La recette du
Canada :
supprimer 23 % des fonctionnaires
Mise à jour : 14/12/2005
Je résume et commente ici l'article "La recette du Canada : supprimer un poste de fonctionnaire sur cinq" publié dans Le Figaro économie du 14/12/2005
En 1994, la dette publique du Canada était la même que la dette actuelle de l'Etat français : 67.5 % du PIB (engagements pour les retraites des fonctionnaires non compris). Contrairement à la France qui n'arrive pas à faire diminuer sa dette même en vendant ses bijoux de famille (je pense à EDF, aux autoroutes, à France Télécom, etc.), le Canada s'est alors imposé un véritable assainissement des finances publiques. En 11 ans, sa dette est passée à 38 % du PIB, une baisse spectaculaire.
La recette du Canada a été de diminuer les dépenses des ministères fédéraux, souvent de plus de 20 %. Les dépenses du gouvernement sont passées de 17 % à 11 % du PIB, et le nombre de ses fonctionnaires a été réduit de 23 %.
Cette cure de minceur a dynamisé l'économie nationale, dont le taux de croissance de l'emploi et du PIB entre 1997 et 2003 a été le plus élevé parmi les pays du G7. A l'évidence, grâce aux économies sur ses dépenses fédérales, le Canada a retrouvé les moyens d'investir, et ces investissements ont tiré son économie.
L'exemple canadien a permis de découvrir que l'assainissement des finances publiques n'est pas un exercice budgétaire, c'est un projet de société.
Si la France veut retrouver le chemin de la croissance, indispensable pour résorber son chômage et redonner le moral a ses citoyens atteints de sinistrose, elle doit en finir avec les sureffectifs de sa fonction publique, son indemnisation du chômage si généreuse qu'elle décourage les chômeurs de reprendre un emploi et ses transferts sociaux coûtant 30 % du PIB.
A chaque fois qu'un gouvernement français veut faire une réforme, les syndicats de fonctionnaires sont contre. Ils parviennent souvent à l'empêcher : lorsqu'en l'an 2000 le ministre des finances Christian Sautter a essayé de réformer un peu son ministère, ses syndicats de fonctionnaires ont contraint le Premier ministre Jospin a le remplacer. Je suggère donc que nos gouvernements se mettent à écouter les parlementaires, élus qui représentent tous les Français, au lieu des syndicats qui représentent moins de 9 % des salariés, fonctionnaires pour la plupart, c'est-à-dire 3.6 % des citoyens. Je suggère que nos ministres aient le courage de s'opposer aux syndicats et d'expliquer aux Français les problèmes du pays, à la télévision, à coups d'émissions d'une heure au moins. Je suggère… mais j'arrête là : Noël approche, c'est la saison des vœux, j'en ai tellement d'utopiques pour mon pays que je vais écrire au Père Noël.