« Quand le licenciement n'est plus vécu comme un drame »

Mise à jour le 21/02/2005

Le Figaro du 09/02/2005 a publié cet intéressant article sur la manière dont le Danemark a résolu le problème du chômage. En voici l'essentiel et quelques commentaires.

 

§           Dans ce pays, le licenciement n'est pas vécu comme un drame et les employés se sentent en sécurité plus que partout ailleurs.

§           La politique danoise en matière d'emploi a trois dimensions :

·            Une liberté de licencier quasi-totale, en général sans indemnité et un préavis généralement limité à quelques jours ;

·            Une protection sociale généreuse ;

·            Des services de réinsertion très actifs.

Le succès de cette politique a été spectaculaire : le pourcentage de sans-emploi est tombé de 12.3% en 1993 à 5.5% en 2003 et 6.2% en décembre 2004 (contre 9.9% en France à la même époque), et le taux de chômage des jeunes (10.4%) est la moitié du taux français.

§           Aucune loi n'impose de salaire minimum, aucune ne régit le temps de travail ou le droit de grève, l'essentiel de la réglementation provenant de conventions collectives.

§           Le taux de syndicalisation au Danemark est de 80%, l'un des plus élevés d'Europe. La situation est l'exact opposé de la France, qui a moins de 9% de syndiqués (dont une grande majorité de fonctionnaires, qui ne constituent pourtant que 20% des travailleurs, salariés ou non) et une dispersion en nombreux petits syndicats. En France, les syndicats pratiquent l'opposition systématique, sauf peut-être la CFDT qui signe un accord de temps en temps.

Le président de l'Organisation centrale des employés danois de l'industrie, Thorkild E. Jensen a déclaré : « Notre priorité c'est que nos adhérents aient un emploi. Si nous augmentons nos exigences de façon inconsidérée, les entreprises ne pourront plus faire face à la concurrence mondiale, et le Danemark perdra des emplois. » Quelle différence avec les syndicats français, champions du monde des grèves à répétition, qui ont banni de leur vocabulaire les mots « concurrence » et « productivité » !

§           Voici, d'après les statistiques du BIT (Bureau International du Travail) une comparaison du Danemark et de la France en 2003 ;

 

 

Danemark

France

Population totale

5.4 millions

59.9 millions

Population active (1)

2.86 millions

26.46 millions

Taux d'emploi (2) des hommes de 15 à 64 ans

79.6%

69.4%

Taux d'emploi (2) des femmes de 15 à 64 ans

70.5%

57.2%

Chômage

5.5%

9.7%

Proportion d'emplois détruits et recréés chaque année

10.5%

8.7%

Comparaison de l'emploi au Danemark et en France en 2003

Notes :

(1)   La population active comprend les personnes de 15 à 64 ans qui ont un emploi ou en cherchent un ;

(2)   Le taux d'emploi est la proportion de la population active qui a travaillé ne serait-ce qu'un peu au cours de l'année considérée.

Conclusions sur ces chiffres :

·            Les taux d'emploi sont beaucoup plus élevés au Danemark qu'en France : les Danois travaillent, les Français sont en vacances ;

·            Comme l'explique le tome 1 du « Cours d'économie pour citoyens qui votent », c'est le travail qui crée l'emploi (donc fait baisser le chômage) ; la RTT ne fait que gaspiller de l'argent. La comparaison ci-dessus en est un exemple de plus ;

·            La proportion d'emplois détruits et recréés est plus élevée au Danemark qu'en France : l'ajustement de l'économie danoise aux évolutions technologiques et aux évolutions du marché est plus rapide que celle de l'économie française.

 

§           La mobilité considérable des salariés danois permet un ajustement continu de l'offre de travail à la demande : chaque année, près du tiers des salariés danois changent d'emploi, 300 000 emplois disparaissent et autant se créent.

§           Les chômeurs danois sont très encadrés dans leurs recherches d'emploi et fortement indemnisés (90% du revenu précédent, plafonné à 1142€ par mois net d'impôts). Un système d'assurance chômage privé permet d'obtenir une allocation complémentaire.

S'ils ne veulent pas perdre leurs allocations, les chômeurs doivent chercher un emploi de manière très active. Du coup, les ¾ retrouvent un emploi en moins d'un an.

§           En 2000, le Danemark a consacré 0.86% de son PIB à la formation continue des salariés, 2 fois plus que la France. A ce propos, Thorkild E. Jensen dit :

"Nous répétons à nos adhérents de profiter de toutes les offres de formation continue. Car avec la mondialisation, nous devons augmenter notre productivité. Notre sécurité viendra de notre remise en question permanente."

Conclusion

Pourquoi en France ne prend-on pas exemple sur les Danois ? Ou sur les Anglais, dont le taux de chômage est encore plus bas, inférieur à 5%?

 

 

Daniel MARTIN

 

 

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