Patriotisme ou démagogie ?

Mise à jour : 03/07/2006

Ce texte vilipende les récentes exhortations de certains politiciens français à refuser de vendre nos entreprises à des étrangers et à acheter de préférence des produits français

 

Pour défendre le Traité constitutionnel, le président Chirac avait répété à ses concitoyens que c'était un traité français, qu'il allait les protéger des dangers et des excès de l'Union européenne sans toucher à notre modèle social français. En somme, il leur demandait à la fois de pardonner à l'Union ses excès et ses menaces et d'accepter de la renforcer !

 

Son plaidoyer sur ce sujet faisait suite à des années pendant lesquelles « Bruxelles » avait servi de bouc émissaire pour justifier toutes les mesures impopulaires, « que la France n'aurait à l'évidence jamais prises si elle n'y avait été contrainte ». Les règles « ultralibérales » de l'Union (conséquences redoutables de la mondialisation) interdisaient de faire trop de déficit, de subventionner les entreprises mal gérées qui risquaient de licencier, de continuer à laisser les monopoles comme EDF ou la SNCF gérer des pans entiers de l'économie au profit de leurs fonctionnaires plus que des consommateurs. Bruxelles était accusée de tous les maux. Alors, quand le Président a demandé aux Français de renforcer et pérenniser les institutions européennes, ils lui ont dit NON.

 

Des esprits optimistes espéraient que M. Chirac aurait tiré les leçons de sa défaite, qui en était une encore plus grande pour la France, mais voilà que son Premier ministre remet ça. Au lieu d'expliquer aux Français que si l'Europe s'est dotée d'institutions libérales (avec l'accord et la signature de la France), c'est parce que :

§           Son Marché commun apporte depuis 50 ans le progrès économique ;

§           L'ouverture des frontières à la libre circulation des marchandises et des capitaux est la meilleure solution contre le chômage, puisque nos exportations font vivre le quart de nos travailleurs ;

§           La concurrence profite toujours aux consommateurs ;

Au lieu d'expliquer enfin ces vérités aux Français pour en tirer les conséquences de politique économique, notre Premier ministre prône un nationalisme économique si étroit qu'il frôle la xénophobie.

L'affaire Danone

M. de Villepin a lancé un vibrant appel (son éloquence est toujours vibrante) pour que les épargnants français détenteurs d'actions de sociétés françaises comme Danone ne les vendent pas à des étrangers, même si leur intérêt d'actionnaire est de les vendre parce que des étrangers leur en offrent un prix inespéré.

 

Pour notre Premier ministre, il est clair que si des étrangers prennent le contrôle de cette multinationale française, la France en souffrira. C'est si clair qu'il ne prend pas la peine d'expliquer en quoi, tant ses concitoyens doivent trouver la chose aussi évidente que lui. Voyons donc un peu ces détails dans lesquels il n'entre pas.

 

D'abord Danone appartient déjà à 46 % à des actionnaires étrangers ([1] page 35), comme le reste des grandes sociétés françaises faisant partie de l'indice CAC 40 : en moyenne, les actions de celles-ci étaient déjà détenues par des étrangers à 46.4 % fin 2005 [2]. Sachant que Danone a de nombreuses et puissantes filiales achetées à l'étranger, on ne voit pas comment celles-ci n'auraient pas apporté une proportion significative d'investisseurs étrangers, en plus de ceux qui ont acheté des titres Danone à la bourse de Paris.

 

En France Danone est un industriel qui a trois activités principales, dont aucune n'est délocalisable, car :

§           Des usines de transformation du lait en France ne peuvent être délocalisées, le lait ne tolérant pas le transport lointain ; et pour la même raison on ne peut priver les producteurs de lait français de leurs ventes à Danone en apportant aux usines Danone du lait étranger ;

§           La partie eau minérale (EVIAN, etc.) de Danone n'est pas délocalisable non plus (même raison de non-transport que l'eau de source) ;

§           Si on veut fabriquer des biscuits moins cher que la troisième partie de Danone, il suffit de les fabriquer à l'étranger et de les importer, sans commencer par acheter des usines françaises ;

§           Non seulement Danone fabrique en France, mais la grande majorité de son marché pour ces fabrications est en France : alors pourquoi délocaliser ?

 

Donc des étrangers qui prendraient le contrôle majoritaire de Danone n'auraient aucun intérêt à en délocaliser l'activité française. En fait, s'ils investissaient pour prendre ce contrôle, ils le feraient tout simplement parce que l'entreprise est rentable car bien gérée. Et on ne détruit pas une entreprise qui marche.

 

Il n'y avait donc aucun inconvénient économique pour des travailleurs français a laisser des investisseurs étrangers finir de prendre un contrôle qu'ils ont déjà à 46 %. Par conséquent, la réaction des politiciens français montant au créneau contre la prise de contrôle de cette entreprise française par des étrangers est du nationalisme relevant de la pure xénophobie. Il ne s'explique que par la démagogie consistant à faire croire aux électeurs qu'on se bat pour défendre les intérêts du pays. A ce compte-là, pourquoi n'empêche-t-on pas des retraités étrangers d'acheter des résidences secondaires en France, faisant ainsi monter les prix immobiliers dans certaines de nos belles régions ?

 

En fait, M. de Villepin a lancé un appel au patriotisme des investisseurs parce que ses moyens d'empêcher la vente à des étrangers d'actions de sociétés françaises privées sont à peu près nuls.

§           Il peut, par exemple, faire en sorte que des inspecteurs de Bercy lancent un contrôle fiscal en catastrophe dans une société française menacée d'OPA étrangère et y inventent un énorme retard d'impôts, qui plomberait ses comptes au point de faire échouer l'OPA ; le temps que la justice finisse par décider que les soupçons du fisc sont infondés, les investisseurs étrangers auront abandonné leur offre.

§           Il peut également, comme l'a fait M. Sarkozy pour empêcher le suisse Novartis de s'emparer d'Aventis, menacer le repreneur de mauvaise humeur de l'Etat (sic !) et de sa volonté de créer en quelques semaines un repreneur artificiel qui ferait une contre-OPA ; mais tout acte concret de mauvaise humeur ou d'empêchement d'OPA serait sanctionné impitoyablement par Bruxelles. Les politiciens le savent, mais ils jouent sur l'ignorance des citoyens qui croient là aussi, médias à l'appui, qu'on défend l'intérêt de la France.

§           Il peut aussi invoquer le caractère stratégique, irremplaçable, de l'entreprise pour la sécurité de la France, mais à part la poignée de sociétés du complexe militaro-industriel, cet argument ne passerait pas. Il a pourtant été invoqué dans le cas d'Aventis, mais sans convaincre, évidemment.

 

Bref, à part de vibrantes paroles pour exhorter les épargnants français à agir contre leur intérêt, le Premier ministre ne peut rien faire contre la vente d'une entreprise privée à des étrangers : les accords internationaux signés par la France l'en empêchent.

 

Il faut beaucoup d'optimisme pour espérer que des actionnaires français renonceront à un fort bénéfice de revente d'actions, alors qu'ils savent que le fisc de cet Etat qui en appelle à leur patriotisme ne leur fait, lui, aucun cadeau ; ils savent aussi que les gouvernements successifs ont toujours favorisé les salariés (qui font grève et défilent) au détriment des épargnants, qui se laissent tondre en silence.

Acheter français

Profitant des exhortations de M. de Villepin et de quelques politiciens, certains citoyens connus se sont mis à plaider pour que nous achetions français, tant et si bien que les médias ont répété leurs arguments pseudo-patriotiques.

 

Tant que les produits que l'on vend chez nous ont besoin de l'argument « Made in France » pour être préférés à leurs concurrents, ce sont de mauvais produits. Je voudrais que les produits fabriqués dans mon pays soient parmi les meilleurs, qu'ils n'aient pas besoin d'exhortations patriotiques pour convaincre.

        Je sais que de telles pressions trompent les consommateurs, qui finissent toujours par découvrir où leur intérêt se trouve vraiment. La phrase « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » est en-dessous de la vérité : au XXIe siècle, l'absence de concurrence affaiblit. Et comme tout se sait, il y a des retours de bâton : à l'étranger, de nombreux antifrançais en profitent rapidement pour lancer des campagnes de boycott de nos produits et de nos sites touristiques.

Les Français acheteurs d'entreprises étrangères

M. de Villepin et les politiciens antilibéraux majoritaires dans notre pays, qui s'opposent vigoureusement à ce que des étrangers achètent le capital d'entreprises françaises, agissent tout aussi vigoureusement pour acheter des entreprises étrangères : en ce moment, France Télécom achète l'espagnole Amena, et Pernod Ricard vient d'acheter Allied Domecq pour devenir numéro deux mondial de son secteur. Leur logique est la suivante : s'il fallait permettre à des étrangers ce qu'on se permet à soi-même, où irait-on ?

Vendre les autoroutes pour passer les fins de moi difficiles

La fierté du coq gaulois ne supporte pas qu'on vende un groupe industriel. Mais nous devons boucher les trous du budget. Celui-ci est en déficit chronique parce que nos fonctions publiques d'Etat et territoriale pléthoriques nous coûtent trop cher, et que nous payons généreusement trop de chômeurs qui n'ont pas intérêt à travailler. Ce budget risque de nous valoir les foudres de Bruxelles, à cause des retombées inflationnistes des emprunts qui comblent ce déficit chez nos partenaires de la zone euro.

 

Alors, pour boucher les trous de son budget, le gouvernement veut vendre les autoroutes. Il sait bien qu'elles risquent d'être plus achetées par des étrangers que par des Français, mais il n'en a cure. Qui a prétendu qu'il fallait être cohérent en politique ? D'ailleurs on ne délocalise pas un ruban de bitume !

 

Le scandaleux, dans la vente de nos autoroutes, est qu'on sacrifie pour de longues années une véritable poule aux œufs d'or pour boucher quelques mois de déficit ! En effet, il est question de vendre les droits de l'Etat sur les péages des autoroutes pour environ 10 milliards d'euros, ce qui représente environ un cinquième de notre déficit budgétaire annuel. Comme celui-ci persiste et persistera, contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, cela ne fera pas baisser la dette publique de la France, cela retardera seulement la poursuite de sa croissance d'environ 2 mois !

 

Autre argument de faible valeur du gouvernement : « Les droits sur le péage que nous vendrons ne concernent que la période qui va jusqu'à la fin des concessions accordées. Après, l'Etat redevient propriétaire des autoroutes ». En effet, mais en 2001 le gouvernement Jospin a prolongé les concessions des autoroutes jusqu'en 2026, 2028 ou même 2032 [3]. Le moment où celles-ci redeviendront propriété publique est donc infiniment lointain à l'échelle des mandats électoraux : pour MM. de Villepin et Chirac, l'échéance est 2007 et il faut tenir jusque là, alors après 2007…

 

Même un libéral convaincu comme moi admet que les autoroutes sont de l'infrastructure nationale, dont la détention et l'exploitation par l'Etat n'ont pas d'effet nocif sur la concurrence, surtout sachant que les employés des sociétés d'autoroute ne sont pas des fonctionnaires exemptés d'obligations de rendement et de rigueur. Une telle infrastructure d'intérêt public relève bien de l'Etat, et si elle rapporte de l'argent, tant mieux !

 

Du reste, [4] montre à quel point les péages d'autoroute sont indispensables pour financer les infrastructures de transport dont la France a besoin. C'est pourquoi la brader comme le gouvernement envisage de le faire me semble un sacrifice de l'intérêt national à l'intérêt électoral de MM. Chirac et de Villepin, qui essaient de lever des fonds parce qu'ils n'osent pas s'attaquer aux dépenses excessives de l'Etat dont ils ont la charge, par peur des syndicats.

Des attitudes contre l'intérêt de la France

L'attitude nationaliste et antilibérale de M. de Villepin et des politiciens qui le soutiennent ne peut manquer d'exaspérer les étrangers. Constatant notre nationalisme économique, certains éviteront d'investir en France pour fabriquer, réservant leurs investissements à des implantations commerciales, non génératrices d'emplois, pour nous vendre leurs produits. D'autres boycotteront les actions françaises et les produits français. Notre popularité en Europe, déjà amoindrie par le refus du Traité constitutionnel et notre intransigeance en matière de subventions agricoles, sera encore plus basse, entraînant avec elle notre pouvoir de négocier à Bruxelles.

 

Pourquoi ne rappelle-t-on pas aux Français que lorsqu'ils investissent chez nous, les étrangers nous apportent plus que du capital, ils apportent un savoir-faire, des brevets, des technologies, une spécialisation industrielle qui favorise la productivité, et leur propre réseau de vente qui s'ajoute au nôtre. Le plus bel exemple d'étrangers qui sauvent des emplois en achetant le capital d'une entreprise est français, et nous pouvons en être fiers : c'est celui de Renault prenant le contrôle de Nissan, ramenant cette société en perte à une profitabilité enviable, puis profitant de sa technologie, de ses implantations industrielles et de son réseau de vente pour ses propres modèles de voiture ; le tout sans délocaliser un seul emploi français.

 

Pourquoi nos politiciens et nos syndicalistes n'ont-ils que des réflexes de peur face à la mondialisation ? Pourquoi la grande majorité des Français redoutent-ils un licenciement ? Se sentent-ils si dénués de valeur qu'ils sont incapables de convaincre un patron de les embaucher et qu'ils ont donc absolument besoin de lois anti-licenciements ? Est-ce là le « modèle français » ? Pourquoi pas une attitude de conquête ? Non seulement il faut que des Français achètent des entreprises étrangères, il faut convaincre les étrangers d'installer en France :

§           des centres de recherche, pour développer notre savoir-faire, retenir les chercheurs et déposer des brevets ;

§           des sièges sociaux, pour que les centres de décision et certains impôts restent français ; mais pour cela il faut une attractivité fiscale pour les entreprises et leurs cadres dirigeants, c'est-à-dire faire comme les Irlandais.

 

Toutes les restrictions à la mondialisation sont économiquement néfastes pour les consommateurs (car elles diminuent la concurrence) et néfastes pour les entreprises (dont elles limitent le développement et la productivité).

 

Toutes les incitations à une préférence française pour acheter renchérissent les produits en diminuant la concurrence, et finissent par jouer contre les consommateurs.

 

Toutes les incitations aux investisseurs (notamment les institutionnels) à investir français pour constituer des « noyaux durs » non-opéables se font au détriment de leur rentabilité et ont donc des effets négatifs. Et les sociétés ainsi protégées ont tendance à s'assoupir au lieu de se battre pour leur survie en améliorant leurs produits et leur productivité.

Conclusion

Jouer sur la peur de la mondialisation en poussant au nationalisme et à la xénophobie pour gagner des voix agit contre l'intérêt économique du pays. Cette peur a pour seule racine l'ignorance économique crasse de nos concitoyens. L'exploiter est vil. La classe politique et les médias se grandiraient en enseignant un minimum de vérités économiques à nos concitoyens.

 

Daniel MARTIN

 

 

Références

[1]   Etude du Commissariat au Plan de décembre 2003 "Mondialisation et recomposition du capital des entreprises européennes" http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000028/0000.pdf

 

[2]   Rapport MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE, DES FINANCES ET DE L’INDUSTRIE / Banque de France "La balance des paiements et la position extérieure de la France 2003" http://www.finances.gouv.fr/indicateurs/economie_france/balance_des_paiements/an2003/bdp2003_partie1.pdf

 

Voir aussi l'étude de la Banque de France de mai 2006 "La détention du capital des sociétés françaises du CAC 40 par les non-résidents à fin 2005", disponible à l’adresse Internet http://www.banque-france.fr/fr/publications/telechar/bulletin/etu149_3.pdf

 

[3]   Journal officiel du 31 mars 2001, texte téléchargé le 30/07/2005 de la page http://www2.equipement.gouv.fr/bulletinofficiel/fiches/BO20016/A0060001.htm

"Ordonnance no 2001-273 du 28 mars 2001 transposant certaines dispositions de la directive 1999/62/CE du Parlement et du Conseil du 17 juin 1999 relative à la taxation des poids lourds pour l’utilisation de certaines infrastructures et réformant le régime d’exploitation de certaines sociétés concessionnaires d’autoroutes"

 

Extrait de l'Article 2 :

Dispositions relatives à la prorogation des conventions de concession conclues entre l’Etat et certaines sociétés d’économie mixte concessionnaires d’autoroutes et supprimant la garantie accordée par l’Etat à l’expiration de ces contrats

1) La convention de concession passée entre l’Etat et la Société des autoroutes Rhône-Alpes et approuvée par le décret du 9 mai 1988 est prolongée jusqu’au 31 décembre 2032.

2) La convention de concession passée entre l’Etat et la Société des autoroutes du sud de la France et approuvée par le décret du 7 février 1992 est prolongée jusqu’au 31 décembre 2032.

3) La convention de concession passée entre l’Etat et la Société des autoroutes Estérel-Côte d’Azur-Provence-Alpes et approuvée par le décret du 29 novembre 1982 est prolongée jusqu’au 31 décembre 2026.

4) La convention de concession passée entre l’Etat et la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France et approuvée par le décret du 29 octobre 1990 est prolongée jusqu’au 31 décembre 2028.

5) La convention de concession passée entre l’Etat et la Société des autoroutes Paris-Normandie et approuvée par le décret du 3 mai 1995 est prolongée jusqu’au 31 décembre 2028.

6) La convention de concession passée entre l’Etat et la Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône et approuvée par le décret du 19 août 1986 est prolongée jusqu’au 31 décembre 2032.

 

[4]   CIADT (Comité interministériel de l'aménagement et du développement du territoire) du 18/12/2003 - Dossier de presse, texte téléchargé le 30/07/2005 de

http://www.datar.gouv.fr/datar_site/datar_CIADT.nsf/5d6f4fe925592aeec1256591003f98f8/c541530f236d3a7fc1256e00003261c4/$FILE/CIADT%20181203%20DossierPresse.pdf

 

Extrait de la page 16 :

Le financement de la politique des transports

Pour conduire cette politique ambitieuse d’équipement du territoire, le CIADT décide de créer une agence pour le financement des infrastructures de transport, sous la forme d’un établissement public. Cet établissement public apportera la part de l’Etat dans le financement des grands projets d’infrastructures de transport : lignes ferroviaires, autoroutes, voies navigables, investissements liés aux autoroutes de la mer. […] Cet établissement recevra notamment l’intégralité des dividendes des sociétés autoroutières et des dotations budgétaires. Il aura également une capacité d’emprunt encadré.

 

La nouvelle agence mobilisera ainsi pour la période 2004-2012 un niveau de ressources qui pourra atteindre 7,5 Mds€, permettant d’engager plus de 20Mds€ de travaux.

 

 

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