Les aspects comiques de la Déclaration des revenus 2004
En même temps que cette déclaration, tous les contribuables ont reçu une lettre du ministre Hervé Gaymard, dans laquelle je relève les points suivants :
§ Le troisième paragraphe contient la phrase :
"Nous" [ce pluriel de politesse désigne le ministre lui-même, M. Gaymard] "prenons devant vous l'engagement d'œuvrer pour que chaque euro dépensé en votre nom soit un euro réellement utile, au service de notre pays et pour l'avenir de nos enfants."
Si cette phrase veut dire que le ministre considère que chaque euro du prix de son somptueux appartement de fonction est utile au pays et à l'avenir de nos enfants, il se moque de nous.
Si le ministre considère que le prix de cet appartement n'est pas dépensé au nom des contribuables, alors il admet que l'Etat dépense de l'argent au nom d'autres intérêts, ce qui est inacceptable.
Plus vraisemblablement, la phrase a été écrite et la lettre imprimée avant que le scandale de l'appartement éclate, à un moment où le ministre espérait que ce gaspillage ne se saurait pas. Mais de toute manière son successeur a laissé envoyer la lettre aux contribuables, ce qui montre le peu de cas qu'il fait d'eux.
§ Au verso, la page "Budget 2005" contient un tableau intitulé "A quoi servent vos impôts". Ce tableau contient bien, dans la colonne Recettes, le montant de l'impôt sur le revenu, 55 milliards d'euros. Mais il ne contient pas le montant de la somme CSG + CRDS, bien plus élevé puisqu'il dépasse 71 milliards d'euros en 2004 d'après le document du Sénat http://www.senat.fr/rap/r03-055/r03-0555.html . La CSG est bien un impôt, comme le confirme le rapport de la Cour des comptes http://www.ccomptes.fr/organismes/conseil-des-impots/rapports/csg/org13_3.htm , mis à jour le 10-02-2005.
Pourquoi le ministère cache-t-il aux contribuables des recettes CSG+CRDS qui dépassent largement celles de l'impôt sur le revenu qu'il révèle ? Il est difficile d'imaginer que ces recettes soient comptées en tant que partie d'autres impôts de la colonne, puisqu'elles ne font pas partie de la TVA, ni de l'impôt sur les sociétés, ni de la taxe intérieure sur les produits pétroliers, et que la somme des deux autres recettes représente seulement 60 milliards d'euros. J'ai envoyé un message Internet au ministère pour poser la question, mais ils n'ont pas répondu…
Le ministère n'ayant pas répondu à mon message Internet, j'ai essayé de contacter ma recette des impôts, à l'adresse Internet indiquée sur mon imprimé de déclaration 2042, adresse qui se termine par @dgi.finances.gouv.fr. Mais cette adresse est fausse, puisque le serveur de la DGI la rejette…
Mes chers compatriotes, il vaut mieux rire de tout ceci, rire et payer.