Démocratie chez les autres : les Américains s'entêtent

Mise à jour : 15/09/2007

 

La stratégie officielle de sécurité du gouvernement Bush

En septembre 2002 comme aujourd'hui, les Américains souffraient cruellement des attentats du 11 septembre 2001. Au prix de 3000 morts ils avaient appris que le terrorisme pouvait les frapper sur leur sol, chose que l'URSS - puissance atomique et spatiale - n'avait jamais osé faire. Le terrorisme islamiste était donc un ennemi redoutable, qui leur avait déclaré une guerre sans merci [4], en s'attaquant aux principes mêmes qui fondaient les Etats-Unis : la démocratie, le droit pour chaque homme de choisir sa religion et l'économie de marché. Le terrorisme islamiste était un ennemi sans pays ni armée que l'on puisse frapper, sans population que l'on puisse bombarder. Il était présent dans de nombreux pays et commettait des attentats mortels un peu partout.

 

En septembre 2002, le gouvernement des Etats-Unis a publié la très officielle déclaration [1] décrivant sa stratégie de sécurité antiterroriste. Ce texte de 35 pages avait le mérite d'une grande clarté. A partir du constat que les pays démocratiques étaient pacifiques, rejetaient le terrorisme islamiste et étaient menacés par lui au même titre que les Etats-Unis, ces pays constituaient donc des alliés naturels des Etats-Unis. En outre, les démocraties offraient en général à leur population un niveau de vie décent et des services sociaux qui recevaient une large adhésion de leur peuple, dont les citoyens n'avaient donc pas de raison de devenir terroristes ou d'aider des terroristes.

 

Inversement, dans les dictatures, les citoyens privés de leurs droits et souvent misérables étaient susceptibles de basculer dans le terrorisme par désespoir. Et certaines de ces dictatures pouvaient même soutenir le terrorisme islamiste pour nuire aux Etats-Unis, à Israël et aux démocraties en général.

 

La stratégie des Etats-Unis décrite dans [1] comprenait donc des mesures militaires, des mesures de sécurité civile, des mesures d'aide aux gouvernements qui acceptaient de combattre le terrorisme aux côtés des Etats-Unis. Elle comprenait aussi des mesures pour promouvoir la liberté démocratique et le progrès du niveau de vie dans les pays susceptibles d'abriter des terroristes. Ces mesures en faveur de la liberté démocratique des citoyens et de leur niveau de vie étaient annoncées par les passages (je traduis) :

"…les Etats-Unis profiteront de cette époque d'opportunités pour faire progresser la liberté à travers le monde. Nous travaillerons activement à apporter les espoirs de la démocratie, du développement, des marchés ouverts et du commerce libre partout dans le monde. Les événements du 11 septembre 2001 nous ont enseigné que des états faibles, comme l'Afghanistan, peuvent constituer pour notre intérêt national un danger aussi fort que s'il provenait d'états puissants. La pauvreté ne transforme pas des gens pauvres en terroristes et en meurtriers. Mais la pauvreté, la faiblesse des institutions et la corruption peuvent rendre des états faibles vulnérables aux agissements des réseaux terroristes et aux cartels de la drogue, à l'intérieur de leurs frontières."

"La liberté du commerce et l'ouverture des marchés ont prouvé leur aptitude à tirer des sociétés entières hors de la pauvreté ; les Etats-Unis travailleront donc avec des pays indépendants, des régions entières et l'ensemble de la communauté commerciale mondiale à construire un monde qui commerce librement et progresse de ce fait vers la prospérité."

"La liberté est l'exigence non négociable de la dignité humaine, un droit que chaque personne acquiert à sa naissance, dans toutes les civilisations. Dans toute l'Histoire, la liberté a été menacée par la guerre et la terreur ; elle a été défiée par les volontés conflictuelles d'états puissants et les desseins malfaisants de tyrans ;…"

 

Ce texte officiel déclarait donc aux trois quarts des 192 gouvernements de la planète qui ne sont pas démocratiques qu'il allait apporter à leurs citoyens ce qu'eux-mêmes leur refusaient : la liberté, la reconnaissance des droits de l'homme, la fin de la corruption et le remplacement de l'économie à forte ingérence de l'Etat par une économie de marché ! Il disait par exemple aux monarchies pétrolières arabes qu'au nom de leur combat antiterroriste, les Etats-Unis allaient s'immiscer dans leurs affaires et promouvoir auprès de leurs populations la démocratie et la fin de la corruption. Il considérait comme évident que tous les peuples aspirent au même genre de liberté et d'égalité entre citoyens que les démocraties, au même genre de gouvernement sans classe privilégiée et sans corruption.

 

Et parce que la plupart des pays non démocratiques sont pauvres, les Etats-Unis utilisent l'aide financière qu'ils leur versent pour faire pression : il y aura de l'argent pour les gouvernements qui agissent conformément aux souhaits américains, et seulement pour ceux-là.

Critique de la stratégie américaine

Non seulement tous les gouvernements des pays pauvres et non démocratiques, en général corrompus, se sentaient menacés par une telle politique, mais leurs propres citoyens n'étaient pas en état d'accepter la démocratie. Les peuples musulmans profondément religieux, comme ceux d'Arabie Saoudite ou d'Afghanistan par exemple, ne concevaient pas qu'on puisse baser les lois sur autre chose que le Coran. Or pour ce texte sacré [6] :

§           L'égalité entre les sexes, et entre hommes d'origines ou de religions différentes n'existe pas ;

§           La démocratie est impossible dans la mesure où la séparation des pouvoirs est inconcevable : le chef musulman est à la fois chef religieux, chef militaire, juge, gouverneur civil et trésorier public.

De nos jours encore, par exemple, Sa Majesté le roi du Maroc est non seulement roi absolu mais Commandeur des croyants, c'est-à-dire chef religieux des Marocains. C'est un souverain particulièrement soucieux du progrès de son peuple. Le régime politique de son pays n'est qu'un semblant de démocratie, régime que le roi ne peut lui accorder pour le moment parce que sa culture n'y est pas prête.

 

L'impossibilité culturelle pour la population irakienne de s'entendre et de cohabiter dans le cadre d'une démocratie est connue depuis au moins 82 ans, à en juger par le rapport à la Société des Nations (l'organisation internationale qui a précédé les Nations unies actuelles, fondées en 1945) cité dans [7]. Les chiites et les sunnites irakiens ne conçoivent leurs rapports que sous forme de domination brutale imposée par le plus fort au plus faible, exactement comme sous Saddam Hussein et comme je l'explique dans [5].

 

La stratégie américaine ne tenait aucun compte de cette réalité culturelle qui rend plus de 100 peuples dans le monde inaptes à la démocratie dans les décennies qui viennent. J'ai décrit les conditions incontournables pour qu'un pays soit démocratique dans [5], en insistant sur l'exemple des pays arabes.

 

En résumé, la stratégie américaine de lutte antiterroriste impliquait l'ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays, éventuellement contre leurs gouvernements et en ignorant l'inaptitude de leurs peuples à vivre en démocratie. Chez un peuple de 300 millions d'habitants où il ne manque pas de diplomates et d'universitaires pour expliquer à un gouvernement que cette stratégie est vouée à l'échec, on ne peut qu'être frappé par le caractère idéologique de son adoption, qui ignore la réalité au profit du désir de changer les autres peuples conformément au modèle américain.

 

Qu'on ne se méprenne pas : je suis très favorable à la démocratie, avec ce qu'elle implique de droits de l'homme, ainsi qu'à l'économie de marché. J'y suis aussi favorable qu'à l'usage d'une voiture particulière pour parcourir 50 km entre deux endroits non desservis par des transports en commun. Mais je n'irai pas apprendre à conduire à un enfant de dix ans, parce qu'il n'est pas assez responsable pour pouvoir le faire sans danger.

Une erreur de principe : ni l'économie ni les institutions ne sont morales

L'erreur consistant à rendre l'économie et les institutions d'un pays conformes à un modèle moral (droits de l'homme, etc.) est pourtant évidente et sanctionnée par l'histoire. Les lois économiques sont basées sur l'intérêt individuel de chaque agent économique : personne, entreprise, association, banque, Etat, etc. Jamais un chef d'entreprise ne pourra justifier à ses actionnaires un bénéfice diminué par des dépenses de charité ou faites au nom de la morale ; les actionnaires attendent de lui qu'il agisse pour maximiser les bénéfices et la valeur de leur capital dans le respect des lois (plus exactement qu'il ne se fasse jamais condamner !). La morale et la charité sont du domaine privé de chaque individu, pas de celui d'une entreprise. Les entreprises qui essaient de se faire passer pour « citoyennes » consacrent en réalité des budgets insignifiants à la construction de cette image, et le font dans le cadre de leurs efforts promotionnels. Un Etat ne consacre à l'entraide internationale que le minimum nécessaire pour que ses citoyens aient bonne conscience, environ 0.6 % du PIB dans le cas de la France, le niveau d'une aumône.

 

Les institutions d'un pays et ses lois sont basées sur les besoins de l'économie tels que ses citoyens (ou son gouvernement autoritaire) les conçoivent, et sur les rapports entre citoyens et entre citoyens et Etat tels que ceux qui ont le pouvoir (acquis démocratiquement ou non) les ont construits. A l'époque où le pouvoir était détenu par la noblesse, les institutions reflétaient le pouvoir absolu du Roi et des nobles, avec des miettes de pouvoir accordées à certaines institutions (parlements, corporations). A l'époque impériale romaine, le pouvoir était entre les mains de l'empereur et du sénat, représentant l'aristocratie. La nécessité d'un équilibre entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire n'a été clairement énoncée qu'au XVIIIe siècle en Europe et aux Etats-Unis, et il n'y a aujourd'hui dans le monde qu'une cinquantaine de démocraties véritables sur 192 membres des Nations unies.

 

Lorsque Karl Marx a voulu que l'économie fonctionne conformément à la morale - c'est cela le principe du communisme - il a conçu une utopie : les lois économiques sont aussi étrangères au domaine de la morale que la loi de la pesanteur au domaine de la fatigue musculaire de celui qui porte une charge lourde et trouve cet effort pénible. Le communisme était une idéologie qui voulait que la morale (domaine où prime l'altruisme) régisse l'économie, domaine où prime l'intérêt égoïste. Le communisme ne pouvait être viable qu'avec des citoyens moralement irréprochables, et il ne s'en est trouvé nulle part.

 

La volonté des Américains de convertir à l'économie de marché des gens qui n'avaient jamais connu que l'économie dirigée par l'aristocratie (pétrolière par exemple, ou terrienne, ou bourgeoise) était vouée à l'échec. Une économie de marché suppose un respect de l'Etat de droit, qui n'existe pas lorsque le droit qui prévaut est celui du scheik. Elle suppose aussi les droits de l'homme de posséder, d'entreprendre et de bénéficier d'une justice équitable, droits qui ne sont pas accordés de manière égale aux citoyens des régimes dictatoriaux. D'ailleurs, pour justifier sa tyrannie, le scheik se réclamait de la volonté divine lorsqu'il était aussi Calife - ou Roi de France par la grâce de Dieu ; et Napoléon s'est fait sacrer empereur par le pape Pie VII pour faire croire aux Français qu'il avait l'approbation divine.

 

Pour ne pas accabler le seul Karl Marx, il faut citer comme tout aussi utopique la morale de Kant, qui affirmait que seule l'action altruiste désintéressée était estimable, toute bonne action faite en espérant une récompense ou pour éviter un châtiment étant sans valeur morale. Quelle proportion de notre population agit selon cette morale-là aujourd'hui ? 2 % peut-être, et pour la même raison que celle qui a fait échouer les expériences communistes : les hommes voudraient être parfaits, mais ils ne le sont pas. C'est pourquoi le philosophe Nietzsche a accusé aussi durement Kant que Marx d'avoir « créé des idoles », pour que les hommes les adorent et se réfugient auprès d'elles lorsqu'ils refusent la dure réalité de leur nature ou celle de l'économie.

 

En résumé, on ne peut agir sur l'économie que par des mesures économiques ; les lois éventuelles à portée économique ne sont que la dimension réglementaire de ces mesures exclusivement économiques. On ne peut agir sur les institutions qu'en créant ou modifiant celles-ci pour qu'elles rendent service aux citoyens par leurs effets d'Etat de droit (justice, sécurité), de solidarité (économie), de services publics, etc. La morale n'est qu'une contrainte de jugement ou d'action intervenant lors d'une décision économique ou institutionnelle, elle ne peut pas constituer la base des lois économiques ou d'institutions politiques, pas plus d'ailleurs qu'une religion.

 

Et on ne peut pas imposer à un peuple une morale, un système économique ou des institutions qui n'émanent pas de sa propre culture.

La persévérance dans l'erreur

En envahissant l'Irak, les Américains ont promis d'y instaurer la démocratie. Ils ont aussi promis d'y instaurer l'économie de marché en remplacement de l'économie d'Etat du régime de Saddam Hussein. Ils ont réussi à faire voter les Irakiens… sous la protection de leurs soldats. Et ces Irakiens ont élu des députés représentant les diverses confessions ou tribus, députés qui se détestent tellement qu'ils sont incapables de travailler ensemble ; du reste le Premier ministre Maliki, chiite désigné au bout de 6 mois de marchandages entre factions armées rivales, l'a été pour sa faiblesse et le risque minimum de déranger ces factions ; et comme prévu il n'a rien fait pour désarmer les milices ou accorder un peu d'équité à la minorité sunnite. A l'été 2007, deux millions de personnes ont déjà émigré pour sauver leur vie et plus d'un million ont été forcées de déménager par le « nettoyage ethnique ». Comme je l'ai écrit depuis 3 ans, l'Irak est incapable de vivre en démocratie [5].

 

L'incapacité des Irakiens à s'entendre et même à se respecter entre confessions différentes, entre tribus différentes d'une même confession, ou entre milices différentes, montre chaque jour davantage que la démocratie est impossible en Irak. En 2007 le pays est dans l'état que décrivait le philosophe Hobbes : la guerre de tous contre tous, pour s'emparer du pouvoir ou des revenus du pétrole et pour se venger des « autres ».

 

Mais le propre de l'idéologie est de rendre imperméable à la réalité. J'ai beau lire la presse américaine et écouter CNN, je ne vois aucun politicien du gouvernement Bush qui reconnaisse l'impasse sans espoir dans laquelle se trouvent les Etats-Unis en Irak, et l'échec de leurs tentatives de démocratiser ce pays, l'Afghanistan ou tout autre pays pauvre, et d'y instaurer une économie de marché. Je vois au contraire que ce gouvernement persiste dans son erreur. Dans les déclarations de stratégie [2] et [3] ils continuent, au contraire, à vouloir démocratiser les autres pays et à les faire adhérer à l'économie libre.

 

C'est ainsi qu'en septembre 2006 dans [2] on lit :

"Approche à long terme : faire progresser une réelle démocratie.

La solution à long terme pour gagner la guerre antiterroriste consiste à faire progresser la liberté et la dignité humaines grâce à une réelle démocratie."

"Les démocraties réelles respectent les droits fondamentaux de l'homme, y compris le droit de chacun de choisir sa religion, les libertés de conscience, d'expression, de réunion, d'association et de la presse. Elles répondent de leurs actes devant leurs citoyens et se soumettent à leur volonté."

 

Voilà des principes admirables, mais qui ne peuvent qu'inquiéter les trois quarts des gouvernements du monde, qui s'y opposeront de toutes leurs forces. Et chaque fois que, depuis quinze ans, on a organisé des élections libres dans un pays musulman, les partis religieux - voire islamistes - ont gagné la majorité ou au moins une forte représentation au parlement, preuve que les citoyens acceptent de mélanger religion et politique parce qu'ils ne savent pas que c'est absurde.

 

Fidèle à son idéologie et toujours aveugle aux échecs de sa politique, le gouvernement américain persiste et signe. Son texte [3] du 23 août 2007 est intitulé "Transformational diplomacy", parce qu'il décrit une stratégie diplomatique destinée à transformer les autres pays, pour les amener à plus de démocratie, de droits de l'homme et d'économie de marché. Le gouvernement américain compte créer des postes de diplomates qui auront pour mission de promouvoir l'évolution des autres pays. Citations :

"La nouvelle diplomatie intensifie les efforts de promotion de la démocratie à l'intérieur des autres pays."

"D'après les déclarations de la Secrétaire d'Etat Rice du 14 février 2006 devant le comité des Affaires étrangères du Sénat, l'objectif de la diplomatie transformatrice est « de travailler avec nos nombreux partenaires dans tout le monde à construire et soutenir des états démocratiques et bien gouvernés, qui répondront aux besoins de leurs peuples et agiront de manière responsable en matière internationale. »"

"La Secrétaire d'Etat Rice a annoncé […] un changement de la cible de la politique étrangère vers moins de relations avec d'autres gouvernements et plus de support des changements à l'intérieur des pays."

 

L'ingérence des Etats-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays est donc désormais une mission précise, confiée à des diplomates américains. Les échecs passés de cette politique sont ignorés, malgré l'honnêteté du texte [3] qui souligne pages 20 et 21 les réactions hostiles de la Chine, de la Malaisie et de l'Indonésie.

 

Si j'avais à choisir entre les excès idéologiques des terroristes islamistes et ceux de l'administration Bush, je choisirais de soutenir la politique américaine bien sûr, parce que malgré leur maladresse les Etats-Unis ont les mêmes valeurs que moi. Mais quelle tristesse qu'un si grand pays soit gouverné avec un tel aveuglement !

 

 

Daniel MARTIN

 

Références

[1]   "The National Security Strategy" (September 2002)

http://www.whitehouse.gov/nsc/nss.pdf

 

[2]   "National Strategy for Combating Terrorism" - NSCT (September 2006)

http://www.whitehouse.gov/nsc/nsct/2006/

 

[3]   "Diplomacy for the 21st Century: Transformational Diplomacy" (August 23, 2007)

http://www.opencrs.com/getfile.php?rid=60796

 

[4]   Déclarations de guerre de Ben Laden aux Etats-Unis :

§           "Osama Bin Laden's 1998 Fatwa" : http://www.mideastweb.org/osamabinladen2.htm

§           "Osama Bin Laden's Jihad" : http://www.mideastweb.org/osamabinladen1.htm

 

[5]   "La culture arabe ennemie de la démocratie"

 

[6]   Pour plus de détails sur l'islam (la religion musulmane) et l'islamisme (le mouvement militant intégriste) voir "Le terrorisme islamiste : idéologie, exigences et attentats".

 

[7]   The New York Times du 13/09/2007, article "The Ottoman Swede"

Extraits :

"…League of Nations report of July 16, 1925, on the new Middle Eastern state then being carved by the British from the wreckage of the Ottoman Empire.

The report said that despite “the good intentions of the statesmen of Iraq, whose political experience is necessarily small, it is to be feared that serious difficulties may arise out of the differences which in some cases exist in regard to political ideas between the Shiites of the South and the Sunnites of the North, the racial differences between Arabs and Kurds, and the necessity of keeping the turbulent tribes under control.

And it warned: “These difficulties might be fatal to the very existence of the State if it were left without support and guidance.”"

"…divergent political visions from Nuri Kamal al-Maliki, the Shiite prime minister, and Tariq al-Hashemi, the Sunni vice president. The notion of give-and-take, of compromise reached rather than domination imposed, is a Middle Eastern novelty."

 

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