Altermondialisme : une analyse critique
par Daniel Martin
Mise à jour le 09/02/2007
Cette analyse approfondie présente les altermondialistes, ce qu'ils rejettent et ce qu'ils proposent.
Les nombres entre crochets comme [1] renvoient aux références et annexes en fin de texte.
Table des matières
1. Qui sont les altermondialistes?
1.2 Les composantes du mouvement altermondialiste
1.3 Combien sont les altermondialistes?
1.4 Les altermondialistes ne représentent pas le peuple
1.5 Une grande hétérogénéité, source de désaccords
1.5.1 Ce qui rapproche les altermondialistes
1.5.1.1 La phobie de la dictature des marchés financiers
1.5.1.2 La phobie de la dérégulation généralisée, c'est-à-dire de la mondialisation
1.5.1.3 La phobie du démantèlement des services publics
1.5.1.7 Le remplacement de la concurrence par du commerce équitable
1.5.1.8 La phobie des organismes génétiquement modifiés (OGM)
1.5.1.9 La phobie (justifiée, mais mal ciblée) de la destruction de l'environnement
1.5.1.10 La phobie (justifiée) de la domination mondiale de la culture américaine
1.5.1.12 Une accusation: les états à économie de marché sont faussement démocratiques
1.5.2 Ce qui divise les altermondialistes
1.6 Propositions politiques des altermondialistes
1.6.1.1 ATTAC est une association agréée au titre de la jeunesse et de l'éducation populaire
1.6.1.2 Proposition d'Instaurer une taxe "Tobin" sur les transferts de fonds internationaux
1.6.1.3 Proposition sur les droits fondamentaux
1.6.1.3.1 Comparaison des droits demandés par ATTAC avec les textes officiels
1.6.1.3.2 Conséquences sur les propositions d'ATTAC et sa nature
1.6.1.4 Proposition sur les services publics
1.6.1.5 Les 21 exigences d’ATTAC pour le « traité constitutionnel »
1.6.1.6 Exemple de désinformation par ATTAC
1.6.2 Critique des propositions des altermondialistes
1.6.2.1 Les altermondialistes veulent une société de type communiste
1.6.2.2 La plupart des altermondialistes veulent une administration mondiale unifiée
1.6.3 Conclusion sur la société voulue par les altermondialistes
2. Le Forum social européen (FSE)
2.1 Buts des altermondialistes du FSE
2.1.1 Commentaires sur ces buts
2.2 Le Forum social mondial (FSM)
2.2.1 Différence entre altermondialistes et libéraux
2.3 Soutien du gouvernement et des partis au FSE
Le mot "altermondialiste", d'abord adjectif puis substantif, a été défini pour succéder au mot "antimondialiste", dont la connotation était jugée trop négative par des gens qui sont contre la mondialisation libérale mais pour une autre mondialisation, basée sur la fraternité au lieu de l'argent.
Les altermondialistes sont des gens généreux, qui croient aux qualités d'altruisme des hommes. Ils veulent un monde basé sur cet altruisme et pas sur l'argent. Ils veulent la fraternité, pas la confrontation. Ils ont constaté avec raison que les lois du marché ne suffisent pas à assurer un fonctionnement de la société pour le bien des hommes, et qu'elles doivent être complétées par des lois d'équité et de solidarité, que les mécanismes économiques sont incapables à eux seuls de définir.
A partir de ces idées auxquelles tout le monde peut adhérer, ils échafaudent, hélas, des propositions, certaines utopistes et d'autres destinées à remplacer notre monde par un monde communiste, lors d'une révolution. Ils n'ont aucun programme d'action concret à proposer pour cette révolution. Seul quelques-unes de leurs idées, comme celles sur le respect de l'environnement, peuvent inspirer une décision politique réelle et utile. Voir à ce propos "l'Appel de Heidelberg" [33], signé par des centaines de scientifiques.
Nous analysons tout cela en détail ci-dessous.
Selon Les Echos (article Les acteurs de l'altermondialisation [22]) la contestation des altermondialistes est active dans les domaine suivants: financier, environnement, agricole, anti-consommation, droits de l'homme, humanitaire, et syndical.
Selon [16], les altermondialistes se manifestent par diverses formes de rébellion:
· syndicale (paysanne et salariale) ;
· idéologique (antifasciste, libertaire, extrême-gauche, gauche alternative) ;
· des marginaux et des exclus (sans-papiers, sans-emploi, sans-logis) ;
· intellectuelle (ATTAC, écologistes, mouvement libertaire) ;
· etc.
Selon [22], il y a eu au Forum social européen 2003 entre 25.000 et 30.000 participants, dont quelques 15.000 italiens, espagnols, britanniques et allemands. Parmi ces participants, certains n'étaient membres d'aucune organisation altermondialiste : chômeurs, sans-papiers, précaires, étudiants, etc. D'autres, assez nombreux, étaient membres d'ATTAC, association qui en compte environ 35.000. La quinzaine de milliers d'altermondialistes restants étant répartis entre plus de 1500 organisations, chacune de ces organisations comptait donc, en moyenne, une dizaine de participants. Ce chiffre montre le caractère insignifiant de l'immense majorité des organisations altermondialistes, réduites le plus souvent à un groupuscule d'agitateurs.
Parce qu'ils sont contre notre forme libérale de société, contre les gouvernements que nous avons démocratiquement élus, les altermondialistes prétendent représenter le peuple. Mais:
· Un groupe minoritaire n'a jamais été représentatif du peuple, par définition même du mot "minorité". Si ces gens-là avaient été majoritaires ou simplement nombreux, ils auraient gagné les élections dans de pas mal de pays, ou participeraient à leurs gouvernements en tant qu'altermondialistes.
· Les organisations altermondialistes ne sont pas issues d'élections démocratiques: elles n'ont donc pas qualité pour représenter les citoyens de quelque pays que ce soit.
La représentativité populaire des altermondialistes est donc autoproclamée, c'est-à-dire imaginaire. En cela, elle est comme celle des syndicats en France : moins de 9 % des salariés français étant syndiqués, les syndicats ne peuvent les représenter, quoi qu'ils prétendent et quelle que soit l'importance (exagérée) que leur accordent les médias, donc nos gouvernements successifs. Du reste, l'immense majorité des syndiqués français sont des fonctionnaires, ce qui réduit encore plus la représentativité des syndicats pour l'ensemble des salariés.
L'altermondialisme regroupe des gens très différents. Parce qu'on utilise un mot unique, altermondialiste, on a l'impression qu'ils constituent par leur unité une force d'opposition puissante. En fait, un rassemblement de 100.000 altermondialistes regroupe, on va le voir, des gens qui ne s'entendent que sur peu de sujets. A l'image de leur composante française "Les Verts", les altermondialistes sont faibles parce que divisés, et en désaccord profond dès qu'il s'agit de décisions d'action concrètes.
C'est l'importance que leur accordent les médias qui donne l'impression qu'ils sont une force qui compte, et aussi celle que leur donnent les politiciens avides de suffrages, on va le voir.
Cette hétérogénéité entraîne une impossibilité d'accord des divers courants altermondialistes sur des projets d'action concrète. C'est pourquoi la Charte des Principes du Forum Social Mondial [1] affirme, dans son article 6:
"Les rencontres du Forum Social Mondial n'ont pas un caractère délibératif en tant que Forum Social Mondial. Personne ne sera donc autorisé à exprimer au nom du Forum, dans quelque édition que ce soit, des prises de position prétendant être celles de tous les participants. Les participants ne doivent pas être appelés à prendre des décisions, par vote ou acclamation, en tant que rassemblement de ceux qui participent au Forum, sur des déclarations ou propositions d'action qui les engagent tous ou leur majorité et qui se voudraient être celles du Forum en tant que Forum."
Sachant qu'ils ne peuvent se mettre d'accord pour des actions réelles, les altermondialistes du FSM ont décidé d'interdire toute prise de position qui pourrait faire croire à leur unité! Si les journalistes qui les présentent comme un mouvement de protestation et de proposition unitaire avaient lu et compris la Charte, ils parleraient des altermondialistes comme ce qu'ils sont: une minorité hétéroclite de mécontents.
· Le désir de remplacer notre société à économie de marché par une société basée sur la fraternité et une économie sans concurrence.
Commentaires:
· En voulant remplacer notre société par une autre, les altermondialistes sont des révolutionnaires. Beaucoup sont non-violents (voir article 13 de la Charte des Principes du Forum Social Mondial [1] et la position d'ATTAC), mais certains sont violents, comme on l'a vu à Seattle (USA) en décembre 1999 et à Gênes (Italie) en juillet 2001.
· Tous les hommes sont d'accord sur les idées de liberté, de fraternité, de respect de l'homme et de l'environnement, de générosité et de paix. Aucun n'est contre. Ces idées sont en fait des lieux communs. Correspondant à des désirs de tous les hommes, ils constituent des mots d'ordre qui rassemblent facilement les gens qui ne remarquent pas leur caractère de voeu pieux, idéal mais pas moteur d'action concrète.
· Le refus d'être récupérés politiquement par des partis traditionnels. C'est ainsi que les organisateurs du FSE n'ont invité que 4 représentants de partis, tous de gauche:
· O. Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire, LCR, trotskiste)
· M-G. Buffet (Parti communiste, PC)
· N. Mamère (Les Verts)
· K. Aris (chargé de la mondialisation au Parti socialiste, PS).
· La phobie (selon leurs propres termes):
· de la dictature des marchés financiers,
· de la dérégulation généralisée, c'est-à-dire de la mondialisation,
· du démantèlement des services publics,
· des institutions internationales comme l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et le Fonds Monétaire International (FMI),
· de l'ouverture systématique de tous les secteurs d'activité à la concurrence marchande internationale, à remplacer systématiquement par du commerce équitable,
· des organismes génétiquement modifiés (OGM),
· de la destruction de l'environnement par des sociétés plus soucieuses de profits que de respect de ce bien commun à tous les hommes,
· de la domination mondiale de la culture américaine, basée sur la vente des oeuvres d'art et du travail des artistes, et qui étouffe progressivement la diversité culturelle des autres peuples,
· de la politique internationale des Etats-Unis, jugée unilatérale, égoïste, impérialiste, belliciste, raciste, et, défauts suprêmes, capitaliste et mondialiste.
Enfin, et bien qu'il ne le disent pas en ces termes, les altermondialistes reprochent à notre société libérale d'être, dans les faits, dominée par les multinationales, les états prétendument démocratiques étant en réalité au service de ces sociétés. Ils accusent donc les régimes politiques à économie de marché d'être faussement démocratiques.
Commentaires sur ces convergences
Il est très facile de rassembler des mécontents, qui sont très nombreux - particulièrement dans notre pays de rouspéteurs - contre un état de fait. C'est plus facile que de les rassembler autour d'un mot d'ordre d'action concrète. Avec autant de sujets de mécontentement, il y en a forcément plusieurs qui recueillent l'assentiment de chaque mécontent.
Nous allons analyser ci-dessous chacune des phobies précédentes, pour comprendre les motivations sous-jacentes et les erreurs correspondantes.
Depuis le début du christianisme, il y a deux mille ans, l'argent et le profit sont sources de culpabilité. Les riches aiment l'argent (évidemment!) et les pauvres, qui les jalousent, prétendent qu'il corrompt et que la recherche du profit par les capitalistes aliène les travailleurs qu'ils exploitent. L'attitude de beaucoup de gens qui se sentent victimes de la dictature du profit (financier ou industriel) s'explique en fait par cette jalousie: s'estimant incapables d'accéder à la richesse, les jaloux la déclarent coupable et veulent un monde sans riches où ils ne seront plus pauvres.
Cette attitude de faiblesse des jaloux qui n'osent pas entreprendre ou agir pour sortir de leur condition, a été comprise et stigmatisée par Jean Jaurès (un des pères du socialisme!) qui disait: "Dirige, celui qui accepte les risques que ceux qu'il dirige ne veulent pas prendre." Et c'est en prenant des risques qu'on peut gagner.
Historiquement, la dictature des marchés financiers a fait la une des médias chaque fois que, par démagogie, les politiciens de gauche ont dénoncé le profit des actionnaires en l'opposant aux intérêts des salariés. C'est ainsi que la maladresse de Michelin, qui a annoncé des suppressions d'emploi en même temps que des bénéfices, a tellement scandalisé l'opinion française, que le gouvernement socialiste de M. Jospin a fait une "loi anti-Michelin".
En fait, ceux qui culpabilisent les capitalistes qui tirent profit de leurs placements (financiers, par définition) oublient d'abord que le placement de fonds contre intérêt (financier!) est le fait d'environ 40 millions de Français, qui ont un compte d'épargne dont ils voudraient tirer le maximum d'intérêts. Voilà pourquoi la France compte au moins 40 millions de capitalistes.
Et puis, des millions d'épargnants achètent des actions, souvent à l'incitation de gouvernements qui privatisent pour renflouer leurs caisses. Ils essaient ainsi de se constituer un complément de retraite, exactement comme les fonctionnaires qui cotisent à la Préfon. Si leurs actions d'une société montent, parce que celle-ci est bien gérée et suscite des espoirs, ils gagnent de l'argent, qui constitue pour les altermondialistes un abominable profit financier.
Comme beaucoup d'ignorants, les altermondialistes voudraient que les entreprises soient gérées dans l'intérêt de leurs salariés, non celui de leurs actionnaires. Si une entreprise était gérée de cette manière, elle distribuerait plus d'argent à ses salariés et moins à ses actionnaires. Ceux-ci s'apercevraient alors qu'elle est peu rentable, même si ses salariés sont prospères, et placeraient leur argent ailleurs. Privée de ressources en capital, l'entreprise aurait du mal à investir et ses concurrents lui tailleraient des croupières. Au bout d'un certain temps, elle ferait faillite, ses actionnaires auraient perdu leur investissement et ses salariés leur emploi.
Voilà pourquoi les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain, la croissance d'après-demain et les embauches du jour suivant. Et voilà pourquoi ce sont les pays qui favorisent le plus les profits financiers, ceux qui sont les plus libéraux, qui ont la croissance la plus forte et le taux de chômage le plus bas: l'Angleterre (5% de chômeurs) et les Etats-Unis (6%).
Depuis les années 1950, la croissance de l'économie en Europe et aux Etats-Unis a été extraordinaire. Le niveau de vie des citoyens a suivi. Une famille française a aujourd'hui tout l'électroménager nécessaire, des appareils de distraction (téléviseurs, jeux électroniques, PC multimédia) et souvent 2 voitures, toutes choses que leurs parents n'avaient pas. Le développement économique s'est accompagné d'une extraordinaire explosion du commerce mondial.
Les économistes ont montré que tous ces phénomènes sont liés: sans développement du commerce international, pas de croissance nationale; et lorsqu'on sait qu'un quart des salariés français seraient victimes du chômage si leur entreprise n'exportait pas, on mesure l'importance du commerce international. Et sans croissance nationale, pas d'élévation du niveau de vie.
Le développement du commerce, rendu possible par la baisse du coût des transports et le développement des télécommunications, aurait été impossible sans abaissement des barrières douanières et réglementaires qui protégeaient chaque production nationale de la concurrence étrangère. C'est pourquoi la quasi-totalité des pays du monde a trouvé un intérêt à abaisser ces barrières, après des négociations destinées à trouver des accords de réciprocité. (Cet abaissement des barrières douanières et réglementaires a été appelé dérégulation.) C'est pourquoi a été créée l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui est le cadre où les négociations ont lieu.
L'OMC n'oblige aucun pays à adhérer à ses règles, n'a pas d'armée pour contraindre militairement les pays, et pas de banque pour les inciter financièrement à quoi que ce soit. Lorsqu'un pays n'est pas d'accord avec une proposition, il ne la signe pas; le commerce correspondant sera alors facilité pour d'autres pays, qui l'ont signée, et pas pour lui; s'il y trouve son intérêt, tant mieux, il est libre et responsable de son choix.
Lorsque les altermondialistes prétendent que les pays pauvres souffrent de la mondialisation, qui pille leurs ressources et appauvrit leurs populations au profit de riches capitalistes, ils ignorent délibérément les plus importants de ces pays, la Chine et l'Inde. Ces pays sont farouchement partisans de l'ouverture des échanges, et la Chine a fait de gros efforts pour devenir récemment membre de l'OMC. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les altermondialistes, ces pays sont ultralibéralistes parce qu'ils y trouvent leur intérêt. Tous deux espèrent, grâce à leur main d'oeuvre compétente et bon marché, devenir les usines du monde, et ils progressent vite dans cette voie. L'Inde a même plusieurs millions d'informaticiens, anglophones depuis l'école, qui travaillent pour des multinationales dans la région de Bangalore. Grâce à l'ouverture des marchés, ces pays espèrent obtenir du travail pour leur immense population, et avoir ainsi les moyens d'importer la nourriture et les objets de haute technologie dont ils ont de plus en plus besoin.
Le NEPAD
Les altermondialistes ignorent aussi la prise de position officielle en faveur du libéralisme économique des pays d'Afrique qui ont adhéré au NEPAD (Nouveau partenariat pour l'Afrique), programme international basé sur l'ouverture progressive des marchés et l'assistance aux pays qui améliorent leur gouvernance. Avec le NEPAD:
· Pour la première fois de l'histoire, l'Afrique met sur pied elle-même une stratégie de développement unanimement approuvée par ses membres. Elle la propose au reste du monde, en reconnaissant:
· que le développement passe par des politiques macroéconomiques saines,
· l'intérêt de l'ouverture internationale,
· le besoin d'une bonne gouvernance,
· l'intérêt d'une stratégie visant à tirer parti de la mondialisation.
Contrairement à ce que les altermondialistes voudraient nous faire croire, les pays pauvres qui ont besoin de développement demandent l'ouverture internationale, c'est-à-dire le libéralisme, ainsi que la mondialisation.
· L'Afrique a connu, depuis dix ans, un changement majeur passé largement inaperçu. Il y a dix ans, le Nord aurait parlé d'équilibre macroéconomique, de rigueur monétaire et d'ouverture aux échanges, le Sud aurait répliqué politique alternative, déficit budgétaire et protectionnisme. Ces politiques alternatives ont été abandonnées par les Africains.
Les Africains se sont aperçu que les politiques alternatives dont rêvent les altermondialistes, avec leurs déficits budgétaires, ne marchent pas. Les altermondialistes qui réclament encore de telles politiques ont 10 ans de retard et se montrent sourds aux réalités de terrain, enfermés qu'ils sont dans leurs croyances basées sur l'idéologie.
· Maintenant les Africains nous proposent eux-mêmes d'appliquer ce que l'expérience, dans le reste du monde, nous a appris être les politiques qui marchent.
· L'Afrique est très en retard dans la mise en œuvre de mesures visant à assurer la sécurité des investissements, des transactions, des biens et des personnes.
Le premier problème qui freine les investissements en Afrique est l'insécurité, conséquence d'une mauvaise gouvernance: comment investir en Afrique si on a peur de perdre son argent, comment envoyer des gens y travailler si on a peur pour leur vie, comment faire du commerce avec les Africains si on a peur qu'ils ne paient pas ce qu'ils reçoivent ou dérobent les marchandises en transit?
La mondialisation
Le développement du commerce et l'abaissement des barrières douanières constituent, avec le développement des télécommunications et des transferts internationaux de fonds, le phénomène appelé mondialisation. Il facilite le mouvement des hommes, des marchandises et des capitaux, donc le développement des sociétés multinationales.
Tout le monde est d'accord sur le fait que la mondialisation doit être régulée, c'est-à-dire sur le fait que les lois (économiques) du marché et l'ouverture des frontières aux mouvements des hommes, des marchandises et des capitaux, ne suffisent pas pour définir les règles d'une société humaine. C'est ainsi qu'en droit français, il y a des dizaines de codes de loi non commerciales (liste: voir [25]). A fortiori, les lois du marché ne suffisent pas pour humaniser la société, c'est-à-dire définir ses règles d'équité, de solidarité, etc. Lorsque les altermondialistes insistent sur cette insuffisance des lois du marché, ils enfoncent des portes ouvertes.
Pour plus de détails sur la mondialisation voir le chapitre "Mondialisation" au début du Tome 2 : Mondialisation et délocalisations du "Cours d'économie pour citoyens qui votent."
La mondialisation facilite aussi la concurrence, ce qui oblige chaque pays et chaque entreprise dans ce pays, à être les plus productifs possibles, pour diminuer les coûts face aux concurrents. Oui, même un pays est en concurrence avec d'autres!
Un pays est comme une entreprise: les frais généraux, non producteurs de biens et de services vendables, pèsent sur sa compétitivité; s'il a des frais généraux élevés, il ne peut dégager les ressources financières pour se développer; et faute de développement, il est de moins en moins compétitif et ses concurrents peuvent le battre. Or les frais généraux d'un pays sont ses services publics: éducation, armée, hôpitaux, tribunaux, etc. Un pays qui veut gagner contre ses concurrents se doit donc de réduire son budget de fonctionnement au moins au même niveau que le leur.
Le budget de fonctionnement d'un pays est mesuré par le pourcentage de l'ensemble des biens et services qu'il produit (appelé PIB, Produit intérieur brut) consacré à ce fonctionnement. La France, avec environ 50% de son PIB dépensé par l'Etat et prélevé sur les revenus de ses résidents sous forme d'impôts, est fort mal placée à ce point de vue. Il n'y a que deux pays au monde où l'Etat est encore plus dépensier: la Suède et le Danemark, et encore à peine plus.
Parce qu'elle pèse sur les prix des produits et services et améliore leur qualité, la concurrence est bénéfique à un pays et au niveau de vie de ses citoyens, mais elle exige l'élimination des gaspillages. C'est pourquoi, en étudiant le problème des coûts des services publics en France et ailleurs, les économistes sont arrivés à la conclusion que pour éliminer les gaspillages il fallait inciter les fonctionnaires à être plus productifs, pour pouvoir rendre de meilleurs services à leurs concitoyens tout en étant moins nombreux. Et la forme la plus efficace d'incitation étant la concurrence, ils ont imaginé de privatiser un certain nombre de services publics, ou de mettre ceux-ci en concurrence avec des entreprises privées.
Mais certains fonctionnaires, notamment ceux qui se laissent manipuler par des syndicats d'extrême-gauche (voir [5]), ont vu dans cette course à la productivité et cette mise en concurrence l'obligation de travailler plus dur parce qu'on évaluerait leur productivité. Ne voyant pas pourquoi ils devraient désormais faire des efforts auxquels ils n'étaient pas tenus jusque là, ils ont protesté en prétendant que l'état "néolibéral" essayait de démanteler le service public. Jouant sur le fait que, dans leur grande majorité, les Français ne connaissent pas les chiffres de l'immense gaspillage de fonds publics dû à l'Etat (voir [4] et [5]), ils opposent le maximum de résistance aux changements, pour protéger leurs privilèges. Ils appellent "démantèlement des services publics" une simple réduction des privilèges dont ils profitent aux frais des autres citoyens. Il n'a jamais été question de démanteler les services publics, indispensables aux citoyens et aux entreprises du pays.
C'est du combat d'arrière-garde de ces fonctionnaires que les altermondialistes tirent leur phobie du "démantèlement des services publics".
Nous avons vu ci-dessus ce qu'est l'OMC. L'échec de la négociation OMC de Cancun, en septembre 2003, est dû avant tout à l'égoïsme protectionniste de l'Union européenne et des Etats-Unis, qui refusent de diminuer les subventions à leurs agriculteurs, notamment aux producteurs de sucre et de coton, parce que les voix de ces agriculteurs peuvent faire basculer n'importe quelle élection.
Mais il est aussi dû en partie aux altermondialistes, et ceux-ci s'en sont réjouis. Cet échec a fait le jeu des Etats-Unis. Puisque Cancun n'a pu instaurer de règles commerciales internationales communes, les Etats-Unis concluent des accords bilatéraux, plus favorables pour eux qu'un accord général, car ils sont plus forts dans une négociation avec un pays isolé que contre l'ensemble des pays de l'OMC.
La stratégie anti-OMC des altermondialistes est donc illogique, car la négociation multilatérale dans cet organisme est précisément à même de contrer les Etats-Unis, pour rendre le commerce mondial plus équitable. Cela s'est encore produit récemment, l'OMC ayant imposé aux Américains des sanctions qui se chiffrent en milliards de dollars, pour leur politique de taxation des importations d'acier contraire à leurs engagements.
Le Fonds Monétaire International est une institution internationale rattachée à l’O.N.U., fondée par la conférence de Bretton Woods en 1944. Elle compte environ 160 pays membres. Ce n’est pas un organisme de développement. Il a été chargé à l’origine d’assurer la régulation du système monétaire international, accordant des prêts aux pays dont la balance des paiements était en déficit et, au-delà d’un certain seuil, imposant aux pays emprunteurs des politiques de redressement. Depuis l’abandon du système de Bretton Woods et la hausse du prix du pétrole, le FMI est intervenu à de nombreuses reprises pour aider les pays à surmonter les déséquilibres dans leur balance des paiements. Il a ainsi créé des facilités pétrolières, des facilités alimentaires, et des aides à la balance des paiements.
Le FMI subordonne l’octroi de ses prêts à des mesures d’assainissement des économies endettées, telles que la réduction des dépenses publiques, la vérité des prix, le freinage ou la réduction des salaires et le resserrement du crédit, de manière à réduire les importations et à ralentir l’inflation. Ces mesures améliorent la balance commerciale, mais parfois au prix d’une grave récession.
La récession est intervenue, par la faute du FMI, lorsque celui-ci a imposé des mesures d'ouverture commerciale et financière trop rapides et trop brutales à des économies encore convalescentes. Cette erreur de politique a été dénoncée de manière précise et rigoureuse par Joseph STIGLITZ, Prix Nobel d'économie 2001, dans son livre [6]. Elle a été reconnue aujourd'hui par le FMI, qui a adopté des pratiques bien plus prudentes.
En somme, le FMI aide ceux des pays qui acceptent de faire les efforts suffisants pour sortir de leur situation désastreuse. Cette aide est efficace, c'est pourquoi autant de pays ont adhéré au FMI. Ils l'ont fait de leur plein gré, parce qu'ils y trouvaient avantage.
En accusant le FMI de ne pas se préoccuper de démocratie ou de droits de l'homme, les altermondialistes lui reprochent, en fait, de soutenir les gouvernements antidémocratiques ou totalitaires en place, au lieu de lutter pour les déstabiliser. L'attitude du FMI est normale, c'est celle de toute agence ou émanation des Nations Unies, organismes qui ont pour règle - comme l'ONU elle-même - de ne pas agir contre des gouvernements en place et de ne pas se mêler des affaires intérieures d'un pays membre.
En outre, si le FMI était laxiste en aidant des pays qui ne font pas les efforts nécessaires, son argent serait gaspillé, ce que ses membres prêteurs veulent évidemment éviter. Et le laxisme n'est pas la bonne méthode pour assainir une économie.
Il faut bien comprendre que la principale cause de la misère et du faible progrès des pays pauvres, notamment en Afrique, est la mauvaise gouvernance: corruption généralisée, pillage des ressources par la classe (souvent l'ethnie) au pouvoir, et achats d'armes. Il ne faut pas appeler "dictature du FMI" la pression que fait cette organisation sur les gouvernements emprunteurs pour qu'ils soient honnêtes. Les altermondialistes ont tort de réclamer plus de dons et d'effacement de dettes en faveur de ces pays pauvres, au lieu de réclamer ce qui est plus urgent - que leurs gouvernements se conduisent bien.
En somme, le FMI se comporte comme tout banquier: avant de prêter de l'argent, il vérifie la solvabilité de l'emprunteur, pas ses mœurs. Les altermondialistes, eux, voudraient qu'il force leurs dirigeants à s'occuper de démocratie et de droits de l'homme, ce qui n'est pas le rôle d'un banquier et qu'il n'a pas le pouvoir de faire.
Ce point a été abordé ci-dessus. A la base du refus des altermondialistes, il y a la peur des efforts que chaque travailleur doit faire lorsqu'il y a de la concurrence, même s'il est fonctionnaire. En fait, l'accusation d'ouverture systématique des altermondialistes exagère un peu.
· Il y a des secteurs d'activité qu'on ne peut ouvrir à la concurrence internationale, comme les forces armées, les forces de l'ordre, les juges et avocats (qui doivent être compétents en droit français et au courant de nos habitudes de vie), le personnel de santé (pour soigner dans un hôpital français il faut habiter en France), les fonctionnaires des impôts, etc.
· Il y a des secteurs d'activité et des entreprises qu'il faut ouvrir à la concurrence internationale le plus vite possible, pour mettre un terme aux gaspillages et aux privilèges scandaleux de leur personnel. Exemple: EDF-GDF, dont le personnel reçoit (par l'intermédiaire de ses Comités d'entreprise) environ 400 Millions d'euros par an, représentant un bonus de 1% de l'énergie facturée, privilège qui remonte à la Libération.
· Il y a des secteurs d'activité où la concurrence permet un meilleur service rendu à moindre coût. Exemple: l'enseignement libre, où les élèves sont mieux encadrés, moins agressifs, et les professeurs plus libres d'enseigner comme ils veulent, au lieu d'obéir aux ukases des syndicats de l'Education nationale.
· Il y a des secteurs impossibles à ouvrir à la concurrence, où il faut assurer le service public même si cela coûte de l'argent à la collectivité. C'est le cas des infrastructures des régions peu habitées, par exemple.
· Il y a un secteur important, l'agriculture, où la moitié du revenu des exploitants provient de subventions. Est-ce là une ouverture à la concurrence marchande internationale?
En simplifiant à outrance les problèmes, en faisant des amalgames, les altermondialistes font preuve, sur ce point, de leur peu de sérieux et d'un manque d'honnêteté intellectuelle.
Le commerce équitable est une manière de garantir aux producteurs de pays pauvres une rémunération décente de leurs produits (café, bananes, petits objets...). Il repose sur l'accord de certains consommateurs des pays riches pour payer plus cher ces produits, sachant que cela profitera à des paysans ou artisans de pays pauvres. C'est donc une forme de charité. A ce titre, on ne peut qu'y souscrire.
Mais les années d'expérience de ce type de commerce qu'on a aujourd'hui (exemple: "Max Havelaar") ont montré que le pourcentage de vente de produits de commerce équitable plafonne, pour chaque produit, à environ 5% du marché. C'est mieux que rien, mais cela ne justifie en aucun cas la volonté de remplacer la totalité du commerce concurrentiel par du commerce équitable.
La plupart des altermondialistes sont "anti-OGM" parce que, pour eux qui sont anticapitalistes, les OGM sont produits par des multinationales et doivent donc être rejetés sans discussion de leur utilité. Nous allons voir l'absurdité et le caractère scandaleux et désastreux de cet a priori.
Définition d'une biotechnologie
"Sous le terme biotechnologie, on désigne habituellement tout un ensemble de techniques qui visent à l’exploitation des micro-organismes, des cellules animales et végétales et de leurs constituants, tels que les enzymes, pour la production de biens et de services."
"Le potentiel de développement des méthodes biologiques modernes annonce des changements majeurs dans les domaines du médicament et de la santé, de l’alimentation et dans l’agriculture. Les biotechnologies apportent des éléments de réponse à quelques-uns des grands problèmes de notre planète: la malnutrition, la maladie, le coût de l’énergie, la pollution."
Les promesses des biotechnologies sont donc extrêmement importantes pour l'Humanité.
"La carte génétique du génome humain, publiée en 1996, a déjà permis de localiser les gènes responsables de nombreuses maladies. Il s’agit aussi bien d’anomalies touchant un seul gène (mucoviscidose, hémophilie) que d’altérations de plusieurs gènes participant à la formation de tumeurs cancéreuses."
Aujourd'hui, on commence à comparer les gènes des cellules cancéreuses à ceux des cellules saines, ce qui donne d'immenses espoirs de comprendre correctement les mécanismes de prolifération cancéreuse et de les maîtriser.
"L’exploration du génome des plantes progresse également à partir de l’étude de plantes modèles choisies par la communauté scientifique internationale, comme le riz. Le déchiffrage du génome des plantes constitue un des enjeux majeurs de l’agriculture du vingt-et-unième siècle. Alors que les méthodes classiques de sélection atteignent leurs limites, la génétique moléculaire apporte de nouvelles possibilités. Elle permet de repérer directement les gènes au niveau de l’ADN, et non plus par leur expression phénotypique. C’est ainsi que peuvent être identifiés et isolés les gènes qui contrôlent des caractères agronomiques importants tels que la précocité, le rendement, la résistance aux virus pathogènes, etc. Il est ensuite possible d’améliorer une plante donnée en y introduisant, par transformation génétique, des gènes choisis en fonction de leur intérêt."
"Les plantes transgéniques offrent d’intéressantes perspectives pour la santé humaine dans différents domaines. Outre celle qui consiste à tester la possibilité et l’intérêt économique d’une production de médicaments par des plantes – qui, alors, ne devront évidemment pas être consommées –, de nombreuses recherches visent aujourd’hui à la production de vaccins par des végétaux.
Il peut s’agir soit de vaccins qui seront utilisés après purification, soit, dans certains cas, de plantes qui pourront elles-mêmes constituer un vaccin actif par voie digestive. On perçoit tout l’intérêt qu’il y aurait, notamment dans des pays en développement, à utiliser de telles stratégies de vaccination. Par exemple, des essais seront réalisés pour vacciner des enfants contre certaines formes de diarrhées infectieuses à l’aide de fruits, par exemple des bananes transgéniques."
"Les animaux d’élevage peuvent également être génétiquement modifiés pour devenir résistants à certaines maladies, ce qui peut conduire à réduire les pertes et à limiter très notablement l’usage d’antibiotiques."
On voit l'immense intérêt des recherches sur des plantes OGM, notamment pour des pays pauvres.
C'est parce que les cultures OGM ont un immense potentiel pour les pays pauvres que le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) les recommande. Il est donc scandaleux que les altermondialistes "verts", comme la Confédération paysanne de José Bové, proclament le caractère nocif des cultures OGM, en sous-entendant qu'ils savent mieux que les savants et les Nations unies ce qui est bon pour les agriculteurs pauvres.
Recherche et industrialisation des biotechnologies
"La possibilité, clairement démontrée, de concevoir des systèmes de production biologique selon des schémas rationnels est une des raisons de l’intérêt porté aux biotechnologies par les pouvoirs publics, les entreprises et les milieux financiers de la plupart des pays industrialisés. C’est ainsi que des programmes nationaux ont été mis en place, entre 1985 et 1990, en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas et dans le cadre des instances européennes. Aux États-Unis, se sont créés de nombreux centres de biotechnologies, structures d’interface qui favorisent la mobilité des chercheurs entre les universités et les entreprises."
Risques potentiels et réglementation
"L’aspect réglementaire est très important pour une grande partie des produits issus des biotechnologies pour la santé ou l’agroalimentaire, et donc soumis à des procédures d’autorisation nécessitant des études toxicologiques très poussées, qui peuvent retarder de plusieurs années leur mise sur le marché."
"Comme pour toutes les technologies nouvelles, l’utilisation des techniques du génie génétique présente des risques potentiels qui doivent être évalués et contrôlés. La nature des dangers potentiels, que font courir aux êtres vivants les micro-organismes modifiés génétiquement, a été analysée avec attention aux États-Unis et dans les autres pays industrialisés.
Tout un ensemble de précautions à prendre en recherche et lors de la manipulation de volumes importants de cultures microbiennes ont été définies en 1976 et revues périodiquement depuis. Dans ces différents pays, un comité de spécialistes donne, cas par cas, un avis sur les règles de confinement que doivent respecter les projets de recherche et de développement.
Bien que la réglementation se soit assouplie, certains des risques évoqués dans les années 1970 subsistent, notamment en ce qui concerne les recombinaisons possibles entre génome et virus, d’où les mesures de confinement prises pour la transgenèse et la thérapie génique.
Une autre préoccupation concerne les effets à long terme sur les écosystèmes de la dissémination d’organismes génétiquement modifiés. La Commission européenne a publié, en 1990, deux directives qui réglementent l’utilisation et la dissémination d’organismes génétiquement modifiés. En France, la loi du 13 juillet 1992 confie la procédure d’autorisation, selon le cas, à la Commission de génie génétique placée sous la tutelle des ministères chargés de la recherche et de l’environnement, ou à la Commission du génie biomoléculaire, qui dépend des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement."
Il y a donc des risques si on ne maîtrise pas la dissémination de microbes ou plantes génétiquement modifiés. De ce fait, les pouvoirs publics ont prévu des autorisations à obtenir cas par cas, dans chaque pays, de comités scientifiques placés sous l'autorité des gouvernements.
Le risque OGM provenant des pays ou des champs voisins
Dans un pays pauvre, si une plante génétiquement modifiée peut donner des rendements supérieurs à ceux des plantes traditionnelles, tout en exigeant moins de pesticides, les autochtones auront tendance à l'adopter, même s'il y a un risque pour l'environnement. Leur crainte de la faim, bien concrète et à court terme, est plus forte que leur crainte pour l'environnement, plus abstraite et à long terme.
Si un pays "A" applique le principe de précaution pour se protéger, en interdisant la culture d'une certaine plante, et que le pays voisin, "B", cultive la plante, "A" peut tout de même être impacté. De nos jours, le développement des transports et du tourisme est tel qu'il est difficile de protéger un pays ou un continent contre les risques de prolifération OGM.
A plus forte raison, une parcelle de plantes transgéniques, du maïs par exemple, peut si on n'y prend garde, "polluer génétiquement" une parcelle voisine de maïs non transgénique.
Il y a des végétaux OGM sans risque de dissémination
Les scientifiques ont inventé des plantes (exemple: des variétés de blé) dont les graines sont stériles, incapables de produire d'autres plantes, donc non susceptibles de dissémination sauvage. Cet exemple montre que le principe de précaution ne doit pas être appliqué de manière aveugle: il y a des cas où il est inutile.
Le faux scandale de la dépendance à l'égard d'une multinationale
Des militants anti-OGM ont crié au scandale, une telle plante stérile obligeant l'agriculteur à acheter chaque année de nouvelles semences, le rendant ainsi dépendant de son fournisseur, souvent une multinationale. Cette dépendance est réelle, mais pourquoi, alors, ne pas aussi crier au scandale quand les divers types de maïs non transgénique vendus en France sont des hybrides, qui perdent certaines propriétés intéressantes d'une génération à la suivante si on les replante? Dans ce cas aussi, le paysan qui les cultive doit racheter chaque année ses semences. Et il le fait parce que les caractéristiques de ces hybrides sont d'une telle valeur qu'il y trouve son intérêt. Pourtant, dans ce cas, les anti-OGM se taisent.
La vérité est que les anti-OGM sont surtout des altermondialistes, qui pour protester et arracher des cultures utilisent n'importe quel prétexte, même lorsqu'il est sans valeur scientifique. L'idéologie politique, encore et toujours!
Aucun incident à risque sanitaire après 25 ans d'applications
"A ce jour, nul exemple d’incident potentiellement dangereux pour la santé ne peut être attribué au génie génétique, après vingt-cinq ans d’applications dans ce domaine [et la consommation d'OGM par les 300 millions d'habitants de l'Amérique du nord]. Cependant, la possibilité de transférer dans une plante, comme dans tout autre être vivant, n’importe quel gène, provenant de n’importe quel organisme appartenant à n’importe quel règne, permet de créer aujourd’hui des «objets biologiques» dont la Nature et donc l’homme n’ont pas l’expérience, ce qui exige une évaluation au cas par cas de la sécurité de telles opérations et de tels produits."
Des procédures minimisant le risque
"Dans la mesure où le génie génétique, pour obtenir un résultat désiré, réalise des modifications très limitées et faciles à caractériser (transfert d’un seul gène, dont les caractéristiques sont parfaitement connues), l’évaluation des risques potentiels associés à une plante transgénique est relativement aisée.
Ainsi, toute plante transgénique destinée à la consommation est aujourd’hui évaluée selon des critères très sévères, qui appartiennent d’ailleurs plus à la tradition du médicament qu’à celle des produits alimentaires.
· La composition de la plante transgénique est ainsi comparée, pour déceler d’éventuels risques de toxicité, à celle d’une plante non transgénique, à l’état brut et après transformation, selon l’usage qu’en veut faire l’industrie alimentaire.
· La protéine dont la synthèse est éventuellement commandée par le transgène est l’objet d’une étude de toxicologie sur de nombreuses espèces animales tests.
· Cette protéine est également comparée très minutieusement à toutes les protéines auxquelles on a pu attribuer un caractère allergisant, afin de diminuer, autant que faire se peut, le risque que la nouvelle plante ne provoque plus d’allergies que l’ancienne.
· Des tests de nutrition de mammifères de laboratoires par de très grandes quantités de la plante ou de produits la contenant, sont également réalisés.
· La connaissance précise du transgène et de ses effets permet enfin d’envisager – et donc de tester – la possibilité de modifications du métabolisme, soit de la plante elle-même, soit de produits phytosanitaires qu’elle reçoit."
Un aliment "avec OGM" peut être plus sain qu'un aliment "bio"
"En définitive, il semble que les produits qui seront dérivés de ce type de techniques d’amélioration variétale présenteront un niveau de sécurité accru par rapport aux anciens produits qui ne bénéficiaient pas, loin de là, d’un pareil contrôle."
Avec un tel luxe de précautions, une nourriture contenant des OGM présente plus de garanties pour la santé que des produits "bio", dont on n'a vérifié que l'origine purement naturelle, sans trop s'inquiéter du fait qu'il y a dans la nature des plantes et microorganismes toxiques!
Extrait de l'article du Professeur Jean-Paul Moisan Génétique, trop de craintes irraisonnées (Le Figaro, 24/08/2001)
"Un aliment transgénique peut améliorer notre santé: le riz "golden", financé par l'Union Européenne et conçu par des laboratoires académiques, est un bel exemple de l'intérêt des OGM pour l'humanité. Il devrait ainsi permettre de rétablir un équilibre dans le régime alimentaire carencé de certaines populations asiatiques, à l'origine de cécité touchant quelques millions de personnes."
Cet OGM n'a pas été créé par une multinationale pour son seul profit, mais bel et bien par l'Union européenne dans un but humanitaire." Condamner tous les OGM sans distinction est donc absurde et intellectuellement malhonnête.
Prendre le temps de tester les OGM
En pratique, la prudence veut que l'on se donne assez de temps pour tester scientifiquement l'impact des OGM sur l'homme et la nature, en laissant le temps aux végétaux de pousser et aux microbes de subir d'éventuelles mutations. De tels essais peuvent demander des années.
Du fait de leur durée, ces tests de précaution coûtent cher et retardent la mise sur le marché de produits industriels susceptibles de générer des bénéfices. Il y a donc un conflit entre la prudence nécessaire pour protéger l'homme et son environnement, et la volonté des industriels de gagner le maximum d'argent le plus vite possible.
Ce conflit est arbitré par les Etats, qui réglementent les pratiques autorisées. Affirmer, comme le font les anti-OGM, que tous les OGM sont néfastes, qu'ils n'ont de potentiel que nocif et que les réglementations des Etats ne protègent pas suffisamment les populations, revient à nier aux Etats, et aux scientifiques dont ils tirent leurs règlements, toute compétence. Les excités sans diplôme ni fonction officielle qui arrachent des cultures expérimentales prétendent savoir mieux que les chercheurs et les comités scientifiques officiels ce qui est bon pour leurs concitoyens.
Comment travaille la recherche publique sur les OGM: un organisme officiel français de recherches, le CIRAD
Le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement http://www.cirad.fr/) est un organisme scientifique français spécialisé en recherche agronomique appliquée aux régions chaudes. Il a pour mission de contribuer au développement rural des pays tropicaux et subtropicaux par des recherches, des réalisations expérimentales, des actions de formation en France et à l'étranger, ainsi que par l'information scientifique et technique. Ses activités recouvrent les domaines des sciences agronomiques, vétérinaires, forestières et agroalimentaires.
Doté d'un budget de 1 milliard de francs, le CIRAD participe à une coopération internationale avec plus de 90 pays d'Afrique, d'Asie, du Pacifique, d'Amérique latine et d'Europe. Son effectif est de 1800 personnes, dont 900 cadres.
La recherche publique en matière d'OGM
Le texte ci-dessous est extrait d'un article du journal Libération sur le CIRAD et José Bové.
"Les représentants de la recherche publique s'expliquent point par point. Non, ils ne sont pas favorables a priori aux OGM. Oui, ils pensent que les plantes transgéniques peuvent, peut-être, servir au tiers-monde. «A l'heure actuelle, la situation des pays du Sud est la suivante: soit ils continuent à pratiquer une agriculture extensive et à défricher les forêts tropicales, soit ils passent à des pratiques intensives, ce qui sous-entend le recours massif aux produits chimiques, soit ils trouvent d'autres moyens», expose Bernard Bachelier, le directeur général du CIRAD. Et, parmi ces moyens, les fameux OGM, mis au point, pourquoi pas, par le Centre, mais cédés ensuite, gratuitement, aux pays du Sud.
Pour autant, la mission du CIRAD ne s'arrête pas là. La recherche publique doit également jouer un rôle d'expert afin de pouvoir relativiser, le cas échéant, les affirmations toujours excessivement optimistes des géants du privé des biotechnologies. Et, pour pouvoir mener ces deux missions à bien, le CIRAD doit donc cultiver des OGM. Car, continuent en substance ses dirigeants, le respect du principe de précaution ne veut pas dire, comme le prétend la Confédération paysanne [de José Bové], que dans le doute il faut s'abstenir, mais au contraire «agir au mieux pour gérer la situation d'incertitude. On remplace l'absence de certitude par la rigueur des procédures», comme l'a expliqué, jeudi au tribunal [où on jugeait la destruction de plants OGM du CIRAD par José Bové et ses amis], Philippe Kourilsky, directeur général de l'Institut Pasteur et professeur au Collège de France."
La campagne malfaisante de José Bové et la Confédération Paysanne
Si on ne fait pas de recherches sur les OGM, on est sûr de ne pas disposer de plantes qui pourraient résoudre d'énormes problèmes du Tiers Monde, comme la faim et la maladie.
Lorsque José Bové et ses amis détruisent des cultures OGM du CIRAD:
· ils agissent contre le Tiers-monde bien que, parfois, ils prétendent le contraire;
· ils affirment qu'une recherche OGM ne peut engendrer que du malheur, alors que c'est le contraire qui est prouvé (voir ci-dessous le texte sur les champs de coton en Afrique du Sud);
· ils affirment savoir a priori, sans preuve et mieux que l'Etat et ses scientifiques, ce qui est bien ou mal;
· ils sabotent des recherches effectuées pour le compte de l'Etat avec des fonds publics;
· leur action de destruction de cultures publiques est antidémocratique, puisqu'ils imposent par la force leur point de vue contre celui de l'Etat républicain;
· ils revendiquent leurs actions devant la télévision et la Justice, ce qui incite d'autres irresponsables à les imiter.
Le point de vue du Ministre de la Recherche du gouvernement Jospin
Dans son article "OGM: pour le droit à la recherche" publié dans Le Figaro du 28/08/2001, le Ministre de la Recherche, M. Roger-Gérard Schwartzenberg, écrit:
"Le discours des militants anti-OGM est partiel et fragmentaire quand il fait silence sur les perspectives ouvertes par les cultures transgéniques. Le génie génétique devrait permettre des cultures résistantes aux virus, endurantes à la sécheresse et plus nutritives. Ce qui faciliterait la lutte contre la malnutrition dans le tiers-monde et la meilleure satisfaction des besoins alimentaires croissants dans la population mondiale, comme l'a souligné le Programme des Nations-Unies pour le développement. C'est précisément ce que fait la recherche publique, indépendante des intérêts privés."
"Ce qui est en cause, avec la destruction d'essais en serres, naguère, et avec celle de parcelles expérimentales, aujourd'hui, c'est le droit à la recherche, c'est le libre accès à de nouvelles connaissances."
Le Ministre de la Recherche du Gouvernement de gauche ne peut être suspecté de favoritisme à l'égard des multinationales.
Altermondialisme = néo-obscurantisme
Le Ministre poursuit: "Le refus de savoir, le refus de l'acquisition de nouvelles connaissances serait-il une attitude progressiste? Ce comportement antimondialiste ferait-il avancer le nécessaire débat? Et ce néo-obscurantisme serait-il compatible avec une société cartésienne qui repose sur le libre examen?"
Un gouvernement en pleine contradiction
Le Gouvernement de M. Lionel Jospin avait donc un ministre favorable aux recherches OGM. Il avait aussi un ministre contre, celui de l'Environnement. Et un Ministre de l'Intérieur qui a fait ordonner aux gendarmes (par préfets interposés et jusqu'au 28/08/2001) de ne pas empêcher la destruction de cultures OGM expérimentales, que le Ministre du Budget avait financées. Leur coordination était assurée par le Premier Ministre. Comprenne qui pourra!
Dans les champs de coton OGM d'Afrique du Sud
Le texte ci-dessous est extrait d'un article publié dans le Figaro du 14/05/2001.
"Plus que deux traitements insecticides par an au lieu de huit et des rendements en hausse de 30% en moyenne. Des centaines de petits agriculteurs ont opté librement pour une technologie que l'on croyait pourtant réservée aux grandes exploitations des pays industrialisés.
En divisant par quatre la consommation d'insecticides particulièrement nocifs et en augmentant sensiblement le revenu par unité de surface, ce coton doté d'un gène breveté par Monsanto a grandement amélioré les conditions de vie de ces petits paysans, qui n'ont que quelques hectares de terre pour survivre. Même si le recul est encore insuffisant pour porter un jugement définitif, cette expérience, lancée il y a trois ans, suggère que le génie génétique – à condition qu'il soit bien maîtrisé – pourrait être, dans les années à venir, un formidable levier de développement pour l'ensemble du continent africain. Le fait que Monsanto en soit l'initiateur ne doit pas empêcher de le souligner.
L'Afrique du Sud est le seul pays du continent africain à s'être doté, depuis 1998, d'une réglementation sur la culture commerciale de plantes transgéniques. Pour l'instant, deux variétés de Monsanto bénéficient d'une autorisation officielle de mise sur le marché: le coton Bollgard (12000 hectares l'an passé) et le maïs Yieldgaard (75000 hectares, soit environ 5% du total des surfaces), tous deux génétiquement résistants aux insectes. D'autres sont à l'étude ou en attente d'inscription, en particulier des fraises, du maïs et du sorgho résistants à certains champignons parasites, des pommes de terre résistantes à des virus et une canne à sucre résistante à un insecte ravageur, l'Eldana."
Sur ce point, les altermondialistes - et particulièrement leur composante écologiste - ont raison d'attirer notre attention sur les dangers qui menacent notre planète, et les futures générations encore plus que la nôtre. Tant qu'un puissant courant d'opinion, dans tous les pays, n'exigera pas des gouvernements d'agir de manière contraignante et coordonnée sur les entreprises qui polluent, l'intérêt de celles-ci sera de réduire au maximum leurs dépenses, même si c'est au détriment de l'environnement.
En outre, une action coordonnée des clients des entreprises, par boycott par exemple, peut obliger celles-ci à faire les investissements nécessaires.
Nous savons que l'opinion d'un pays se forme à partir des médias, c'est donc sur eux qu'il faut que les altermondialistes et les autres citoyens soucieux d'écologie agissent.
Il y a aussi le grave problème des pays émergents à forte démographie: Chine, Inde, Indonésie, etc. Ces pays en croissance rapide polluent nécessairement de plus en plus. Aujourd'hui, ils sont bien plus motivés par leur croissance que par le respect de l'environnement. Et lorsqu'on leur demande des efforts, ils répondent qu'ils polluent moins, par habitant, que les Etats-Unis, ce qui est vrai. Ils exigent donc que les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie, etc. fassent de gros efforts les premiers. Ils ajoutent que les coûts de dépollution grevant sérieusement la compétitivité, c'est aux pays et entreprises riches d'investir les premiers.
J'observe, cependant, que les altermondialistes écologistes oublient systématiquement, dans leurs attaques, l'ancienne URSS qui a pourtant été coupable de désastres écologiques colossaux, que deux exemples suffisent à illustrer :
· Le nucléaire soviétique, qu'il soit civil (Tchernobyl) ou militaire (sous-marins nucléaires pourrissant dans l'arctique sans protection, rejets radioactifs dans l'environnement, etc. pollue encore et polluera pendant des milliers d'années plus que tout le reste du monde réuni.
· La mer d'Aral, privée depuis 1960 d'une partie considérable de ses arrivées d'eau (fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, détournés pour irriguer des cultures) se vide et a perdu environ la moitié de sa superficie. Entre 15 et 75 millions de tonnes de sable et de poussière, pollués par des pesticides, sont emportées chaque année par le vent de son fond asséché jusqu'à une distance de 250 kilomètres. La région a ainsi enregistré en quinze ans une augmentation de 3000% des bronchites chroniques et des maladies du rein et du foie, notamment du cancer. L'arthritisme a augmenté de 6000% et la mortalité infantile est l'une des plus élevées du monde. Sur les 85.000 habitants de l'Aral kazakh, 40.000 vivaient de la pêche; cette activité a pratiquement cessé et des communautés entières de pêcheurs sont maintenant sans travail. Enfin, l’assèchement de la mer a rendu le climat local plus rude: les hivers sont plus rigoureux et les températures estivales plus élevées. (Sources: [26] et Encyclopédie UNIVERSALIS).
Il est important de noter que les altermondialistes accablent seulement les pays capitalistes et leurs multinationales de reproches en matière d'écologie, en oubliant l'URSS communiste et la dictature Russe qui lui a succédé. Cachez le naturel (communiste), il revient au galop.
Langue et culture françaises en danger
La mondialisation menace la langue française dans quatre domaines:
· La diplomatie, où le français est encore une langue des Nations Unies, mais où la prédominance de l'anglais s'affirme chaque jour davantage. Dans notre monde, l'anglais domine parce que le bloc Etats-Unis + Angleterre + Canada + Australie domine politiquement, économiquement, militairement et sur le plan du volume des productions culturelles (cinéma, télévision, etc.). Ne pouvant changer cette domination en matière de diplomatie, il ne nous reste plus qu'à accepter notre sort, comme les Allemands ou les Italiens qui sont dans le même cas.
· Les publications scientifiques, où les revues les plus importantes du monde, "Nature" et "Science", sont en langue anglaise, et où les chercheurs qui lisent et publient en anglais sont infiniment plus nombreux que ceux qui parlent français. Tout ce que nous pouvons faire pour promouvoir le français c'est de traduire les textes les plus importants en notre langue et de traduire en anglais les meilleurs textes français. Là aussi, notre sort est le même que celui de la plupart des autres peuples.
· Le rayonnement culturel: voir plus bas.
· La langue de tous les jours, où des mots anglais entrent de plus en plus. Avant de traiter ce sujet ci-dessous, une remarque s'impose: l'anglais est encore plus menacé que le français. Je suis bilingue français-anglais depuis l'enfance, j'ai vécu aux Etats-Unis où j'ai fait de nombreuses conférences et écrit des livres et des articles. Malgré cela, la langue utilisée par les journalistes américains et les films de Woody Allen me pose des problèmes. Je bute sans arrêt sur des néologismes impossibles à comprendre si on n'a pas suivi la dernière série télévisée à succès de CBS ou le dernier procès à scandale aux USA. Les Américains sont en train d'ajouter à la langue anglaise traditionnelle un nombre considérable de mots au sens mal défini et d'expressions venant de l'yddish, de l'allemand, du japonais, de l'espagnol ou du français. Aucun dictionnaire n