La République, les religions, l'espérance
Par Nicolas Sarkozy, éditions cerf (octobre 2000)
Présentation
Je tiens à présenter ce livre aux internautes car, depuis les "Mémoires de guerre" de Charles de Gaulle, je n'avais pas lu d'ouvrage politique aussi clair. D'habitude, les politiciens recourent à de savantes généralités et des phrases ambiguës, mais M. Sarkozy a une pensée claire et parle net, en citant des exemples, en donnant son avis personnel et en parlant souvent de ses convictions religieuses.
Comme son titre l'indique, l'ouvrage traite du problème des religions dans la République. L'auteur explique clairement que dans tout homme, fut-il athée, la culture et les valeurs qui guident son action sont indissolublement liées à une religion passée, celle qui a forgé cette culture dont il a hérité. Il montre le rôle irremplaçable de la religion dans la structuration de tous les individus, donc la place qu'elle occupe dans la bonne entente entre citoyens et le respect mutuel.
Il aborde en détail les problèmes de l'islam en France : la pratique de la religion, l'intégration, le voile, l'enseignement des religions, etc. Il plaide avec éloquence pour une laïcité active, qui aide la pratique des religions au lieu de les ignorer comme le fait une laïcité passive. Il dénonce le racisme et la xénophobie, l'extrémisme laïc autant que l'extrémisme religieux.
En même temps que son plaidoyer, on découvre dans ce livre l'homme Nicolas Sarkozy, avec son sens de l'Etat et du respect de la loi, sa soif d'espérance, son dynamisme, sa confiance dans l'Homme et son goût des contacts avec des personnes de toutes les confessions, de tous les milieux.
On découvre aussi des propositions concrètes pour une meilleure intégration des immigrés et moins de communautarisme.
Un livre à lire.
Citations extraites du livre
Page 18
"Incontestablement, l'Église catholique, quasi hégémonique jusque dans la première moitié du XXe siècle, a joué un rôle d'éducateur et même d'intégrateur dans la société française. Il en a d'ailleurs été de même dans les familles de religion or de tradition juive ou protestante dont les valeurs individuelles et sociales sont en réalité communes avec celles de l'Église catholique et qui ont apporté, en plus, leurs spécificités à la construction de l'identité nationale…"
Page 19
"…qu'est-ce qu'un homme qui croit si ce n'est un homme qui espère ?"
Page 20
"…la pratique religieuse est en chute libre dans notre pays. Même chez les musulmans, le taux de pratique régulière ne dépasse pas 15%."
Page 21
"Le fait religieux n'a pas seulement une dimension spirituelle. Il a aussi une dimension culturelle."
Page 29
"…la foi ne s'explique pas, ne se discute pas, elle se vit. Elle s'impose comme une évidence à celui qui répond à son appel. La foi est de l'ordre de la conviction."
Page 36
"L'extrémisme [religieux] commence avec la projection de son absolu sur l'autre, assortie de la volonté de le dominer, de l'asservir, de le priver de son libre arbitre."
Page 37
"Pour le ministre de l'Intérieur, la règle la plus sûre, c'est de s'assurer que les manifestations religieuses ne troublent pas l'ordre public."
Page 60
"…même les musulmans qui ne pratiquent pas ont reçu l'islam comme un héritage au moins culturel. Pour un musulman croyant, comme pour un musulman non croyant, l'islam est une partie de son identité. Il a été élevé avec lui, il a grandi avec cette référence."
"…au plus profond de moi, je suis convaincu qu'une identité humiliée ou niée est une identité qui se radicalise par réaction."
Pages 69-70
"Améliorer la réalité quotidienne des musulmans croyants de France, c'est les détourner de la tentation extrémiste ou, plus exactement, c'est priver les extrémistes de l'un de leurs principaux arguments."