La Chine a aussi d'immenses problèmes

Mise à jour : 21/02/2005

 

 

Source : article "Of Rice and Men", publié dans Newsweek du 20/12/2004.

 

Ce remarquable article explique pourquoi la Chine va se tourner vers les cultures de soja, blé, maïs et riz OGM, en développant l'exemple du riz.

 

En résumé, les raisons invoquées pour le riz OGM sont :

§           Nécessité absolue d'augmenter la production de riz (voir ci-dessous) ;

§           Accroissement des rendements allant jusqu'à 15% pour l'une des variétés testées (voir ci-dessous) ;

§           Bénéfice escompté pour l'agriculture en 2010 : 5 milliards de dollars par an ;

§           Diminution de l'emploi de pesticides permettant de sauver la vie de centaines de fermiers qui meurent chaque année des maladies qu'ils causent ;

§           Disponibilité de variétés de riz plus résistantes à la sécheresse ;

§           Diminution de l'emploi d'engrais qui polluent les eaux ;

§           Possibilité de produire des riz enrichis en vitamine A, ce qui permettrait de combattre la carence en cette vitamine qui rend aveugles environ 20.000 enfants chaque année en Asie.

Discussion

L'article, qui fait aussi le point sur les objections aux cultures OGM invoquées par les écologistes, a le mérite de mettre en lumière l'immense problème de nourriture de base qui se précise en Asie.

§           La croissance de la population (l'Inde et la Chine totaliseront 3 milliards d'habitants en 2045) et son urbanisation progressive font s'étendre les villes et les routes au détriment des surfaces cultivées.

§           En même temps, la croissance des activités industrielles - indispensables pour donner du travail à la population - consomme de l'eau au détriment de l'agriculture ; l'eau est une ressource rare, et l'industrie l'accapare de plus en plus parce que sa valeur ajoutée par mètre cube d'eau est très supérieure à celle de l'agriculture.

§           Les activités de services, qui produisent encore plus de valeur ajoutée, se développent très vite. En Inde, elles représentent déjà 52% du PIB. Ces activités se développent en même temps que les villes, qui consomment aussi beaucoup d'eau.

§           Des phénomènes d'épuisement ou d'appauvrissement des sols réduisent les rendements. Compte tenu de la réduction des surfaces cultivées, la production de riz diminue rapidement, alors que la population augmente et que son niveau de vie croissant l'encourage à consommer davantage.

 

Le graphique ci-dessous, extrait de l'article et provenant du Programme des Nations unies pour l'alimentation, montre la baisse des surfaces cultivées, celle des rendements et celle de la production (produit surface x rendement), en même temps que la croissance de la population chinoise.

 

 

 

 

Ces chiffres montrent que la Chine n'a pas le choix : elle doit se développer extrêmement vite, pour pouvoir nourrir sa population et lui donner du travail. Chaque année, des millions de paysans chinois quittent les villages agricoles pour la ville ; il faut les loger et leur donner du travail, c'est pourquoi la Chine construit autant d'immeubles et d'usines.

 

La Chine ne pourra pas nourrir seule sa population et devra donc importer de plus en plus de nourriture, qu'il faudra payer avec des exportations de produits industriels. Elle devra aussi payer le pétrole, dont elle doit importer la totalité et qu'elle consomme de plus en plus.

 

La Chine ayant signé les accords de libre-échange de l'OMC, ses frontières s'ouvrent de plus en plus. La France et l'Union européenne pourront donc y exporter de plus en plus d'articles, de nourriture et de services. A long terme, la scolarisation en Chine et aux Indes étant pratiquement aussi totale qu'en France, ces pays deviendront progressivement des concurrents pour des produits et services de haute technologie.

 

Daniel MARTIN

 

 

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