Libre opinion :
Le Dimanche 14/03/2004 l'Espagne rejoint
l'Europe des capitulards devant Al Qaida
... ce qui ne la protège nullement des
terroristes !
Il a suffi des images atroces d'un attentat d'Al Qaida à Madrid pour que les électeurs espagnols changent d'avis, la majorité passant du parti de ceux qui veulent lutter contre le terrorisme islamiste à ceux qui veulent s'attirer ses bonnes grâces en restant neutres à son égard. Une majorité d'Espagnols ont reproché au gouvernement Aznar sortant sa participation à la guerre en Irak, cause selon Al Qaida et eux de l'attentat meurtrier.
Ce que les Espagnols ont le moins supporté, c'est le mensonge ou l'erreur de M. Aznar, qui a attribué l'attentat du 11 mars à l'ETA.
M. Aznar a peut-être menti en espérant que son peuple ne saurait jamais que c'est Al Qaida qui a commis l'attentat, punissant ainsi l'Espagne pour sa participation à la guerre d'Irak ; il espérait alors que ses compatriotes, majoritairement contre cette guerre, ne lui en voudraient pas de l'avoir faite. Mais si c'est le cas, il s'est trompé sur la réaction de ses compatriotes, qui ne lui ont tenu rigueur de son mensonge, faute qui s'ajoutait à celle d'avoir fait la guerre.
Il est fort possible aussi que M. Aznar ait vraiment cru à la culpabilité de l'ETA, par incapacité psychologique de croire toute autre hypothèse. Il faut savoir que M. Aznar avait échappé dans le passé à un attentat ETA contre lui qui avait bien failli le tuer, et que cet attentat l'avait fortement marqué.
Quoi qu'il en soit, en votant Zapatero tout en croyant à la culpabilité de Al Qaida, les Espagnols ont donné raison au parti des défaitistes capitulards, donc à Al Qaida.
Oubliant en un jour les 8 années de succès économiques du gouvernement Aznar, ils ont pensé qu'il suffisait de céder aux terroristes pour être désormais épargnés. En capitulant ainsi devant les terroristes, comme le ferait la majorité des européens, ils ont oublié la leçon de Munich où, fin septembre 1938, la France et l'Angleterre ont capitulé devant Hitler. Cette capitulation a permis au dictateur raciste d'annexer 85.000 kilomètres carrés de territoire tchèque et ses 3 millions d'habitants. Et, ignorant les promesses allemandes de Munich, les troupes d'Hitler ont occupé le reste de la Tchécoslovaquie le 15 mars 1939, moins de 6 mois après. Ainsi, en cédant à un assassin, on le persuade de sa force et on l'encourage à recommencer.
La défaite électorale du parti de M. Aznar est une grande victoire pour le terrorisme, désormais assuré que ses meurtres paient politiquement. Le parti socialiste, vainqueur des élections espagnoles, a déjà annoncé qu'il retirerait d'Irak ses 1300 soldats d'ici le 30 juin 2004, autre victoire pour les terroristes d'Ansar al Islam, affiliés à Al Qaida, qui y sont installés depuis des années, y commettent des attentats chaque semaine et ont contribué à celui de Madrid. Le départ du contingent espagnol brisera l'unité de la coalition américaine et constituera pour les autres pays musulmans un signal fort qu'Al Qaida peut vaincre.
Comme la grande majorité des européens, la plupart des Espagnols n'ont pas compris que les terroristes islamistes font une guerre mondiale à tous ceux, chrétiens, juifs ou musulmans chiites, qui n'acceptent pas un régime wahhabite, c'est-à-dire un retour au califat du 9ème siècle. Ils n'ont pas compris que chaque pouce de terrain cédé à ces assassins les aide à préparer d'autres assassinats, espérant que l'horreur inspirée par sa couverture médiatique forcera nos concitoyens capitulards à leur laisser le champ libre. Ils n'ont pas compris que la tyrannie de Saddam Hussein abritait et soutenait les terroristes d'Ansar al Islam, et que pour lutter contre Al Qaida il fallait chasser Saddam. Ils ont oublié la leçon de Munich, où la capitulation des démocraties a convaincu Hitler de lancer la deuxième guerre mondiale.
Plus près de nous, l'administration Clinton a payé pendant des années la Corée du nord du dictateur Kim Jong-Il en pétrole pour qu'elle renonce à ses armes atomiques. Et, malgré sa promesse, celui-ci a continué à travailler à ses bombes, qu'il utilise aujourd'hui pour un chantage odieux, tout en accusant les Etats-Unis de le menacer. Oignez vilain, il vous poindra.
Les terroristes d'Al Qaida ont justifié leurs attentats de Madrid par la volonté de punir l'Espagne pour sa participation à la guerre en Irak. Mais comment les croire? Ils ont aussi "puni" la Turquie, la Tunisie, le Maroc et l'Indonésie, qui n'avaient pas envoyé de troupes en Irak. Il y a deux ans, ils justifiaient leur "guerre sainte" par la présence de troupes américaines sur le sol sacré de l'Arabie, terre du prophète. Mais les soldats Américains ont quitté leurs bases arabes et les attentats continuent. A l'évidence, les prétextes invoqués par les terroristes islamistes n'ont aucun rapport avec la réalité, qui se résume à tuer pour tuer. C'est pourquoi il est illusoire de croire qu'en restant neutres vis-à-vis d'eux une démocratie peut échapper aux attentats.
Comme les dictateurs assassins, les terroristes n'ont pas les mêmes valeurs que nous; ils ne respectent pas plus leur parole que la vie humaine. On ne peut donc négocier avec eux, il faut les liquider.
Forts de leur victoire en Espagne, les terroristes islamistes feront d'autres attentats en Europe, pour obtenir le maximum de couverture médiatique génératrice d'épouvante des populations et de progrès électoraux des capitulards. Par idéologie de mort et nihilisme, Al Qaida ne conçoit pas d'autre fin de ses attentats que la victoire totale sur "les croisés", "les sionistes", les pays musulmans en voie de démocratisation comme le Maroc et la Jordanie, et les chiites "impies".
Aujourd'hui, la première condition d'un recul du nombre de candidats au terrorisme est la fin du conflit en Palestine, qui en constitue une justification. C'est sur ce point que doivent porter les efforts des démocraties, et cela implique de contraindre Israéliens et Palestiniens à accepter des sacrifices que leurs dirigeants belliqueux actuels, Sharon et Arafat, ont toujours refusés.
... Cette capitulation a en fait encouragé les terroristes !
Le texte précédent a été écrit le 15 mars 2004. Dans Le Figaro du 20/10/2004 on apprend que les forces de sécurité espagnoles ont arrêté les 18 et 19 octobre 2004 un groupe de 8 terroristes islamistes, qui préparaient un colossal attentat à Madrid contre l'Audience nationale, le Tribunal suprême et le siège du Parti Populaire, avec un camion chargé de 1000 kilos d'explosifs. Ces terroristes poursuivaient leur «guerre sainte»...
Les Espagnols n'avaient pas compris, en mars 2004, qu'il ne faut jamais céder au terrorisme islamiste. Ils ont remplacé le gouvernement de droite, qui luttait contre eux en Irak comme en Espagne, par un gouvernement capitulard de gauche, qui s'est empressé de rapatrier ses militaires d'Irak.
Les Espagnols qui espéraient ainsi rester à l'écart du terrorisme international d'Al Qaida peuvent mesurer aujourd'hui l'ampleur de leur erreur. La France aussi, qui espérait échapper aux attentats avec sa politique pro-arabe et son soutien à Saddam Hussein, a continué à être frappée par le terrorisme islamiste; la dernière fois, c'était le 08/10/2004, où un attentat à l'ambassade d'Indonésie à Paris a fait 10 blessés, la fois précédente étant le 26/09/2004, où un de nos ressortissants était assassiné en Arabie Saoudite par un terroriste d'Al Qaida.