Investir lors d'une privatisation ?

Mise à jour : 31/10/2005

 

Entre janvier 2001 et octobre 2005, le cours des actions THOMSON (ex TMM) a été divisé par 3 et celui des actions France Télécom par 6. Les petits épargnants qui ont fait confiance à l'Etat lors de ces privatisations ont perdu la plus grande partie de leur capital, ainsi que leurs espoirs de jamais le récupérer pour leur retraite.

 

En octobre 2005, quelques semaines à peine après la privatisation de Gaz de France, cette société a demandé une hausse de 12 % de son tarif. Important la totalité du gaz naturel qu'elle revend, elle est obligée de suivre le cours européen de ce produit, lié à celui du pétrole. Mais l'Etat, maître des prix que l'entreprise pratique sur le marché des particuliers où elle jouit d'un monopole, l'a forcée à « faire un geste commercial » en baissant d'autres prix pour compenser en partie cette hausse.

        Les politiciens qui nous gouvernent se sont même arrangés pour que les petits consommateurs de gaz soient moins pénalisés que les gros dans l'opération, au nom du principe sacré du transfert de la manne publique des riches vers les pauvres à chaque occasion. Avec ce « geste commercial » ils ont ignoré totalement l'intérêt des actionnaires, à qui ils laissaient miroiter des bénéfices intéressants quelques semaines avant, lors de la privatisation de l'entreprise.

 

De nos jours, les petits épargnants actionnaires d'une entreprise dominée par l'Etat français sont systématiquement sacrifiés par celui-ci au profit du public, c'est-à-dire de l'intérêt électoral des politiciens au pouvoir. Eux qui ont besoin que leur épargne rapporte quelque chose pour en vivre sont systématiquement dépossédés des fruits de cette épargne, quand ce n'est pas de sa valeur elle-même comme dans le cas de THOMSON et de France Télécom.

 

Je ne comprends donc pas les particuliers qui investissent dans EDF ou toute autre entreprise dont l'Etat reste maître : la politique de l'Etat leur étant systématiquement défavorable, ils ne risquent guère de profiter de leur épargne. Leur bénéfice ne pouvant être obtenu qu'au détriment des consommateurs, l'Etat le sacrifie sans regret chaque fois que c'est possible. Il profite de sa qualité d'actionnaire majoritaire ou du cahier des charges de service public pour réduire au maximum le bénéfice distribuable. Et au besoin il fait des lois ad hoc pour imposer à l'entreprise des taxes qui bouchent les trous du budget national, ou des prises de participation non rentables qui renflouent des entreprises publiques en perdition.

        Comment imaginer un politicien français au pouvoir capable de répondre à l'accusation des syndicats et de la gauche de « favoriser les riches » s'il laisse les actionnaires gagner de l'argent sur le dos de la « France du bas » ? Quand a-t-on vu un politicien français lutter contre la diabolisation du profit par les fonctionnaires, les syndicats et la gauche en général ?

 

L'Etat a gaspillé des milliards en se mêlant des affaires de Bull (Plan Calcul, CII, etc.), de celles du Crédit Lyonnais et de bien d'autres. C'était l'argent des contribuables, pas celui des fonctionnaires responsables. Qu'est-ce qui autorise un petit épargnant à croire qu'il en ira autrement désormais ? En quoi les politiciens et les fonctionnaires ont-ils changé ? Je ne suis pas près d'investir dans une entreprise dominée par l'Etat !

 

Daniel MARTIN

 

 

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