observer du 24/11/2002, téléchargée le 15/08/2004 de la page http://observer.guardian.co.uk/worldview/story/0,11581,845725,00.html
Cette lettre est une longue suite d'accusations très graves et injurieuses contre les Etats-Unis. En voici des extraits qui expliquent quelques-unes des raisons de la haine des islamistes pour les Etats-Unis, et à travers eux tous les occidentaux, parce qu'ils partagent la même civilisation :
"You are the nation that permits Usury, which has been forbidden by all the religions. Yet you build your economy and investments on Usury. As a result of this, in all its different forms and guises, the Jews have taken control of your economy, through which they have then taken control of your media, and now control all aspects of your life making you their servants and achieving their aims at your expense..."
"You are a nation that permits acts of immorality, and you consider them to be pillars of personal freedom."
"You are a nation that permits gambling in its all forms. The companies practice this as well, resulting in the investments becoming active and the criminals becoming rich."
"You are a nation that exploits women like consumer products or advertising tools calling upon customers to purchase them. You use women to serve passengers, visitors, and strangers to increase your profit margins. You then rant that you support the liberation of women."
"You are a nation that practices the trade of sex in all its forms, directly and indirectly. Giant corporations and establishments are established on this, under the name of art, entertainment, tourism and freedom, and other deceptive names you attribute to it."
[10] Résolution 1680 des Nations unies du 17/05/2006 http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/CS8723.doc.htm . Extraits :
"Le Conseil de sécurité […]
Notant avec préoccupation que le Secrétaire général constate dans son rapport (S/2006/248) qu’au cours des six derniers mois, des armes ont été introduites en territoire libanais à l’intention de milices, […]
Demande à nouveau que soient intégralement appliquées toutes les prescriptions de la résolution 1559 (2004)"
[11] The New York Times du 30/07/2006, article "Iran Hangs in Suspense as War Offers New Strength, and Sudden Weakness" http://www.nytimes.com/2006/07/30/world/middleeast/30iran.html?th&emc=th