Cours d'économie
pour citoyens qui votent

 

 

Ne vous en laissez pas conter !

 

 

 

Tome 2 : Mondialisation et délocalisations

 

 

 

Mise à jour : 15/06/2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Daniel MARTIN

 


Avertissement au lecteur

 

Le texte de cette deuxième partie du « Cours d'économie pour citoyens qui votent » fait souvent référence à celui du premier tome, « PIB et emploi » au moyen de liens hypertexte sur lesquels il suffit de cliquer.

Il est donc préférable, mais non indispensable, d'avoir lu le premier tome avant celui-ci.

 

 

 

Table des matières

 

1.    Mondialisation. 6

1.1  Définitions. 6

1.1.1      Définition restreinte, la plus utilisée. 6

1.1.2      Définition la plus générale. 6

1.1.3      Conséquences fondamentales pour les entreprises. 7

1.1.3.1           Une concurrence toujours plus forte. 7

1.1.3.2           Les Français n'aiment pas la concurrence. 8

1.1.3.3           Evolution naturelle vers une dimension mondiale. 8

1.1.4      Spécialisation et croissance des importations. 9

1.1.5      Croissance des investissements étrangers. 9

1.1.6      Mondialisation et Technologies de l'Information et des Communications. 10

1.2  Pourquoi la mondialisation profite aux entreprises. 12

1.3  Conséquences bénéfiques de la mondialisation.. 13

1.3.1      Conclusion sur le commerce international 16

1.4  Ouverture des services dans l'Union européenne : directive Bolkestein.. 17

1.5  Inconvénients de la mondialisation.. 17

1.6  Importance de la vitesse d'ouverture à la concurrence. 19

1.7  Ceux qui gagnent et ceux qui perdent 20

1.7.1      Un exemple italien.. 20

1.7.2      Un exemple français : Kindy. 21

1.7.3      D'autres exemples. 21

1.8  Le combat sans espoir des antimondialistes. 21

1.9  Le commerce international tire la croissance du PIB mondial 23

1.9.1      Comparaison de la croissance du PIB de pays ouverts et de pays fermés. 25

1.9.2      Mondialisation et croissance. 26

1.10       Le chômage baisse dans certains pays et pas d'autres. 29

1.10.1    Le chômage dans le monde. 30

1.10.2    Situation de l'emploi en 2004 : comparaison de la France avec le monde. 30

1.11       Mondialisation et pauvreté. 33

1.11.1    Pays en voie de développement : croissance du PIB, recul de la pauvreté. 33

1.11.1.1         Décroissance de la pauvreté et de l'extrême pauvreté. 34

1.11.1.2         Régions où la pauvreté a augmenté ou diminue à peine. 35

1.11.1.3         Asie du sud et de l'est 35

1.11.1.4         Afrique sub-saharienne. 37

1.11.1.5         Pourquoi ce désastre économique et humanitaire ?. 37

1.11.1.6         Une note d'espoir 38

1.11.2    Comparaison de croissance des pays pauvres avec les pays riches. 39

1.11.3    Réduction des inégalités. 40

1.11.4    Conclusions. 40

1.11.5    Exemples de progrès de la santé et de la production agricole. 41

1.11.6    Que faire pour les pays pauvres ?.. 41

1.11.6.1         Causes de la pauvreté et de l'extrême pauvreté. 41

1.11.6.2         Ce qu'on peut faire. 42

1.11.7    Les pays pauvres reçoivent beaucoup d'argent 43

1.11.8    Effet de l'aide aux pays pauvres sur leur croissance. 44

1.11.9    Les transferts de fonds des travailleurs immigrés. 45

1.12       Mondialisation ou agilité ?.. 45

1.13       La mondialisation génère des inégalités considérables. 46

1.13.1    Inégalités entre pays. 46

1.13.2    Inégalités à l'intérieur d'un même pays. 47

1.14       Mondialisation et exception culturelle. 48

1.15       Les reproches faits à la mondialisation.. 48

1.16       La pénurie et le coût des matières premières. 51

1.16.1    Impact de la flambée des prix du pétrole. 51

1.17       Mondialisation et interdépendance des économies. 53

1.17.1    Les exemples liés au pétrole. 53

1.17.2    Autres exemples : assurances, couverture des dettes nationales. 55

1.17.3    La mondialisation impose la solidarité internationale. 56

1.18       Responsabilité des médias dans l'impact de la mondialisation.. 56

1.19       Raisons psychologiques de l'antimondialisme. 57

1.20       La crainte de la mondialisation ? Un problème d'information ! 59

1.20.1    Le manque de culture économique des jeunes. 59

1.20.2    Les Français ont plus peur de l'avenir que leurs voisins. 59

1.20.3    La désinformation des adultes en matière d'économie. 60

1.20.4    La hausse des prix. 61

1.20.5    La crainte du chômage. 62

1.20.5.1         Création d'emplois par l'Etat 62

1.20.5.2         Mondialisation et chômage. 62

1.20.5.3         « Employabilité », durée d'indemnisation et formation continue. 63

1.21       L'absurdité de l'emploi à vie. 65

1.22       Des raisons d'espérer… pour ceux qui s'informent 66

2.    Délocalisations. 68

2.1  Le sens des mots. 68

2.1.1      Délocalisation.. 68

2.1.2      Outsourcing.. 68

2.1.3      Coopération.. 69

2.1.3.1           La coopération par télétravail remplacera de plus en plus l'expatriation.. 69

2.1.3.2           Il n'existe pas de protection douanière, fiscale ou réglementaire contre la délocalisation par télétravail 70

2.1.3.3           Les "cols blancs" et la délocalisation.. 70

2.1.4      Importations. 72

2.1.4.1           Equilibre du commerce extérieur 72

2.2  Activités qui échappent à la délocalisation.. 74

2.3  Le contexte économique qui freine la délocalisation.. 75

2.3.1      Immigration, délocalisations ou élargissement de l'Union européenne ?.. 76

2.3.2      Innovation et esprit d'entreprise, la force des pays riches. 77

2.4  Effet des délocalisations et de l'outsourcing.. 78

2.4.1      1er cas : emplois qui n'auraient pu exister en France. 78

2.4.2      2ème cas : activités qui ne sont plus viables en France. 79

2.4.2.1           Exemple : sous-traitance de la fabrication de chaussures Nike. 80

2.4.2.2           Quelles activités ne sont plus viables en France ?. 81

2.4.2.3           Les emplois correspondant à ces activités sont forcément condamnés. 81

2.4.3      3ème cas : activités devenues plus coûteuses en France qu'à l'étranger. 81

2.4.3.1           Cas général : le coût à l'étranger est beaucoup plus bas. 81

2.4.3.2           Cas particulier : l'activité est presque rentable en France. 82

2.4.4      Délocalisation et outsourcing lors d'une croissance. 82

2.4.5      La délocalisation menace l'industrie et aussi les services. 83

2.4.6      Les bas salaires ne suffisent pas pour inciter à la délocalisation.. 83

2.5  Exemple d'effet d'une délocalisation : les anoraks. 83

2.5.1      Enoncé du problème : comment protéger l'emploi ?.. 83

2.5.2      Hypothèses. 84

2.5.3      1ère stratégie : l'Union européenne se protège (droits de douane ou quotas) 84

2.5.4      2ème stratégie : l'Union européenne ne se protège pas. 85

2.5.5      Conclusion sur les transferts d'emplois à l'étranger. 86

2.6  Effet des importations à bas prix des produits chinois. 87

2.7  Discussion.. 87

2.7.1      Récession.. 87

2.7.2      L'immobilisme des travailleurs. 88

2.7.3      Une logique bien française : le beurre et l'argent du beurre. 88

2.8  Statistiques sur les délocalisations. 88

2.8.1      Les délocalisations constituent un phénomène insignifiant 89

2.8.1.1           Nombre d'emplois supprimés par délocalisation dans l'Europe des 25. 90

2.8.1.2           Nombre de permis de travail émanant de ressortissants européens. 92

2.8.1.3           La première cause de perte ou de non-création d'emplois est la productivité  93

2.8.2      Modestie des importations en provenance des pays émergents. 93

2.8.3      Avantages pour les industriels français qui s'internationalisent 93

2.8.4      Les investissements directs étrangers (IDE) créent des emplois en France  94

2.8.5      Les investissements français à l'étranger créent de l'activité en France. 97

2.8.6      Evolution des investissements directs français à l'étranger. 97

2.8.7      Conclusions sur les délocalisations. 98

2.9  Les vrais risques pour nos emplois : la concurrence des pays avancés. 99

2.9.1      Comparaison des coûts salariaux. 99

2.9.2      La terrible concurrence des pays avancés plus libéraux. 101

2.9.3      Pourquoi ces pays plus libéraux sont-ils plus dynamiques ?.. 102

2.9.4      La vigueur du commerce France - Etats-Unis. 103

2.10       Délocalisation des emplois très qualifiés. 104

2.11       Les risques pour les pays pauvres. 106

2.11.1    L'exemple du Bangladesh.. 106

2.11.2    Autres exemples : l'île Maurice, le Cambodge, le Honduras, le Mexique. 106

2.11.3    La montée en puissance de la Chine. 107

2.11.4    Conclusions pour les pays pauvres. 109

2.12       Impact de la concurrence des pays pauvres sur la France. 109

3.    Compétitivité. 111

3.1  Définition de la compétitivité. 111

3.1.1      Compétitivité ou attractivité ?.. 111

3.1.2      Domaines où intervient la notion de compétitivité. 111

3.1.3      Différences de compétitivité entre pays et entre entreprises. 112

3.2  Principe de l'avantage comparatif 112

3.2.1      Conséquences d'une moindre productivité. 113

3.3  Critères de compétitivité. 113

3.3.1      Inconvénients du PIB par habitant en tant que mesure du niveau de vie. 113

3.3.2      Autres indicateurs de compétitivité. 114

3.4  Compétitivité-prix et compétitivité-coûts. 115

3.4.1      Compétitivité-prix et parts de marché. 116

3.4.2      Comparaisons de productivité. 119

3.4.3      Productivité structurelle et productivité observée. 120

3.4.4      Politiques structurelles, productivité et emploi 121

3.4.4.1           Politiques structurelles et productivité. 122

3.4.4.2           Politiques structurelles et emploi 123

3.4.5      L'incomparable contribution des TIC à la croissance. 123

3.5  Compétitivité par la qualité et l'innovation.. 124

3.5.1      Innovation commerciale, organisationnelle, financière et délai 124

3.5.1.1           Innovation commerciale. 124

3.5.1.2           Innovation organisationnelle. 125

3.5.1.3           Innovation financière. 125

3.5.1.4           Délai de mise sur le marché. 126

3.6  L'attractivité géographique. 127

3.6.1      Taille du marché, transports et densité de population.. 127

3.7  L'attractivité fiscale. 128

3.8  Compétitivité de la France et dépenses publiques. 132

3.8.1      Transferts sociaux. 133

3.8.2      Effectifs de la fonction publique. 134

3.8.2.1           Effectifs de l'Etat en 2006. 136

3.8.2.2           Evolution de l'emploi public jusqu'à 7 millions de fonctionnaires. 137

3.9  Comparaison France - Allemagne : le décrochage. 141

3.10       Compétitivité de l'agriculture française. 143

3.11       Comparaison des investissements directs étrangers (IDE) en France, Royaume-Uni et Irlande  143

3.12       Conclusions sur le commerce extérieur de la France. 144

3.13       Le retard croissant de l'Europe sur les Etats-Unis. 146

4.    Sources et compléments. 148

 

 

1.                    Mondialisation

1.1                 Définitions

1.1.1             Définition restreinte, la plus utilisée

On appelle mondialisation le développement à l'échelle mondiale des entreprises multinationales, la facilitation et l'accélération du commerce, des transferts de fonds et des communications informatisées.

1.1.2             Définition la plus générale

La mondialisation (en américain « globalization ») est une transformation de notre monde par l'ouverture des frontières et le progrès des communications.

 

Ouverture des frontières

De plus en plus, les interdictions et les limitations qui gênent le franchissement des frontières disparaissent. La mondialisation rend très faciles les déplacements de marchandises, de personnes et de capitaux à travers les frontières des Etats. Les quotas limitant les volumes de marchandises échangés, les interdictions qui retardent ou empêchent les mouvements des personnes, et les barrières limitant ou empêchant les transferts d'argent sautent.

 

C'est ainsi que, d'après [240] page 10, ces dix dernières années :

§           Les investissements directs [241] dans le monde ont été multipliés par plus de 6 (en valeur courante) ;

§           Les exportations de biens et services ont été multipliées par 3.5 ;

§           Les ventes à l’étranger des filiales représentent désormais 2 fois le commerce mondial de biens et services et leur production à l’étranger la moitié du commerce mondial.

§           L’Europe, particulièrement la France, a pleinement participé à ce mouvement. Les investissements directs français à l’étranger ont été multipliés par plus de 8, les investissements étrangers en France par plus de 6. Plus précisément, les filiales de firmes étrangères en France contribuent pour plus de 30 % à la production manufacturière.

La mondialisation est en marche !

 

Cette ouverture des frontières permet une accélération et une croissance du commerce de marchandises, ainsi que celles des offres de services transfrontières dans des domaines comme l'assurance ou le support téléphonique. Les gens qui voyagent et les entreprises qui s'installent dans un autre pays apportent avec eux leurs connaissances : la mondialisation favorise les transferts de technologie et de savoir-faire.

 

(Il faut bien se rendre compte que la mondialisation exige une ouverture d'esprit contraire à la nature profonde des politiciens. Plus que les autres hommes, ils ont une méfiance instinctive de « l'autre » - surtout si c'est un étranger, et une tendance à protéger leur pré carré. Le plus bel exemple en est l'ensemble des institutions de l'Union européenne confédérale, conçues pour respecter le maximum de « chacun chez soi », et où les divers gouvernements protègent jalousement nombre de prérogatives, notamment leur droit de veto aux décisions de l'Union. Et pourtant, cette même Union européenne est un exemple du fait que peu à peu, des hommes de bonne volonté peuvent surmonter leurs méfiances et leurs rancœurs.)

 

Progrès des communications

§           Les voyages et les transports deviennent de plus en plus faciles et rapides.

§           Les communications électroniques deviennent de plus en plus faciles, rapides et bon marché, qu'il s'agisse de téléphone, fax, messages, échange de fichiers ou de données informatiques, d'images fixes ou animées. Des millions d'ordinateurs sont interconnectés par le réseau Internet pour fournir à la fois des services (comme la prise de commandes) et des données (comme des textes de loi).

 

Le progrès des communications entraîne une diffusion des connaissances et des idées, ainsi que le recul de la censure et des tyrannies, qui ne résistent pas à des communications libres entre citoyens.

 

De même que Lénine disait : « Le communisme, c'est les soviets plus l'électricité », on peut dire :

 

La mondialisation, c'est l'ouverture plus les communications

 

1.1.3             Conséquences fondamentales pour les entreprises

1.1.3.1                        Une concurrence toujours plus forte

§           L'ouverture des frontières permet à un nombre toujours croissant de produits étrangers d'arriver dans un pays donné sans barrière douanière ou réglementaire.

§           Les transports toujours plus faciles, plus rapides et moins chers facilitent encore plus l'importation et l'exportation.

§           Les transferts de fonds extrêmement rapides et simples permettent l'investissement à l'étranger, donc l'arrivée de produits étrangers dans un pays donné.

§           Les communications toujours plus faciles et rapides, notamment par Internet, permettent à un fournisseur de faire connaître ses produits partout et à un client de trouver davantage de fournisseurs.

 

Le résultat de toutes ces améliorations est une concurrence toujours plus vive dans un marché donné, ce qui profite aux consommateurs mais exige des fournisseurs d'être toujours plus performants : produits plus récents, moins chers, de meilleure qualité, etc.

1.1.3.2                        Les Français n'aiment pas la concurrence

Il faut noter ici une spécificité française : quand on les interroge, les Français n'aiment pas la concurrence, qu'ils qualifient de « sauvage » et qu'ils accusent de détruire des emplois, et d'obliger à se battre pour s'imposer sur le marché du travail comme sur le marché des produits et services. Ils aiment bien acheter moins cher et se jettent sur les produits importés d'Asie, mais ils voudraient en même temps que ces produits soient fabriqués par des Français en France, ce qui est absurde. Tous les autres peuples de l'Union européenne, les Américains, les asiatiques, etc. ont compris l'intérêt de la concurrence, pas les Français.

 

Il y a un problème de communication : quand 64 millions de consommateurs français profitent de prix plus bas, les media n'en parlent pas et personne ne s'en plaint. Quand les T-shirts chinois vendus en France permettent aux Chinois de nous acheter des Airbus, tout le monde trouve cela normal. Mais quand une entreprise de 200 salariés délocalise en Asie, les journaux, les politiciens, les syndicalistes et toute la gauche française crient au scandale, alors que par rapport à la population active française de 27 millions de travailleurs et la population de consommateurs de 64 millions, les délocalisations et pertes d'emplois sont parfaitement insignifiantes.

 

Il est donc temps que le gouvernement rassure les Français sur les délocalisations au lieu de les inquiéter, et que vu le très faible nombre d'emplois perdus par ce phénomène, il mette en place une assurance anti-délocalisations, qui indemniserait les salariés victimes comme les autres chômeurs et les aiderait à retrouver un emploi.

1.1.3.3                        Evolution naturelle vers une dimension mondiale

Les entreprises tendent à acquérir une dimension mondiale, à devenir multinationales. Dans une telle entreprise, un même article peut contenir des sous-ensembles fabriqués dans plusieurs pays, un même service au client final peut faire participer des employés situés dans des pays différents.

 

En plus de cette participation de plusieurs filiales d'une même entreprise à la fabrication d'un article donné ou à la fourniture d'un service donné, la mondialisation facilite les sous-traitances. De plus en plus, donc, une entreprise multinationale doit se demander pour chaque gamme de produits :

§           dans quel pays elle doit les concevoir ;

§           où fabriquer tel ou tel sous-ensemble ;

§           où effectuer l'assemblage final ;

§           où implanter le centre de support téléphonique ;

§           dans quel pays situer la société qui verra apparaître les bénéfices parce qu'ils y sont moins taxés, etc.

 

Pour beaucoup de produits très connus dont les composants proviennent d'un peu partout, comme les iPods d'Apple et les PC de DELL, on devrait trouver dessus des étiquettes :

 

« Made in World »

 

1.1.4             Spécialisation et croissance des importations

La possibilité et les avantages de la production d'un bien ou d'un service dans le pays où elle coûte le moins font que les sous-traitances et achats à l'étranger explosent. Il s'ensuit une forte croissance des importations par rapport au PIB, croissance qui s'ajoute à celle du PIB, comme on le voit sur ce graphique issu de [304] :

 

 

Les marchés sont de plus en plus ouverts et la production de plus en plus répartie
(source REXECODE)

 

1.1.5             Croissance des investissements étrangers

La circulation de l'argent et la possibilité d'investir à l'étranger font qu'une partie importante du capital de l'ensemble des entreprises de la bourse d'un pays appartient à des personnes ou des entreprises étrangères à ce pays : selon la Banque de France, en 2002, 42.4 % des actions de la bourse de Paris appartenaient à des étrangers. Le graphique ci-dessus, basé sur des données de la Réserve Fédérale, montre le poids croissant des étrangers à la bourse de New York, où ils ont acheté pour 81 milliards de dollars nets de titres (surplus des achats sur les ventes) pendant le seul mois de novembre 2004, contre 48.3 milliards en octobre.

 

 

Pourcentage de titres détenus par des non américains à Wall Street en 1982 et 2004

 

1.1.6             Mondialisation et Technologies de l'Information et des Communications

Pour profiter de la mondialisation, une entreprise, une association, une banque ou un état doivent absolument adopter les Technologies de l'Information et des Communications (TIC), c'est-à-dire :

§           S'équiper d'ordinateurs personnels et de serveurs ;

§           Les relier en réseau entre eux et avec le reste de l'Internet ;

§           Réorganiser les procédures de travail autour de ces TIC afin de les automatiser, de les accélérer, de les fiabiliser et de les intégrer avec celles des autres filiales ou partenaires.

 

L'économie de l'information

Voici un paragraphe de [298] page 100 qui explique que, dans notre contexte de mondialisation, la majeure partie du coût d'un article fabriqué hors matières premières, composants achetés et énergie est du coût de traitement d'informations.

 

"De plus en plus fréquemment, le contenu informationnel dans un produit dépasse, en valeur, son contenu en énergie, en matières premières et en heures de travail manufacturier. Nous entendons par coûts informationnels :

§           études préliminaires du marché, marketing, détermination des besoins du client, analyse de la concurrence, intelligence économique ;

§           coûts de conception : R&D, bureau d'étude, mise au point, élaboration des programmes de CFAO qui piloteront les machines de production (MOCN), suivi dans la pharmacie des tests sur des milliers de patients… ;

§           protection juridique, veille technologique ;

§           coûts de fabrication de la partie immatérielle : élaboration des modes d'emploi, de la documentation technique, écriture des logiciels nécessaires pour le produit,....;

§           coûts du suivi qualité ;

§           coûts de transmission de l'information (télécommunications) ;

§           coûts de traitement de l'information (informatique) :

§           coûts immatériels aux niveaux de l'atelier de production, du bureau des méthodes, de l'organisation des processus de production, des cercles de qualité, de la programmation des machines-outils à commande numérique, des choix techniques réalisés par les opérateurs (définition des paramètres d'usinage, choix des matériaux …) ;

§           recherche de sous-traitants ou de partenaires ;

§           coûts de gestion : procédures administratives relatives au paiement des taxes, aux demandes d'autorisations ou aux questionnaires statistiques, comptabilité, facturation,… ;

§           communication, relations publiques

§           coûts de commercialisation : publicité, conseil au client, catalogue, formation des clients, négociation du prix et des clauses du contrat, recherche de nouveaux distributeurs, de nouveaux clients, de nouveaux marchés ;

§           coûts de gestion du personnel : recrutement, paye, formation des agents ;

§           coûts liés à la logistique : gestion et organisation du transport et du stockage,... ;

§           coûts des services financiers : négociation, optimisations, gestion de trésorerie ;

§           coûts des achats, recherche de fournisseurs, du lancement des appels d'offre, gestion des approvisionnements ;

§           coût de la conduite de projets ou de chantiers ;

§           coûts du service après vente : maintenance, mise à jour, contentieux,....;

§           coût des informations que l'on achète : brevets, licences, accès à des banques de données,.....;

§           etc.

De plus la compétitivité d'une entreprise, liée à la pertinence de ses décisions, dépend largement de la qualité des informations dont elle dispose et de sa capacité à les capitaliser et à les traiter."

 

Au niveau d'un pays entier, la majeure partie de l'activité est désormais du traitement d'informations : on parle d'économie de l'information.

 

La conséquence pratique de cette prépondérance du coût de traitement de l'information sur la main d'œuvre est, pour beaucoup de fabrications, le peu d'intérêt des délocalisations qui n'économisent que la main d'œuvre : à quoi sert-il de se compliquer la vie à fabriquer et transporter à des milliers de km pour économiser 80 % de 15 %?

1.2                 Pourquoi la mondialisation profite aux entreprises

§           En vendant dans plusieurs pays, elles profitent de marchés plus étendus.

§           En fabricant en plus grandes quantités, elles profitent d'économies d'échelle.

§           La taille de l'entreprise et celle de son marché lui permettent de disposer des fonds et des compétences nécessaires pour innover constamment.

En effet, le meilleur moyen pour une entreprise d'échapper à la concurrence est de faire en sorte qu'aucune autre ne soit capable d'offrir le même produit ou le même service. Elle peut y arriver lorsqu'elle vient d'inventer ce produit ou service.

C'est l'innovation permanente qui permet à des entreprises, dont la main d'œuvre est chère mais la compétence considérable, de créer des produits sans équivalent et de les imposer sur le marché. Cela demande des efforts coûteux de recherche et développement, sans compter parfois l'achat de nouveaux matériels, la construction de nouveaux locaux et la formation permanente des techniciens.

On constate alors qu'une partie croissante de l'activité de l'entreprise, celle liée au développement de nouveaux produits ou services, a une forte valeur ajoutée. Un fort taux de renouvellement de la gamme de produits est un atout important.

Au niveau d'un pays entier, on favorise l'innovation par une infrastructure d'enseignement et recherche, des pôles d'activité regroupant des entreprises de haute technologie qui sont complémentaires, des avantages financiers liés à l'innovation, etc. [286]

D'après [273] page 62, l'effet de la taille du pays pour favoriser les innovations s'ajoute à celui de sa ri